Bienvenue à Mortancia

Merci de mettre ton nom conforme et d'ajouter une virgule, puis ta race. On est très chiants ici avec cette règle, surtout Xenshi.
 
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 Annexes - Légendes

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MessageSujet: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:53

De Xhilyan'ntru.

Citation :
La Saga des Âmes

Je ne suis pas prêtre, et ne prétends pas connaître les desseins des Cilias. Mais en tant que fils de Kalos, j'en suis venu à me poser des questions, par rapport à la mort elle-même, et à l'évolution de l'âme. Bien sûr, comme tout philosophe, j'en suis venu à me poser des questions sur ma place en ce monde.

Pourquoi nous a t'il choisi? Est-ce un hasard ou nous choisit-il en fonction d'un détail sur nos âmes? Est-ce une mort violente, une vie inachevée qui cause notre retour parmi les vivants? Je ne suis pas le seul à se poser ces questions, vous, frères, sœurs, en faites autant. L'âme est la chose la plus précieuse que nous ayons, elle est la seule chose réelle dans un monde d'illusions et de perceptions. L'âme n'est pas invincible. C'est sa vulnérabilité qui la rend précieuse, car bien qu'elle survive à la mort du corps, cette âme sera jugée.

En tant que ce que nous sommes, nous savons que nos êtres changent, évoluent, dépendants du trajet qu'effectue nos âmes. Les âmes voyagent constamment, il est faux de croire que le chemin spirituel ne s'entame qu'une fois la mort venue. La mort n'est qu'une porte sur le chemin de l'âme.

Kalos choisit-il le moment de notre mort? Cette théorie dirait que non. Je pense 'peut-être'. Lorsque l'âme s'élève de sa carcasse mortelle, elle s'engouffre dans la rivière des âmes, ou s'entrecroisent les flots des âmes. Il est dangereux de s'y perdre, d'être emporté dans le flot des âmes. Si le défunt a de la chance, ou si sa mort fut souligné des rites et obsèques adéquats, Kalos le remarquera, et aidera cette âme à ne pas s'égarer. Il la conduira dans les plaines éternelles.

Les plaines éternelles sont recouvertes d'ossements à perte de vue et d'âmes en errance. Ou qu'on soit dans cette infinité, car les plaines éternelles sont métaphysiques, donc illimitées sur le plan physique, on peut toujours voir poindre quelque part le temple du jugement, aussi appelé sanctuaire de Kalos, ou trône de Kalos. Cet endroit porte d'innombrables noms, et formes.

L'âme est libre d'errer le temps qu'il lui faut avant d'avoir la force de faire face au Jugement. Cela peut être instantané comme cela peut prendre un temps infini d'errance. Le temps lui-même est distordu dans la mort. Lorsque l'âme se présente ensuite à son jugement, elle est examinée et pesée par Kalos.

Observe-t'il son expérience de vie, sa pureté, sa valeur? Nul ne le sait. Mais plusieurs d'entre nous avons déjà exploré les aldens, ou trônent les cilias, mais ou aussi sont censées finir les âmes dignes de leurs préceptes. Ceci est aisément concevable pour un Hastane qui souhaite se voir élevé jusqu'au Circan, ou une âme Daelwena pour qui le repos éternel s'estime pas une éternité dans une forêt luxuriante. Mais quand est-il pour le Mortulum, ou brûlent des âmes damnées? Tout ceux qui y ont mis le pied ont bien constaté l'horreur qu'il reflète. Pour aller plus loin, en quoi le Natiris, un endroit sauvage et instable, peut-il apporter la sérénité?

Et si un Hastane, avait mené une vie particulièrement déchue et débauchée, de quel droit pourrait-il finir au Circan? Parce que c'est un droit racial? Un Nargolith est autant capable du meilleur que du pire. Pourquoi son âme devrait-elle inexorablement s'échouer dans l'océan de douleurs qu'est le mortulum? Je ne crois pas que la destination de nos âmes soit prédestinée en fonction de notre race. Nous avons été gracié de la capacité de penser, de choisir, et de considérer le bien et le mal. Ces dons, qui nous séparent des animaux, nous ont été donné je crois, afin de pouvoir définir et 'travailler' nos âmes.

En fonction de ce que nous sommes devenus, suite à nos choix, nos actes, notre vécu, Kalos, peut-être assisté d'un tribunal polythéiste, se voit confier la tâche de déterminer la destination de l'âme. Ainsi, un Hastane méritant le châtiment finirait au Mortulum, tandis que le vertueux, quel qu'il soit, se voit accueilli au Circan. Il n'existe pas seulement des notions de bien et de mal. À chaque âme correspond une forme, que son possesseur avait taillé au court de sa vie. Cette forme acquise et non innée s'avère être la clef vers l'une des trois portes Aldénéennes.

Il arrive cependant qu'une âme ne puisse être convenablement jugée, soit à cause d'un détail sur lequel se butte le tribunal des Cilias, ou parce que l'âme elle-même s'avère incomplète. La présence d'une âme incomplète demeure un mystère. Normalement, lorsque l'heure n'est pas venue, nous assistons à un cas de réincarnation. On parle souvent d'un quotas de 'chance' que les Cilias nous accordent. Il pourrait aussi choisir d'un choix de l'âme elle-même, qui choisit, indépendamment de la conscience charnelle (nous préférerions tous survivre, n'est-ce pas?), qui se considère prête pour la mort.

Néanmoins, si les Cilias la juge incomplète, celle-ci se voit renvoyée et accordée une seconde vie, sous la forme de Mortanyss. Notre quête à tous est donc de combler notre âme. Ceci expliquerait notre apparente immortalité - afin qu'une 'mort' accidentelle ne se reproduise plus avant l'heure. Une éternité nous est accordée pour préparer notre âme et la rendre prête au Jugement.

C'est une chance énorme, pourrait-on dire, de pouvoir parfaire notre âme comparé à, disons, un Kheijan qui ne dispose que de quelques décennies avant de rendre l'âme. Mais il ne faut pas oublier que si certaines créatures ont une durée de vie déterminée, c'est parce que les Cilias l'ont voulu ainsi. Ainsi, un Hastane ne prend que quelques décénnies avant de combler son âme d'un vécu significatif et suffisant, alors qu'un Daelwenas qui survit à plusieurs siècle mets considérablement plus de temps à parcourir le même chemin spirituel que l'hastane.

Nous pouvons donc considérer que les races disposant d'une courte durée de vie ne sont pas désavantagées, bien au contraire: elles sont spirituellement plus rapides et habiles, leurs âmes assimilant et progressant beaucoup plus aisément que celles de certaines autres races.

