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 Atraxaz

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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Atraxaz   Ven 29 Aoû - 19:08

Je n'ai aucun attachement au passé. Il serait donc dur de vous dire ou tout cela a commencé. Je pourrais commencer par mes plus lointains souvenirs, mes parents, par exemple. Mais je n'en verrai pas l'intérêt. Ce ne sont pas des choses qui m'ont marquées et définit. À simple titre informatif, je peux vous dire que mon nom fut Astro Xazilou et que je résidais à Hildrim, ou j'exerçais la profession d'alchimiste. Les fioles me fascinaient.

Je crois que ce qui me définissait le plus était, paradoxalement, mon insensibilité. En tant que Nébulix hivernal, la chose semblait naturelle, mais je savais qu'il n'en était pas ainsi. Même un être froid peut avoir des sentiments, qu'il tente de gérer ou de dissimuler. Pour moi, c'était le contraire, je m'efforçais de feindre un semblant d'humanité. Pour un Étranger comme moi, ce fut une vraie plaisanterie que de me mêler parmi tant d'autres hivernaux. Je savais que je devais faire une couverture pour assurer ma survie. De toute façon, je ne pouvais être moi-même. Il n'y avait pas de moi-même. Je ne craignais pas non plus la peur de la différence. Les différences étaient assez bien acceptées à Hildrim. Non, ce qui me poussait à feindre des émotions, c'est l'incompréhension des autres. Personnellement, je ne voyais aucune différence à ce que mon prochain ne vive ou ne meurt, cela ne me faisait ni chaud ni froid. Pour votre prochain, cela ne fait aucun sens. Cela les affecte. Ils se retrouvent donc désemparés face à quelqu'un comme moi, et ne savent pas quoi en faire. Souvent on préfère nous accorder le bénéfice du doute sur notre humanité, en nous affligeant d'une maladie mentale. Une explication à ce qu'on ne comprend pas. Ne prétend-t'ont pas chez les philosophes que le néant lui-même ne peut-être imaginé par l'esprit?

J'ai rempli le vide de ma vie par une passion pour l'alchimie, l'embouteillage pour être exact. Je collectionnais et j'immortalisais dans des prisons de verre, finement classées. Je concède que ma collection pouvait laisser une impression morbide, mais après tout certaines personnes collectionnent des insectes empalés ou des animaux empaillés. Moi, c'était les substances préservées sous vide ou dans le formol.

Mais même le monde et sa variété de substances, de spécimen, a finit par s'épuiser, aussi incroyable que cela puisse paraître, et je du faire face, à nouveau, au vide de ma vie. Incapable d'hair ou d'aimer, ne voyant pas d'intérêt à me mêler dans le jeu de société des hommes, j'ai recherché une excitation, une motivation, une bribe de quelque chose, quelque part. J'ai tenté de m'engager dans une relation avec une nébulix, sans résultat. Comme notre relation devait se terminer, j'ai décidé de la tuer, pour voir ce que ça faisait. Ce fut étonnamment facile - j'ai procédé par empoisonnement - mais également décevant. Comme cela ne marchait pas avec les femmes, j'ai essayé avec un homme, mais ce fut vain. Je l'ai tué lui aussi, plus lentement cette fois. Je l'ai regardé dépérir lentement, jour après jour, en lui servant ce que je pouvais comme médicaments.

Rien à faire, je n'éprouvais pas ce plaisir qu'ont les tueurs, généralement, cette motivation toute inhabituelle qui les pousse à faire et à aimer faire ce qu'ils font. J'étais démuni de cette étincelle.

Ma vie dégringola alors dans la drogue, une époque dont je ne garde pas vraiment de souvenirs. Étant alchimiste, je préparais moi-même mes propres cocktails, tout aussi puissants les uns que les autres. On me retrouva, je ne sais comment, ni ou exactement, gisant dans la forêt, à moitié mort par les ravages que j'avais infligés a mon organisme. Ramené à l'infirmerie d'Hildrim, l'ironie du sort fit en sorte que ce fut la fièvre qui me plongea dans un sombre délire, qui n'avait rien à voir avec les expériences artificielles et inutiles des drogues. Les fièvres sont toujours le point tournant des vies. Sur ce détail, je rejoins les autres.