Ainsi, Odéon estime probablement que 75 années soient suffisantes pour qu'une âme Hastane se soit complétée, c'est pourquoi ses fils sont conçus pour exister sur cette période de temps. Cependant, le potentiel spirituel peut différer énormément d'un individu à l'autre. Un jeune homme de 15 ans peut très bien périr et avoir suffisamment apprit de la vie, avoir saisi ce 'quelque chose' d'essentiel pour se voir permettre le Jugement. Au contraire, un vieillard qui semble avoir tout fait peut rendre l'âme, mais avoir toujours passé au court de sa longue vie à coté de certaines choses importantes pour le développement de son âme. Ou alors, l'âme qui se présente au tribunal peut simplement avoir eu un vécu trop ambigu, et celle-ci se voit accordée une autre vie afin que les Cilias puissent se fixer sur son cas.

Les gens au fort potentiel spirituel sont donc 'prêts' à mourir et sont alors cueillis par la Mort. Mais il arrive que ces gens demeurent parmi les mortels, afin de les faire bénéficier de leur clairvoyance et de leur expérience. Ces gens ont pour rôle d'aider leurs confères à élever leurs âmes, à les combler comme eux ont su le faire. Ces gens-là deviennent souvent des prêtres - de vrais prêtre, pas simplement des hurluberlus fanatiques. Mais ils n'en font pas tous une vocation. Une chose est sûre: Ils ne deviennent pas Mortanyss, leur âme s'étant déjà complétée au cours de leur vie.

Je disais plus avant que l'âme est vulnérable. Il faut faire particulièrement attention à ne pas l'abîmer. Chaque faits, gestes, choix, peut abîmer une âme au court de son évolution, la faisant régresser et l'éloignant de sa destination.
Les vertus ne sont pas seulement un code de conduite sociale, elles permettent de préserver une âme de l'érosion des vices. Une âme abîmée sera plus propice à se perdre dans le flot des âmes, risquant de devenir Luthyss. Si un âme est abîmée au point d'être défigurée, il est fort concevable qu'elle ne puisse être Jugée et sera donc de retour en tant que Mortanyss. Si le Mortanyss abîme son âme, son évolution n'en sera que plus lente, et celui-ci risque de stagner dans l'éternité, un bien triste sort.

Cependant, c'est à lui seul de s'en sortir et de rétablir son âme. Certains fanatiques croient que détruire un Mortanyss lui apporte le repos, alors qu'il n'en est rien. Son pèlerinage spirituel incomplet, son âme se présentera à nouveau au Jugement, et Kalos le renverra simplement à nouveau sur Teilia.

Tuer un mortel avant son heure peut, par contre, s'avérer intéressant d'un point de vue mortanyss moyen: le cheminement spirituel interrompu fera en sorte que la victime risque de revenir en tant que mortanyss pour combler son âme. Cependant, ce mortanyss assassin ne savourerait ce meurtre qu'en surface: en réalité, il ne ferait que retarder le cheminement d'une âme - en faire un mortanyss serait peut être utile physiquement, mais spirituellement, il n'aura causé que du tord et du retard dans le flot sacré des âmes. S'opposer à l'évolution des âmes et à leur cheminement s'avère alors une opposition envers celui qui les acheminent. Une seconde vie, une seconde chance, est un privilège qu'on obtient, et non quelque chose qu'on doit donner ou imposer à un autre.

Je n'ai qu'un seul conseil à vous donner, mes frères et sœurs, car telle est Sa Volonté et ce qui mènera nos âmes à leur destination:

Vivez.


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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:54

- À venir -

Xurn et les anciens écrits

De Haze.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:54

- À venir -

(En cas que la légende prennent 2 topic ^^)
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:55

De moi-même.
Citation :

La Matriarche

Sous l'oeil haut perché de l'ardent Roi Soleil brillait une perle. Rare, étincelante sur le vaste sable du Khandraas, elle n'aurait pourtant voulu chanter que pour la Lune. Pacha après Pacha après Pacha après Pachas, il ne resta que l'ombre d'un rayon, un abîme qui n'avait du désir plus de sève. Ravagée par son sublime, de ses yeux à la providence s'écoulait le sang qu'elle aurait tant aimé verser. Le don de chair fut la misère de son âme, pourrissant de passages en passages. L'amour rude eut usé de ce qu'il put, laissant derrière une oeuvre désormais épave. Elle rongea la fuite sans pourtant l'invoquer, l'embrasser, par espoir illusoire, peut-être, par remords honteux ou même par crainte écrasante, nul ne le sut. Lorsque l'échine de son mal s'eut abreuvé de son entière essence, mais dont la carcasse n'avait perdu nulle splendeur, elle disparut. Elle fut retrouvée, égarée, gourde pleine et corps intacte, resplendissante sur la mer de silice, - sans souffle de vie.

De son trône serait descendue une Trinité, offrant à la ruine concubine le pacte d'une éternité. De ses deux seuls biens, sa seule nature, charme et mortalité, elle devait se délier, contre tous les autres qui n'attendaient que le renouveau pour germer.

De ce tombeau naquît la Matriarche.


Kuhru



Le mythe de la Matriarche évoque une lugubre tragédie aux yeux de mortels, mais nul Frère mortan ne peut nier sa grandeur et son faste. Des plus grandes ruines de la mortalité, des plus imminents bas-fonds des créations d’Aeltesis, naquît la plus rayonnante mort du passé de la Nécropole. Sans doute faut-il se résoudre à croire que les plus grandes manifestations de Kalos s’émancipent depuis les carcasses putrides, médiocres et pathétiques, que la vie laisse derrière elle.

La plume brumeuse de l’Historien Kuhru évoque la triste saga de la plus ravissante des concubines d’une époque lointaine à aujourd’hui, sans doute dans les débuts mêmes de la liberté des Kheijans, au temps d’Akhal le prophète et de ses fils. Ses attraits mortels, charme, courbe et santé, ne fit que causer son ravage continuel par les pachas de la cité. Tous se l’arrachaient et jongler avec elle tel une putride et innocente retaille de viande – mais nul être ne l’est jamais. En silence, elle subissant. En silence, elle souffrait, mais jamais l’on la mémoire des uns et des autres en serait marquée, jamais sa douleur ferait d’elle une martyre. Ô combien de nuits étoilées passa-t-elle à maudire son existence, régurgitant férocement dans les tendres bras de la Lune tout le venin de sa rage, l’on en perdit si vite le compte…

Incapable de saisir d’elle-même la délivrance, paralysée devant l’inconnue du suicide, elle fuit. Guidée par les murmures de l’obscurité, elle traversa un désert de nuit glaciale. Elle marcha à en plus finir, plus loin qu’elle n’était encore jamais allée. Au-delà de toute frontière de ce qu’elle eut connu ou vu, elle s’assit dans le rude silice et versa une larme… et puis le torrent du malheur s’éminça à travers ses yeux.

Le monde entier cessa d’exister. Désormais, elle était seule, seule dans l’infinité noirâtre et gourmande du néant. Au loin, une chandelle s’alluma depuis le cœur du vide et flotta jusqu’aux côtés de son épaule, et une seconde fit de même pour l’autre. Une main décharnée, aux phalanges blanches nacrées et émincées fendit le vide et se tendit sous son regard. Elle ignorait tout mais son cœur n’avait qu’une pulsion : saisir la main et fuir à jamais.

C’est ainsi qu’à travers un rêve elle rendit son âme à Kalos et à jamais y scella son identité et sa destiné. De tout ce qui fit d’elle cette loque de mortelle, elle devait s’en départir. Ce jour là, elle devint hideuse, repoussante, la peau et le visage difformes et mutilés, quant à sa vie, fortuite. Le pacte lui rendit néanmoins la destinée des étoiles, la ruse des corbeaux, la lumière de la Lune et l’immortalité des Dieux.

C’est ainsi que Tsu’Rah, la Matriarche, apporta lumière et gloire sur Mortancia. La Nécropole sut rapidement reconnaître les promesses de sa destinée et l’éleva sans réserve sur le trône de la guidance. Elle était devenu la mère des Fils de Kalos, la main qui saurait tous les guider et les aimer, autant qu’ils soient.

Le reste est de l’Histoire, dont les traces battent aujourd’hui faiblement comme un cœur malade, étouffant un son diffus et lointain. L’Âge d’Or qu’elle amena sombra brutalement à travers les poussières de la guerre et de la destruction. Sa grandeur passa à un doigt d’être à jamais oubliée, mais l’on ne peut réellement éteindre de si grande lumière. La Matriarche mourut de la main d’un Ghuluz, alors que le sacrifice d’Arax le Premier Templier protégea son âme du néant absolu et de sa torture, laissant derrière elle les ruines du rêve qu’elle eut bâti pour la Nécropole. Un jour, sans doute, les Mortanyss reviendront aussi près de la transcendance que ne l’eut été la Matriarche.

Ceux qui l’honorèrent et l’honorent encore aujourd’hui entourent parfois leur corps de bandages, comme elle le fit elle-même autrefois pour dissimuler sa laideur. Humble et versée vers le sacrifice, elle ne cessa d’œuvrer pour la Nécropole et sa grandeur, et ceux qui la suivent ne manqueront d’en faire autant.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:55

De Eazox.

Citation :
Le Pentacle d'Arax

On raconte qu’une nuit, cinq Templiers, dans la Morte se réunirent. À leur sortie, l’un avait perdu la vue, l’autre l’odorat, puis l’ouïe, sans oublier le toucher et puis pour finir le goût. Les premiers murmurent tendaient à faire croire que le Père les avaient puni. Certains individus poussent leur dévotion à un point tel que l’on ne peut trouver un point de comparaison. Leur foi finit par atteindre des sommets inébranlables. Jamais, il ne fut question de pénitence ce soir là. Non, bien au contraire, ils venaient tous de sacrifier un sens au profit de Mortancia, du Père. Un acte de dévotion, voilà ce qu’ils avaient fait ce soir là. Pourtant, on ne parvenait pas à comprendre la teneur d’un tel geste. Mais, les raisons qui les poussèrent à en venir là n’allaient guère tarder à se faire savoir. Puisqu’il en était toujours ainsi à Mortancia, tout finissait par se savoir. Tels les doigts d’une des mains de Kalos, ils se dénombraient au nombre de cinq. Et telle une main, ils formaient un tout. Tels les sens de la Vie, ils se dénombraient au nombre de cinq. Ainsi, ils venaient de se détacher davantage de la Vie, se rapprochant davantage de la Mort, encore plus. On ne peut prétendre croire qu’ils étaient les plus puissants des Templiers. Mais une chose reste certaine à ce jour, leur Foi, leur Amour pour Mortancia ne possédait aucune limite. Ils œuvraient que pour la Morte.

Extrait du journal de Kuhru.

« Les cinq plus fervents, les doigts de la main du Père, les artisans du Pentacles sous l'Égide du Premier, Arax, sacrifièrent ce que chacun avait de plus cher, un sens. Le premier, cavalier de renom, fit don de sa vue, puisant dans ses souches Drakannes une justice parfaite et aveugle, celle du Père et de la Mort. Le second, duelliste sans égal, mortel et fidèle, toujours sous le besoin de se nourrir, cèda le goûté. La troisième, Hhi'thaxr'x, artiste dans l'âme et éprise du charme et des jeux de la chair se refusa au touché. La quatrième, Alixila, jumelle de la précédente, à la griffe arcanique flamboyante, perdit l'odorat et s'effaça du royaume des parfums. Le dernier, Ghaschraz, Marteau de la famille, Vampire et feu Gorlak, plongea dans la surdité. »

Leur sacrifice commun convergeait vers un objectif bien précis. Puisqu’en retour de ce qui leur restait de Vie, ils créèrent une Source éternelle. Cette Source renfermait un précieux présent de Kalos lui-même. Une Essence possédant deux propriétés distinctes, l’une d’elle agissant comme un virulent poison pour tout mortel, l’autre agissant tel un antidote contre tout Mal qui pouvait ronger un Mortanyss. Rapidement, cette Source prit le nom de Pentacle des Templiers, puis le Temps rongea cette terminologie et on la désigna comme étant le Pentacle d’Arax, l’un des cinq Templiers, le Premier. Ce dernier prenant l’apparence d’un Drakan déchu, portant une armure d’Abyssium, aujourd’hui remise à un éminent Templier. Car, à l’Époque de l’Âge d’Or Mortanyss, certains Mortanyss parvenaient à se régénérer totalement et à reproduire une fidèle reproduction de leur corps ancestrale. Il ne faut pas négliger également le rôle que le Pentacle joua dans cette nouvelle propriété mortanne. Cependant, cette explication se qualifie plutôt de scientifique alors que la majorité des Mortanyss croient plutôt en un Don même du Père, Kalos.