Je fus plongé dans un univers noir et dévasté, qui me donna à la fois l'impression d'être incroyablement ancien, et présent tout à la fois, enfouis dans l'inconscient de l'esprit des hommes. Un monde au-delà des étoiles, exclu de leurs lumière d'ou devraient originer toutes choses. Bien qu'en ce monde grouillaient une infinité d'ombres sans formes, sans âmes et abjectes, elles semblaient toutes reliées à quelque chose de plus grand, de plus conscient, une sorte de présence supérieure qui hantaient et baignaient ces ténèbres indescriptible et régnait en cilias sur ces créatures informes. Alors que sur Teilia l'air occupe la majeur partie de l'espace, la seule chose qu'on pouvait respirer là-bas fut une épaisse et visqueuse terreur. Je pouvais la sentir, mais pas la ressentir, et c'est probablement ce qui assura ma survie dans ce pèlerinage aussi hostile. Une sorte de langue ancienne résonnait dans ces ténèbres, prononcée d'une façon étrange, qui excluait toute humanité. Qui sait si c'est parce que j'avais une oreille prédisposée ou prédestinée, mais le message me paru compréhensible...


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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Ven 29 Aoû - 20:36

Ça me parlait. Ça avait été là avant ce qui est, et ce serait encore là bien après. Ce gouffre cauchemardesque me vomit de retour dans le monde connu, au bout d'une éternité de macération, non sans avoir imprégné l'être vide que je fus d'un don. Il y avait quelque chose qui vivait désormais en moi, qui tendait ses tentacules invisibles sur chaque parties de moi. Une chose qui réclamait. J'avais servi de vaisseau pour une entité du sombre monde que j'avais visité, et cela ne me déplaisait pas. D'une certaine façon, nous étions faits l'un pour l'autre. Elle me donnait la motivation nécessaire à poursuivre mon existence et en retour je lui donnais les moyens de se nourrir. Que l'offrande soit constitué d'un livre brûlé, d'un animal affamé ou d'un jeune homme torturé, à chaque fois la chose grandissait en moi, se complexifiait. C'est comme si, à chaque fois j'ajoutais une pièce manquante à une collection ou à un puzzle.

Avoir un but et une motivation remit de l'ordre dans ma vie. Pendant les années qui suivirent, j'eus repris le commerce de l'alchimie, n'étant, qu'en surface, le commerçant qui fournissait les produits requis pour empoisonner ou faire exploser son prochain. En profondeur, je jubilais de la conséquence de mes actions, et bien que je ne fus personnellement pas aussi meurtrier que mon commerce lui-même, je m'adonnai parfois à quelques extravagances dès que j'en avais l'occasion. Je prenais soin de dissiper les restes dans un bain d'acide, mais de telles précautions ne sont pas parvenues à m'épargner l'inévitable. Les doutes s'accumulèrent et je fus contraint de quitter Hildrim en toute hâte. De toute façon, ici ou ailleurs je pourrais continuer ce que j'avais œuvré à construire, à croître. Ma collection de substances et spécimen en fioles, ainsi que mon laboratoire, m'étaient devenu des choses sacrifiables.

N'étant pas un homme des bois, je ne fis pas long feu en forêt. J'avais besoin d'un gîte. Je ne pouvais cependant pas me permettre pour le moment de retourner à la civilisation. Je n'eu pas vraiment de temps pour réfléchir et réellement réaliser que j'étais perdu, car le monde sauvage m'avait réservé un accueil bien spécial. Cet acceuil pesait près de deux tonnes, avait une magnifique toison brune, d'encore plus magnifiques crocs et s'appelait grizzly.
C'est avec un instinct aussi bestial que mon voisin d'en face que ma main se porta sur la mixture qui serait notre échappatoire à tout deux.

Après que le verre se soit fracassé, je me souviens des griffes, du rugissement, du sang, et des flammes. Tant de flammes.
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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Lun 8 Sep - 1:27

Alors que je m'attendais à ouvrir les yeux sur la mort, c'est sur un toit percé de petits trous de lumière que j'ouvris les yeux. Des os étaient suspendus autour de moi, tournant doucement et s'entrechoquant parfois en un son plutôt...rassurant. Des bols m'entouraient, aux multiples odeurs. Des bâtons étaient accotés ici et là, contre les parois de ce qui devait être une tente, portant diverses effigies, formes. Le tout était à la fois élégant mais très primitif. C'est cet aspect primitif, à la fois cru et cruel, presque brutal, qui fit le lien avec la vie dans mon esprit.