Mais, il demeure un élément à élucider. Le Pentacle lui-même se veut un virulent poison pour tout mortel y touchant. Dès lors, nous savons que l’un des Templiers, Leernox’Tsu, qui agissait en tant que garde du corps de la Matriarche, son protecteur, était mortel. Ainsi, quelque chose en lui le protégeait contre la Source et celle-ci devenait bénéfique à son endroit. Il faut dès lors comprendre une chose essentielle en ce qui concerne la Source. Le Pentacle ne touche point tous les Mortanyss, bien qu’il en devienne bénéfique sur une majorité d’entre eux. Ainsi, la Source ne sévit guère contre tous les Mortels, bien qu’elle frappe une grande majorité. Le Pentacle s’attaque à l’Essence de Vie. Alors qu’il régénère l’Essence de Mort. En ce sens, il faut user de chimie pour bien comprendre un tel procédé. Car la Source éternelle se lie à ce qui est de plus fort, ainsi va la loi de la Nature. Un individu rongé par la Mort, se verra bénie par le Pentacle. Tandis qu’un individu où la Vie coule en lui se verra frappé par le Pentacle. Le havre qu’est Mortancia fit couler en Leernox’Tsu, durant les longues années qu’il passa au sein de la Morte, l’Essence de Mort qui circule chez tous les Mortanyss.

En ce qui concerne les Templiers du Pentacle et la Matriarche elle-même, une seule certitude nous possédons à ce jour. La Guerre des Ghuluz qui faisait rage à cette époque, guerre qui mit fin à l’Âge d’Or Mortanyss, eût raison de Tsu’Rah. C’est ainsi que dans la bataille finale, celle qui allait décider du destin des Mortanyss, celle-ci tomba. Arax en sauvant l’âme de la Matriarche mit fin à sa non-vie également dans ce combat. À ce jour, aucun indice ne permet de répertorier les quatre autres Templiers qui sombrèrent dans l’abysse. Quelques rumeurs courent encore mais rien qui ne peut prouver soit leur retour auprès du Père, soit leur pèlerinage éternel sur les landes qui se poursuit…


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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:56

De moi-même.

Citation :
Les Pierres Abyssales

À l’ère d’Or de la Matriarche Tsu’Rah, les Mortanyss entreprirent des excavations plus profondes que jamais auparavant dans la mine d’Abyssium du lointain Ouest, au-delà des bordures de la Woiale, creux dans les forêts mortes. Menées par le Templier Arax, les troupes d’excavations munies de technologie kardienne creusèrent de profondes galeries et firent après plusieurs mois de travaux intenses une découverte magistrale.

Les ouvriers Mortanyss s’approchèrent lentement, brandissant leur torche pour éclairer les parois humides. Ils repoussèrent avidement les instruments d’excavation de leur chemin et posèrent fébrilement leurs mains sur une grande pierre dorée luminescente. À l’instar de l’Abyssium, ce qu’ils voyaient et touchaient brillait en absence même des reflets de la lumière. Ébahis, ils échappèrent leur torche qui s’éteignit dans la vase, mais la lumière de la pierre, elle, persistait.

L’on dépêcha Arax lui-même et le maître ingénieur Sjulah. Les témoins racontèrent qu’Arax resta là, en silence, et contempla de son regard aveugle la trouvaille pendant plusieurs heures. Personne n’osa le déranger. Sjulah avait déjà pris de nombreuses mesures et échantillons de poussière quant Arax sortie de sa torpeur pour ordonner la coupe de 10 fragments de cette immense pierre. Toute fragmentation future de la pierre fut interdite et considérée comme profanation, d’autant plus qu’une fois sectionnée les pierres perdaient leur brillance. Un autre mythe Mortanyss populaire voudrait qu’on ait aussi trouvé un cercueil, profondément enfoui dans la pierre tout près du rocher abyssal…

Les fragments furent ramenés à la Nécropole et la plupart tombèrent dans les mains des plus avides et brillants savants Mortanyss. Il semblerait même qu’Irznaïgd, la Maître nécromancienne en eut héritée d’une, avant la création des Ghuluz. Quoiqu’il en soit, ces pierres au départ entre des mains ignorantes et maladroites causèrent bien des désastres. Des laboratoires entiers explosèrent dans un nuage d’éclair et de brume verdâtre, ravagés par des flammes verdâtres durant des heures. Pour la sécurité de la Nécropole, la plupart des fragments furent confiés entre les mains de templiers, puis cachés, alors qu’une seule et dernière restait sous étude, celle d’Irznaigd.

La découverte fut stupéfiante. Alors que la maîtresse de l’Anima Animata usa de la pierre pour réanimer la carcasse mutilée d’une chèvre, la pierre s’illumina plus vivement que jamais, noyant le temple dans une aveuglante lumière verdâtre. Quelques instants plus tard, le calme des chandelles revint, mais quelque chose dans l’endroit avait changé.

Le sol du temple se mit alors à trembler, les quelques chandelles se versaient sur le côté, s’éteignant alors sur la pierre froide, des ornements s’écroulaient et tous devenaient sur le qui-vive. Une brise glaciale s’empara des environs de l’autel et bientôt toutes les chandelles furent éteintes. L’obscurité morbide dominait la scène, le silence revint. Soudain, un râle horrible vint briser ce silence, puis un second, et un troisième, bientôt plus d’une quinzaine.

Ce fut ensuite le tour de la carcasse, se dressant sur ses pattes arrière et fuyant hors du temple en laissant s’écouler des lambeaux de chairs. Irznaïgd, sereine, resta au milieu de ses acolytes paniqués, délectant comme jamais la scène qui s’offrait à elle. Au fond d’elle-même son esprit s’exaltait, elle jubilait face à la compréhension de ce qui venait de se passer.

Les râles ténébreux s’accentuèrent et l’on entendit le sol tout autour du temple se fendre. De grandes crevasses béantes s’ouvrirent et des poignes squelettiques s’agrippèrent à leur rebord, hissant au dehors de l’abîme leur masse d’os. La quinzaine de Luthyss se plaça en rang et fit procession vers les marches du temple, les gravissant d’un rythme constant, d’une démarche presque militaire. Arrivés au devant de l’autel, Irznaïgd les contempla telle une mère et tous les Luthyss, sans exception, s’agenouillèrent devant leur maîtresse…

Le pouvoir véritable de ces pierres semble aujourd’hui encore méconnu, malgré que quelques-unes d’entre elles furent retrouvées et rapportées à la Nécropole. L’on sait néanmoins qu’elles ont par le passé exalté les pouvoirs nécromants de celui ou celle qui les maniait. Il semblerait que ces pierres agissent de leur volonté propre, s’illuminant et s’assombrissant sans raison apparente. Quoiqu’il en soit, les excavations d’autrefois n’éclaircirent jamais l’entier mystère derrière cette immense pierre… de terribles et puissants secrets s’y terrent manifestement sans l’ombre d’un doute.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:57

De moi-même.

Citation :
Le Viscère de l’Élu

Certains mythes méritent mieux leur nom que d’autres. Leur caractère nébuleux, partiel et surtout, insolite, leur confère une aura mystique que seule la ferveur peut fondre en réalité. Au-delà de toute preuve, à travers les témoignages émincés, usés et égarés, l’Histoire se tisse et laisse la brume du mystère dominer ses mots.

Au plus profond des abîmes de mortes galeries des mines d’Abyssium, au temps de l’Âge d’Or de la Matriarche Tsu’Rah, fut trouvé le rocher qui de ses fragments donna naissance aux pierres abyssales. Bien que les élites mortanes présentes firent tout en leur pouvoir pour étouffer la découverte, le murmure, lui, perdurait : un sarcophage qui paraissait aussi ancien que le monde lui-même fut désencastré des côtés du rocher luminescent. La nouvelle se faufila dans les discussions de la Nécropole plus virulemment encore que la peste dans les veines mortelles. Les théories absurdes et farfelues abondaient, mais nul ne savait vraiment ce qui s’y trouvait.

Que pouvait bien donc reposer à l’intérieur de cette tombe? Quel mystère les landes avaient-elles ingurgité si profondément?

La source véritable ne fut jamais identifiée, mais bientôt la rumeur se répandait que le Premier Élu, Soth, le commencement, l’Oeuvre initiale, était revenu à la Nécropole. L’on ne perdit guère de temps à associer les deux évènements. Quoiqu’il en soit, tous savaient qu’il se trouvait à nouveau à Mortancia, mais personne ne le voyait. Il semblait côtoyer la solitude, n’accordant audience qu’à si peu de personne que les plus sceptiques doutaient même que sa présence soit réelle.

Une nouvelle intrigue animait les murmures de Mortancia : comment s’était-il retrouvé à cette endroit? Des rumeurs affluèrent alors de partout, si bien que tous y trouvaient matière à satisfaire sa logique interne. Certains voyant en Soth un nouveau Prophète affirmait que le Père lui-même l’avait enfermé en ce lieu jusqu’à ce que les Mortanyss soient dignes de la retrouver. Refusant ces prétendues balivernes, d’autres affirmèrent qu’ils avaient appris d’un frère qui lui l’eut appris de la bouche même de Soth qu’il s’y était enfermé par ses propres désirs et moyens. Les histoires se multiplièrent encore davantage. Comment… et pourquoi? Le comment ne fut jamais éclaircit, mais quant au pourquoi, il y eut assez de rumeur que chacune d’elle avait son contraire exacte.

L’une des hypothèses, bien malheureuse, demeure toutefois de rester dans les annales de l’éternité. Au Premier Temps, à l’ère où les Mortanyss connaissait les ravages de leurs souvenirs, Soth était, car il fut toujours le commencement. L’on prétend que les souvenirs de Soth renfermaient une douleur que nul Fils de Kalos ne pouvait endurer, une douleur qui déchire les entrailles, sublime l’esprit et éventre l’âme. Soth aurait été un mutilé par la mémoire, si bien qu’il ne finit par faire qu’un avec elle, unit à jamais dans la souffrance. Lorsque le Père balaya d’un geste clément la mémoire des Mortanyss, Soth n’y fit pas exception. Vide, Soth n’était plus qu’un immense vase de néant. Vider de sa mémoire, l’on affirme qu’il fut purgé de toute émotion, toute sensibilité, à jamais serait-il fade – toute passion en lui serait morte. La véritable Soth n’était que ruine et assombrit son âme dans l’abandon de soi, s’enfermant à jamais dans le lieu le plus stérile de ce monde, vide de vie comme lui-même le fut.

La part foncièrement insolite de ce mythe puise sa force en ce que devinrent les passions de Soth. Évitent la crevasse gourmande du néant, mais chassée de sa conscience, la mémoire de Soth se condensa au centre de son corps, et si lourde fut-elle qu’elle créa une masse, un cœur : le Viscère de l’Élu.

La légende veut que le cœur de Soth transmet ses passions, ses désirs, ses peurs, ses joies et ses rages aux gens qui l’entourent. Soth ne vit plus ses propres rêves, mais il les fait vivre aux autres. Sa rage sera celle de son peuple, son calme sera le leur, mais lui à jamais sera vide… À travers son cœur il aurait eu le pouvoir de causer le désespoir et l’espoir, galvaniser les troupes à la victoire autant que fomenter la furie de l’anarchie ou la sérénité apaisante du calme éternel.

Alors que Soth est désormais défunt, et son corps divisé dans les pierres éparpillés, le murmure de ce mythe ancestral perdure et tôt ou tard, quelqu’un tentera de vérifier si ce ne fut que mythe ou réalité…
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:57

De Xhilyan'ntru.

Citation :
Les Ghuluz

Lorsque les fils de la mort étaient encore jeunes, certains de ces Mortanyss vouaient une hargne particulièrement flamboyante contre les êtres mortels. Dans cette nuit des temps, les Mortanyss auraient d'ailleurs menés des guerres primitives contre les vivants, dont les échos de la sauvagerie se répercutent encore de nos jours dans la méfiance et le mépris qu'éprouvent nombre de mortels face aux morts qui marchent.

Il fût un temps ou la mort était sauvage.

La famille existait d'ores et déjà, mais existait dans un état constant de guerre. Cette terriblle croisade contre la vie se serait terminée avec la disparition de la Légion des Damnés, mais certains récits relatent que la guerre pour la mort appartient à une époque encore plus reculée.

La légende retient un nom, et un récit; celui d'une soeur, Irznaïgd, grande nécromancienne.

Irznaïgd s'était spécialisée sur l'animation, plus précisément, l'anima animata, l'art d'animer - ou réanimer - grâce à une âme. Très impliquée dans la guerre, elle cherchait à créer des commandos de mort-vivants autonomes et efficaces. Hors, les réanimations standards de la nécromancie se devait de préserver une proximité de leur créateur afin d'en recevoir les ordres.

C'est en revenant de Sombrum - il était connu qu'elle fréquentait un groupe ou une famille de nécromanciens nargolith - qu'elle revint avec l'idée qui amènerait bientot la naissance des horribles Ghuluz.

D'autres versions prétendent qu'elle aurait fait affaire avec des démons, ou avec Narshoul, mais c'est très débattu.