Non seulement j'étais en vie, mais mon corps ne semblait porter aucune blessure. Pourtant les flammes m'avaient bel et bien dévoré, c'est le seul instant qui demeurait frais dans ma mémoire. Je procédais en dehors de cette tente de peaux pour m'apercevoir que j'étais apparemment au fond d'une forêt quelconque. Quelqu'un avait sans doute eu la bonne intention de me recueillir. J'aurais alors à lui donner de la gratitude, ce dont je suis incapable.

Je satisfaisais ma faim sur une pièce de viande qui avait été laissée là en brochette au dessus d'un feu, lorsque mon hôte et sauveur arriva: Un imposant Gorlak bardé de bijoux d'os et de métal, sur lequel la splendeur des plumes exotiques côtoyait celle des têtes réduites. Sous sa fourrure, son corps musclé était bariolé de tatouages et de scarifications aussi complexes qu'une série de formules arcaniques. Je m'imaginais que c'était peut-être ça. Il transportait ses notes sur son propre corps. Il me salua, et en retirant le crâne de fauve qu'il portait au front, je pu apercevoir le dessin d'un œil entrouvert qui y était tatoué. Il m'expliqua que je portais quelque chose en moi, et c'est pourquoi j'étais encore en vie. Cette chose était venu combler le vide en moi, pour me donner des envies, ainsi qu'un sens à mon existence. D'une certaine façon, j'étais prédestiné pour elle, et que les esprits avaient annoncés ma venue. Cette chose me marquait en quelque sorte, et il tenait à ce que je puisse apprendre à m'en servir et à l'exploiter.

Avant de m'en apprendre plus, celui qui allait devenir mon Maître me fit savoir comment j'avais été guérit, à l'aide d'une magie primaire qu'il nommait le voodoo: "Des choses n'arrivent douba juste comme ça. La foudre, la victoire, la maladie, la mort: Nous faisons en sorte que ça arrive, d'une manière ou d'une autre".

Me menant à quelques pas de là dans la densité de la jungle, je découvris là un gorlak étendu, attaché à une racine d'arbre, ses chairs déformées et entamées de violentes brûlures. Le gorlak était plus petit que mon Maître, et poussait comme seule plainte un souffle ténu, difficile. Mon Maître m'expliqua que le mal, selon les lois anciennes, ne disparait pas, mais peut-être déplacé. C'est ainsi qu'il avait, avec les secrets dont il disposait, transposé mes blessures sur une autre personne. Mais la malédiction avait un revers: Si le nouveau porteur de mes plaies venait à mourir, je périrais aussi, à moins que je ne l'exécute moi-même. Mon Maître m'offrit un couteau à dépecer avec lequel je n"hésita pas à en finir avec le mourant. Ceci plu grandement à mon Maître, et il accepta de m'initier aux secrets des esprits, ceux qui existent sans qu'on les voit, les 'consciences' en chaque choses, avec lesquelles il est possible de communiquer. Mais avant tout, ce chaman colossal et vert tenait à me raconter une histoire, car je devais l'entendre...


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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Lun 8 Sep - 19:17

Mon Maître me raconta que les esprits les plus anciens possédaient une histoire et des secrets inavoués. Bien que la plupart des esprits soient des Teiliens défunts, les esprits anciens, eux, appartenaient à d'autres mondes. Avant Teilia, les enseignements ancestraux lui avaient appris qu'il y eu quatre autres mondes, tous avalés un à la suite de l'autre dans le néant éternel. Le dernier monde était gouverné par d'anciens Cilias, qui gouvernaient les quatre éléments primitifs. Ils avaient divisés le monde en deux plans superposés. Ouranos, le Cilias aérien, et Charybde, le cilias aquatique, avaient créé un monde de mers vastes, agité de vagues titanesques mues par les rafales de vents violents. Ignis, Cilias du feu, avait œuvré avec Decarabia, Cilias de la terre, afin de créer de leur côté un monde clos, sombre, caverneux, parsemé de rivières de flammes dont elles étaient la seule lueur.

Sur ces plan, ils semèrent la vie, créant des êtres reliés à leur éléments: Ouranos engendra des êtres agiles, frivoles, légers, au teint d'azur, capable de se laisser porter avec grâce par les vents pour voyager. Ils étaient les voisins des vouivres, créatures de Charybde, créatures reptiliennes et aquatiques, certes grandes et lourdes, mais bien nanties pour les arts mystiques.

Ignis donna quand à lui l'existence à de petits êtres trapus, rougeaud et barbu, les Azers, à qui il fit don des secrets de la métallurgie. C'était un peuple violent et guerrier, et ils usèrent des armes qu'ils fabriquaient pour s'entretuer et assouvir leur tempérament difficile, ce qui plaisait à Ignis. Decarabia créa quand à lui de pathétiques créatures, les Troglodytes: petits, maigres, le corps imberbe et frêle, ils évoluaient dans les ténèbres de son monde sans yeux, avec silence, se cachant de tout et de tous.

Ces créatures évoluèrent au cours des âges, se battant entre elles, se regroupant, créant des empires qui s'érigeaient et s'effondraient. Leurs moyens et leur savoir s'élargirent, jusqu'au jour ou les Vouivres parvinrent à ouvrir un passage entre les deux plans. Le choc culturel fut inévitable et désastreux. Les peuples de chaque plans placèrent de coté leurs querelles pour mener une guerre sans merci à ces 'étrangers' et l'hécatombe décima presque toute la vie qu'avaient engendrés les anciens Cilias.

Suite à se massacre, petit à petit, ces créatures chassèrent à jamais l'idée de la guerre, blâmant les Cilias de les avoir fait si différents et prompt à se massacrer. Ils se réunirent pour former un seul empire, témoin de l'âge d'or qu'avaient atteint ces civilisations. Cherchant à déceler les plans et les vérités des Cilias, ces hérétiques unis apprirent, par l'aide de puissants oracles, que trois autres mondes avaient existé avant le leurs. Ils n'apprirent pas comment avait été détruit le premier monde, le plus anciens et sans doute celui qui avait été oublié. Le deuxième monde avait été détruit par la guerre et la créations d'armes magiques à la puissance démesurée, engouffrant ce monde entier dans les flammes. Le troisième monde, peuplé de créature plus sages, mais clairvoyantes, avaient prévus que leur fin viendrait bientôt, de la main des Cilias eux-même, et les races procédèrent ensemble à un suicide rituel total, menant à leur extinction. Mais le quatrième monde n'allait pas se laisser faire. Ils allaient lutter, et affronter les Cilias.

Fous sont ceux qui osent défier les Cilias, car ceux-ci sont tout puissants. Ce fut un massacre, duquel ne sont réchappé que des esprits renégats, apportant leurs échos jusqu'à ceux qui ont pu les entendre.

Mon Maître désigna l'œil peint à son front. Il me confia qu'il faisait partie d'un ordre conscient des forces invisibles, ainsi que de ces savoirs ancestraux. Cet ordre ne s'opposait pas à une fin du monde qui viendrait tôt ou tard, bien au contraire: À chaque monde correspondait un moment ou, tôt ou tard, il devrait retourner au néant et y être purifié dans le vide et le silence. Cet ordre entrevoyait le néant à venir et l'encourageait, la Fin de chaque choses étant la seule vérité, le seul chemin de toute existence, qu'on le dénie ou qu'on l'accepte.

Cet ordre n'avait pour seul temple que la lande elle-même, et ses membres ne se regroupaient qu'en de rares occasions, préférant une vie d'ermites et de méditations.

Il me présentant le vide comme une force exploitable, bien que l'idée m'eut parue paradoxale. Pour me persuader, il me présentant une plante dans sa main, qui se mit à dépérir à une vitesse incroyable. La mort n'était qu'une absence de vie, la maladie, une absence de force et de santé. Pourtant ces choses étaient plus fortes que tout. Mais la force n'est pas ici un terme exact. Il s'agit plus précisément de la force elle-même qui doit ployer devant l'absence, le néant. Mon Maître prit la peine de m'enseigner quelques connaissances en art martiaux, afin que je saisisse bien le principe de la force qui se perd dans le néant. Une frappe peut très bien s'avérer la perte de celui qui la donne si elle n'atteint pour cible que le néant.

Mon Maître avait deviné le néant qui se trouvait en moi, et c'est ainsi qu'il me reconnu comme un être propice aux forces chamaniques. Il présentait le chaman comme un tube, qui se devait d'être vide et creux, afin de permettre au monde physique et spirituel de se contacter. Les êtres dotés de sentiments, de morale, étaient selon lui trop vulnérables aux possessions spirituelles et autres expériences violentes pour l'esprit. Lorsque je lui fit part qu'une chose était entrée en moi, m'incitant à la destruction et au meurtre, et que cela me rendait des émotions en retour, il approuva, avec un sourire qui faisait figure étrange sur son visage qui était jusqu'alors resté de marbre.