Quoi qu'il en soit, les Ghuluz ne pouvait être issus que d'un monde infiniment plus sombre et affreux que Teilia. Réanimés à l'aide d'un corps vivant dont on emprisonnait l'âme, qu'on bannissait ensuite dans un autre plan; un monde vide, qui ne s'ouvrait que sur un gouffre vomissant le plus profond des néants, les Ghuluz étaient tout à fait effrayants.

Leurs corps prenait une maigreur surnaturelle, leurs yeux s'assombrissaient au point de prendre la couleur de leur âme égarée et noircie et leur bouche...leur bouche était le plus horrible. Ils gardaient incessament la bouche ouverte, en un cri silencieux et sans fin. Leurs mâchoires s'ouvraient, jusqu'à tordre et déformer leurs visages, à les drapper sous l'absolue présence de leur bouche affamée.

Les Ghuluz n'étaient que bouche, et faim. Faim pour ce qu'ils avaient perdus, ce dont ils avaient été privés, faim pour ce qui amputait, castrait leurs êtres tordus. Dans le néant ouvert et hurlant qui s'ouvraient sur leurs têtes défigurées, ils aspiraient les âmes des vivants, sans qu'aucune résistance ne soit possible. Qu'ils fassent face à un guerrier vautré dans la plus solide armure, ou par un mage enrobé des plus puissants sorts de protections connus et concus, les Ghuluz n'avaient qu'à s'approcher, doucement, leurs pieds effleurant à peine le sol, pour que l'âme s'échappe de son détenteur et gagne la perdition au fond de leurs gueules ouvertes.

Les Ghuluz, insatiables, firent des ravages dans les camps ennemis, s'abreuvant de toutes les âmes qui avaient la dernière malchance de les rencontrer. Bien qu'ils n'étaient pas spécialement nombreux, pour chaque homme ou femme que les Ghuluz dépouillait de leur âme, dix autres devenaient fous d'effroi. Car aucune victime des Ghuluz, même si elle bénéficiait de la clémence presqu'infinie des Cilias, ne se relevait. Les âmes dérobées ne gagnaient non pas la place réconfortante de l'au-dela, mais les indescriptibles ténèbres dont les bouches étirées des Ghuluz étaient les phares.

Irznaïgd avait inventé la mort définitive et ultime. L'arme par excellence.

Mais, était-ce parce que toute arme possède deux tranchants, ou par furie des Cilias de voir des âmes qui étaient les leurs leur être détournés, que la situation dégringola? Était-ce parce que plus les Ghuluz se gorgeaient de leur atroce pitance, plus leur faim croissait et maturait, que cette légende prit un tournant dramatique? Nul ne sait.

Les Mortanyss avaient déjà doublé leur territoire d'influence, que les mortels, qui s'étaient ralliés pour repousser les abominations eurent la surprise de voir la présence Mortanyss perdre du terrain et régresser de jour en jour. Un mal intérieur rongeait la Famille, et on se doutait déjà de la cause; les Ghuluz, prit d'une faim qui s'était allié à la rage et à la folie, s'en prenaient maintenant aux enfants de Kalos!

On dit qu'à force de dévorer des âmes et de nourrir leur faim, ils gagnèrent en puissance et en virent à avoir le pouvoir d'échapper au contrôle de leurs maîtres.

On dit aussi, simplement, que les Ghuluz n'avaient pas d'âmes, et étaient donc d'ores et déjà hors de contrôle; il n'aurait alors suffit que la pitance diminue pour qu'ils se mettent en quête d'une autre nourriture, à l'âme moins visible, ou présente, du monde matériel; celle des Mortanyss.

Par contre, la légende fait clairement mention du massacre qu'ils causèrent parmis les rangs Mortanyss, aucun de ces derniers n'ayant pu prévoir de voir l'arme de leur victoire se retourner aussi vite et sans raison apparente contre eux. Ceux qui pouvaient leur échapper devinrent fous de chagrin à l'idée que l'âme immortelle de leurs frères et soeurs avaient été dévorée à jamais.

Irznaïgd comprit rapidement l'enjeu et sa terrible erreur. Elle envoya une Voix familiale prendre contact avec les troupes de mortels, pour leur demander une aide immédiate contre les Ghuluz. Beaucoup de mortels croyaient que les Mortanyss ne recevaient que la conséquence de leurs actes - ce qui était très vrai, dans un sens.

Mais un nombre d'entre eux considéraient que la réelle abomination était les Ghuluz, et qu'au nom de toutes les âmes perdues, ils devaient aider les Mortanyss à s'en débarasser définitivement.

Irznaïgd convia donc tout ceux qui répondaient favorablement à cette aide au grand marais, qui se situe encore aujourd'hui à l'Est de Mortancia. Là allait se jouer l'affrontement qui allait soit décider de la vengeance dédiée aux âmes dévorées, ou à la perdition éternelle des leurs. Irznaïgd demanda aux mortels de la défendre pendant qu'elle et d'autres mages, mortels, préparaient un rituel.

En vérité, les troupes de mortels ne servaient que d'appât, de pâture, pour attirer les Ghuluz dans les marécages. Les armes ne purent strictement rien contre les gueules dévorantes, les doigts gantés laissant doucement aller leurs armes alors que l'étincelle de vie les fuyait, pour la bouche du Ghuluz qui pouvait se tenir à de nombreux mètres d'eux. Les flèches et les sorts en abattirent bien quelques uns, à condition de se voir complètement détruits; car aucune âme ne pouvait fuir les corps qu'on avait beau mutiler, mais qui persistaient à bouger pour tendre l'angoissant vide de leurs gueules.

Nombre de frères et soeurs auraient voulu se joindre à la bataille, afin d'aider Irznaïgd, mais elle avait clairement demandé à y aller seule avec les Mortels. Car la bataille n'était pas un affrontement, mais un sacrifice.

En usant d'un secret profane des Arcanes qu'elle seule connaissait, elle fendit, l'espace d'un instant, le flot des Mort. On vit, cette nuit-là, même de loin, la pâle luminescence d'une horde d'âmes qui s'élevaient des eaux inertes et puantes du marécage, pour envahir les lieux, de leur pâleur troublée et de leurs voix et cris mêlés en une symphonie toniturante de l'au-delà.

On dit qu'Irznaïgd commenda alors aux âmes, mais on dit aussi que les âmes en fuite, trop nombreuses, échappèrent totalement à son contrôle et ce n'est non pas la volonté de cette soeur, mais celle des âmes qui cherchaient à retourner au Grand Flot, qu'on attribue la suite des événements.