J'avais alors entamé ma formation de chaman, et je pressentais quelque chose, sans arriver à mettre le doigt dessus.
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Vincent C., Hastane.

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Lun 8 Sep - 19:51

Délectable. Un buffet gastronomique pour les yeux. Smile
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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Mar 9 Sep - 14:27

Musique d'ambiance

Mon Maître m'entraina à conjurer et dominer les esprits, aussi bien ceux de la nature, comme ceux qui se trouvent en chacun de nous. J'assistai au lent dépérissement de nombreuses vies, victimes, dit-on alors, de la maladie ou du mauvais sort. J'appris les rituels de méditations, de clairvoyances, mais aussi les sacrifices et les malédictions. Je pu poursuivre mes meurtres, sans avoir à approcher ou côtoyer mes victimes, déchainant les forces en moi directement dans leurs esprits, ou employant de mauvais esprits pour projeter leur vies dans un néant tourbillonnant. La décadence me procura tant de délices, plaisant à cette chose en moi, qui tendait toujours plus loin, grandissait, me procurant toujours plus de pouvoir. Mon maître était de plus en plus fier.

Sa leçon finale eu été de m'apprendre à consulter les esprits afin qu'ils me servent de guide et de tuteurs à leur tour. Il me fit visiter les cercles de pierre, et je fut très étonné d'apprendre que mon maître en savait autant sur les puissance stellaires. Hormis ce que je savais déjà, il m'expliqua que les forces du néant résidaient dans le vide inter-stellaire, et que c'est de là que provenait la chose en moi. Comment quelque chose peut-il provenir du vide? Le néant a sa propre volonté, son propre pouvoir, me dit-il. Un jour il engloutira le monde. Ceux sachant lire les signes (Il me désigna une série d'étoiles à ce moment) pouvait voir cette fin approcher. Mon Maître et son ordre en était simplement les vassaux.

Comme ma formation était terminé, mon Maître convoqua une réunion des membres de l'ordre afin que je sois initié. La réunion tint lieu autour d'un dolmen antique, qui devait aussi servir d'autel, à en constater les prédispositions installées. Tout au plus une vingtaines de chamans s'y trouvaient, la plupart constitués de gorlaks, nargoliths, et de quelques mortanyss. J'apercevais leurs ombres danser dans le noir, défiler sur les larges pierres, sur un chant tribal, dont je pu saisir le sens. Je saisi alors la vérité - il s'agissait d'un sacrifice. L'ordre ne souhaitait pas avoir un nouveau membre, mais d'appeler la chose qui se terrait en moi à se déchaîner sur la lande, en tant que précurseur de la fin des temps. Je demeurai pétrifié sur mon lit de pierre, mon esprit cristallisé par cette vérité. J'allais mourir, et tout ce que je ressentais c'était une curiosité face à ce qui arriverait. Était-je donc l'élu du néant, le fils de l'apocalypse?

Mon torse me brûlait, alors que milles fouets en raclaient l'intérieur, mes côtes vibraient sous le cri violent que la chose à présent éveillée et réelle en moi. J'avais la sensation que mes organes internes se liquéfiaient alors que la chose se concrétisait pour apparaître. Je perdis l'esprit un moment, alors qu'il me sembla que toutes les étoiles dans le ciel s'étaient étendues et que les silhouettes autour de moi s'étaient multipliées pour former une sinistre armée de créatures dansantes et hurlantes. À la faible lueur des flammes, je fus libéré de mes souffrances quand quelque chose m'ouvrit la poitrine. C'est une chose immense et sans nom qui s'en extirpa, plongeant le monde que j'eus connu dans les ténèbres promises.

Peut-être existe-t'il une justice après tout, et que le meurtrier que je fus du tôt ou tard payer ses crimes. Peut-être est-ce le prix à payer pour jouer avec des forces aussi obscures.

Le néant qui me revenait fut troublé par un sinistre rêve: Dans la lueur enchanteresse d'un nouvelle aube je constatais depuis mon lit de pierre ensanglanté, au pied du dolmen, les corps gisant dans un lac de sang, réduit en pièces - tout ce qu'il restait de l'ordre et de mon Maître. J'avais aussi la certitude, dans ce rêve, que j'étais mort moi aussi. Mon rêve se termine lorsque je quitte ces lieux maudits pour m'enfoncer dans la forêt encore calme et vierge, pleine de promesses.