La masse criarde et voltigeante des âmes plongea sur eux, entraînant avec elle tout ceux qui s'étaient rassemblés dans le miasme du marécage; les âmes, fondant comme des oiseaux de proie, engouffrèrent avec eux les Ghuluz, les Mortels piégés et condamnés, ainsi qu'Irznaïgd elle-même.

En quelques secondes, après un timide remous des eaux troubles, tout le marais regagna un calme trop subit, trop spontané, mais néanmoins bien réel; il n'y avait plus âme qui vive dans le marécage. En fait, plus d'âme du tout.

La guerre pour la Mort perdit de son intensité, les deux camps ayant des pertes lourdes à essuyer et des plaies à lécher. On aurait aussi préféré ne plus jamais entendre parler des Ghuluz, ou d'Irznaïgd, mais on raconte parfois, à voix basse et dans l'ombre de la taverne locale, que certains, Mortanyss comme Mortels, auraient appercus des formes sous la surface apparament calme, de l'eau fétide des marais...parfois des visages de noyés, malgré leurs yeux troublés qui semblent regarder...parfois, des visages défigurés et tordus, à la bouche déployée grande ouverte.
On dit même qu'on aurait appercu, planant sous l'eau endormie, Irznaïgd elle-même, bien que cela remonte a si longtemps que personne n'est sûr de l'apparence de cette soeur. Était-elle une liche, une vampire, ou autre chose? Les témoignages divergent. On prétend qu'en fendant ainsi le flot des Morts, il se serait colmaté de lui-même, grâce aux âmes qui auraient cherché à le regagner, mais auraient alors emportés les autres âmes, dont le temps n'était pas encore venu, dans cette fissure...et qu'elle se serait fermée sur eux, piégeant ainsi tout ces êtres entre le monde matériel et le Flot des Morts, bloqués pour toujours sur l'une de ses rives inexplorables.

Mais tous les témoignages se rassemblent tous sur un point fondamental; Il y a des choses qui dorment et qui attendent sous la brume et les eaux figées de l'ancestral marécage.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:57

De Eazox.

Citation :
Elix

Sur les landes vivent une panoplie d’individus. Certains croient que tous suivent une voie commune, tracée par les Cilias eux-mêmes, communément appelée la destiné. D’autres portent à croire que la volonté de l’individu le pousse à devenir ce qu’il est. Peu importe finalement la croyance, nous écrivons tous à notre manière l’Histoire. Certains parvenant à la marquer davantage que d’autre, soit en Bien, soit en Mal. Ces derniers prenant le rôle de Vilains, tandis que les premiers deviennent des Héros. Mais nul n’est incorruptible. Chacun possède une faiblesse bien précise à exploiter. Un vieux proverbe mentionne ce fait concernant les Héros : Mieux vaut mourir Héro que vivre assez longtemps pour devenir le Vilain. Pourtant, Héro ou Vilain, lorsqu’il s’agit d’une Guerre opposant deux peuples, tout devient une question d’allégeance. C’est ainsi que les Daëlwenas parlent d’Elissë le Traître. Alors que les Mortanyss voient plutôt ce Daëlwena comme étant un Purificateur.

Elissë, celui qui rapidement s’établit comme un Héro dans la Guerre opposant son Peuple aux Mortanyss. Celui-ci réalisant prouesses après prouesses, travaillant en duo avec le Commodore Celethir. On pouvait facilement discerner un avenir brillant pour celui-ci. Contrairement à la croyance populaire, le Daëlwena ne portait pas une réelle haine envers ces ennemis mortans. À vrai dire, il vouait un respect à la Légion des Damnés, admirant leur fait d’armes. Cependant, il possédait ses convictions propres. Il devint rapidement un fort symbole pour son Peuple, les plus jeunes s’identifiant rapidement à lui, alors que la gente féminine tombait sous les charmes du jeune homme.

Lorsque Soths, l’Élu, envoya sa Légion dans la Forêt Éternelle, Elissë fût au premier rang pour accueillir les visiteurs. Un rudoyant combat s’amorça dès lors, où rapidement les Damnés prirent le dessus. Puis vint un moment crucial dans le déroulement du combat où le Daëlwena parvint à trancher la tête d’un Damné, celui-ci s’écroulant inerte. Le mythe faisant référence à l’invincibilité de la Légion tomba au même moment que la tête et rapidement les Daëlwenas remontèrent l’écart. Bien vite, il ne restait plus qu’une quarantaine de combattant. Un fait inexplicable se produit, les Damnés s’écroulèrent d’eux-mêmes, peut-être pour certains suite à leurs blessures. Elissë contempla le champ de bataille, lorgna autour de lui, la forêt avait pris feu. La Mort avait envahi la Forêt, mais pas uniquement celle-ci.

Soudainement pris d’une fureur inexplicable, le Daëlwena se tourna vers les siens et fonça vers ceux-ci, les décapitant tour à tour, en empalant même un au bout de sa lance qu’il planta dans le sol pour poursuivre le combat. Le sang giclait de toute part, tachant le visage de celui qui était désormais devenu fou. Il se retrouva entouré finalement de cinq Daëlwenas, les derniers survivants, dont le Commodore Celethir lui-même. Le combat pris des proportions encore plus violentes. Il continua à combattre avec une rage qu’il ne connaissait point. Il tournoya sur lui-même et alla enlever la vie à trois d’entre eux d’un geste à la fois vif et précis. Un autre tomba alors qu’Elissë esquiva une attaque qui alla tuer l’un des trois Daëlwenas restant en vie. Il se retourna pour éliminer le cinquième d’entre eux. Puis il s’arrêta net. Comme si il venait de prendre conscience de ce qu’il avait fait. Sur ses genoux, il balaya la scène. Remarquant l’herbe tachée de sang, une fine rivière coulait autour de lui. Il réalisa dès lors que la Mort autour de lui le rongeait. Elle venait de se servir de lui pour réaliser ses desseins. Une larme coula d’un seul œil, l’autre renfermant encore trop de haine pour laisser aller quoi que ce soit. Il jeta sa lame au loin. Soudainement il réalisa, mais trop tard. Une pointe froide vint lentement presser contre sa chaire. Il ne se retourna point, il savait à qui elle appartenait : Celethir. Il inclina dès lors sa tête, présentant son cou à celui qui fût son mentor. Une longue inspiration s’en suivit. Il sentait néanmoins une hésitation de la part du Commodore. Ce bref instant où le doute persistait dans l’esprit de son désormais adversaire, il l’a pris pour amasser une lance qui trainaît devant lui et il se l’enfonça lui-même dans son ventre se transperçant allant empaler Celethir au niveau de la gorge. Les deux Daëlwenas s’effondrèrent. Le néant vint lentement se fermer sur lui, sur sa Vie.