Peut-être n'existe t'il aucune justice. Mon Maître devait avoir raison. Il n'y a que le néant et sa perpétuité.


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Xenshi, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Mer 10 Sep - 14:55

J'ai décidé de le lire d'un seul coup...

Vraiment la dernière partie je la trouve excellente. Plus que les autres, même si j'aime les premiers chapitre quand même ^^.

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-Anima Draco Immortalis-
Senseï Xenshi, Merci Xhilyan'ntru ^^
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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Jeu 12 Mar - 1:00

Le dernier oeil

Je suis l'oeil dans la nuit,
Je suis l'oeil sans visage,
Je suis l'oeil qui peut voir,

Sans lueur - dans le noir
Le mutisme - du Sage
Son regard - tu t'enfuis

Je suis l'oeil sans larmes,
Je suis l'oeil qui ne dort,
Je suis l'oeil qui peut voir,

Un vil jeu - les déboires
Mal en Mal - et encore
De ma main - tu désarmes

Je suis l'oeil des prophète,
Je suis l'oeil des symboles
Je suis l'oeil d'apocalypse,

Les ténèbres - viendra l'éclipse
Les cris, les vies - ultimes oboles
L'oeil fixe et guette - à tous notre défaite


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Atraxaz, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Atraxaz   Mer 11 Nov - 16:46



Tournent, les flammes, tournent. Mon corps et mon esprits ne sont plus que brasiers depuis...depuis quand? J'ai perdu la notion du temps, et probablement d'autres. J'ai peine à me souvenir de ce que j'ai fais pour me retrouver là, de qui j'ai été. Mes pensées sont aveuglées par la lumière brulante qui m'engloutis et constamment me consume sans jamais me réduire en cendres. Elles rugissent, tout autour de moi, incessantes...éternelles. Elles m'écorchent sans cesses, et grattent furieusement mes os. J'ai mal....Comme j'ai mal. Elles changent mon esprit en tisons brulants, qui s'éparpillent, puis reviennent, et explosent encore...Si je peux toujours crier, mon hurlement est sans doute étouffé par celui des flammes. Et cette torture dure...cela n'a pas toujours été ainsi. Qu'est-ce qui est arrivé?

Le supplice...je ne peux plus le supporter. Je suis retenu en ces lieux. Ces flammes, elles m'enchainent en même temps qu'elles me surveillent. Je ne peux plus partir. Je brule encore, je suis éparpillé.

La seule chose que je parviens à garder dans ces raz de marée de feu, c'est l'instinct. Et lui aussi hurle, mais je ne l'entends pas. Le rugissement de l'incendie est assourdissant. Pourtant il me disait quelque chose.

Je n'en peux plus. Si seulement je pouvais abandonner. Mais ce n'est pas un combat. C'est une torture. Et ma conscience n'est plus qu'un spasme sporadique et douloureux.

Cette fois la douleur est plus forte que jamais. Mais c'est une douleur nouvelle, elle n'est pas comme la morsure des flammes. Elle ne vient pas des flammes. Elle vient de mon désespoir. Je me déchire en deux. Je me rompt, dans un déchirement qui se ressent jusque dans mon âme. Je rêve d'un loup qui gruge sa patte ou d'un lézard qui abandonne sa queue. Je vois cette partie de moi, que j'abandonne à la férocité des flammes. Je la sacrifie, et j'use de toute ma cruauté pour surmonter mon amour propre. Je me regarde m'abandonner, me condamner à cette tourmente éternelle.

Et je m'échappe.

Loin des flammes, ma conscience se reconstitue. Doucement. Très doucement. Je reconnais des choses familières. Le rideau de flamme s'est levé et je reconnais le monde. J'ai réussi. Presque.

Une pression m'écrase de toute part. Il m'est si difficile de faire le moindre mouvement...Les astres se suivent et passent. Changent. Le temps, sa notion m'échappe toujours. Il est déformé, lointain, étranger.

Je rampe laborieusement dans le monde. Je reconnais le ciel, le sol....les êtres vivants. Je réalise que mon supplice n'est pas terminé. Je suis amputé. Non seulement d'une partie de moi-même, mais de mon corps au complet. Je suis désincarné. Une conscience errante. Je vais m'aliéner à cet état si je n'y remédie pas bientôt. Un corps, c'est ce qu'il me faut; familier...munit d'un esprit assez grand, et avec assez de replis et de recoins dans lesquels me loger.

Ensuite...
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