Peu de temps après, un Mortanyss foula le sol de la Forêt Éternelle. Constant les dommages créés par le dernier combat de la Légion des Damnés mais aussi de maints membres de l’élite daëlwena. Des bruits de pas parvinrent aux oreilles du Daëlwena. Un pas franc, décidé qui se dirigeait lentement vers lui. Une main froide se posa sur son front. Soudainement il se sentit revivre. Une symbiose entre leur corps respectif se produisait. Ils se transmettaient leur Mal respectif, permettant à l’autre de survivre. Désormais, ils seraient attachés éternellement dans leur Mort respective. L’un permettant à l’autre de survivre au Mal de la Mort alors que l’autre lui permettait de survivre au Mal de la Vie. Une telle ironie pour deux opposants éternels, il savait dès lors que sa Vie se trouverait à jamais changée. Un bruissement se fit entendre alors que le Mortanyss vint coller la commissure de ses lèvres près de son oreille. Une proposition, une promesse, un don éternel, voilà ce que les mots lui transmettaient. Il se servit de ses dernières forces pour laisser aller sa réponse. Un mot si simple composé que de trois petites banales lettres. Un mot qui venait de celer sa destiné pour l’éternité.

-Oui.

Le Daëlwena s’éveilla soudainement dans une salle. Un lieu de repos éternel pour lui, il se trouvait dans un sanctuaire où la Mort se trouvait assez forte pour le préserver. En relevant le regard, il remarqua une armure posée sur un présentoir. Il la lorgna pendant un bon moment, la détaillant dans ses moindres recoins. Il se leva et alla poser sa main sur celle-ci. Le métal possédait des capacités particulières. Il ressentait la même chose que lorsque le Mortanyss l’avait touché. La Mort prenait naissance dans cette armure. Il comprit dès lors qu’elle lui était destinée. En plus d’être forgé à sa taille, il sentait clairement un lien bien plus puissant entre elle et lui. Derrière lui, le Mortanyss l’observait avec un œil attentif. Il ne disait point mots. Il demeurait complètement immobile, masquant en partie la porte devant laquelle il se tenait. Elissë glissa sa main sur l’armure lentement. Des Zombies sortirent dès lors de la pénombre et se mirent à saisir les différentes composantes de l’armure d’Abyssium. Rapidement, ils la glissèrent sur le corps du Daëlwena, finissant les derniers ajustements. Il prit son heaume et il l’enfonça sur sa tête. L’armure possédait des propriétés bien différentes à ce qu’il connaissait. Elle était bel et bien vivante. S’ajustant constamment pour lui permettre de mieux bouger, ne créant aucune altération sur son agilité. Encore plus que cela, elle lui permettait d’augmenter sa force, et lui donnait une capacité de saut impressionnante. Et le plus intéressant, c’est qu’il la contrôlait dans la moindre de ses fonctions. Il se tourna finalement vers le Mortanyss qui s’avança lentement vers lui. Elissë posa un genou au sol devant celui qui l’avait vraisemblablement sauvé.

-Désormais, tu porteras le nom de…

Le Vampire pris une longue inspiration, puisant dans ses songes les plus sombres. Le Chevalier entendit les bruissements autour de lui, la Mort murmurait quelques paroles incompréhensibles. Puis l’Élu baissa son regard sur le Daëlwena.

-D’Elix…

Elix, deux syllabes, deux syllabes qui le déterminait pour l’éternité. Un nom si simple mais qui allait prendre des proportions bien au-delà de ce que le commun puisse imaginer. Le dernier des Damnés, oui le dernier puisqu’ils en avaient fait leur Élu sur le champ de bataille, leur esprit s’étant infiltré dans son enveloppe corporelle. Demi-Mortanyss, Demi-Daëlwena, une sorte d’hybride entre la Vie et la Mort, le Purificateur de l’Élu Soths lui-même. Le Vampire racla sa gorge, son regard toujours rivé sur lui.

-Le Premier Chevalier de la Mort…


Dernière édition par Conteur Allakhazam le Lun 22 Sep - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:58

De Haze.

Citation :
L'épopée d’une guerre Révolue.
(ou, Histoire des Corbeaux)

-¤-

Depuis temps immémoriaux, deux peuples semblent voués à s’entre-déchirer. Gorlaks et Hastanes, sous tutelle de Cilias antagonistes, en leurs noms, édifièrent cette guerre quasi-intemporelle, vécurent en perpétuel conflit, et apprêtèrent charniers aussi vastes, que leur Haine mutuelle.

Les âmes, elles racontent les temps révolu. Et le temps du Conflit, en est un. Leurs susurrements font écho, en Qartagh, et peuvent se capter de sens attentifs, patients et assidus. L’Épopée, aussi vaste et infinie qu’il est d’âmes, sera là pour raconter l’histoire des Antagonistes, et celle des corbeaux, qui observèrent le champs de bataille, avide de tout ce que peut receler le charnier, en marge. Au nom de leur mémoire, de leur éternité, voici leurs impressions, paroles, que l’écrit interdit désormais de s’étioler. Formant une épopée qui au gré des récits ne saura que s'étendre.


-¤-


Xyn’thzxi
Au nom des éternités.

Au sein du conflit, mortanyss avaient, sous Ancestrale : Maternelle et Paternelle égide, juré neutralité. Ceci leur évitant d’avoir à dos l’une des deux nations les plus puissantes de l’entièreté de la lande. Ces derniers préférant d’ailleurs nettement lorgner vers les hauts lieux de combat, corbeaux posés aux abords de la mêlée, comptant les morts, louant Kalosienne gloire, et priant pour le bon aller des âmes vers le Qartagh. Admirant magnificence de l’œuvre que les lames, les piques, les sortilèges et les flèches, avaient pu créer. Louant tantôt la beauté des corps tantôt ennemis, dont la mort permettait enfin étreinte, tantôt mélange coloré auquel la créatrice, jamais, n’aurait songé pour son œuvre. Les carmins et les bruns des sangs tantôt frais, tantôt secs, se mêlant au rosé, aux blancs et aux verts des peaux, l’émergence grenat, pourpre, et rose des tripailles exposées laissait entrevoir l’idée, sur un tel tableau, de roses effeuillées sur les corps ayant chut. Les étendards, les oripeaux, coloraient le tableau d’un arc-en-ciel que même un nébulix tout particulièrement imaginatif aurait grand-peine à concevoir. Les armures et armes gisant éparses, de ci de là, donnait éclat lumineux, reflétant auras solaires ou stellaires, ou bien encore celles des torches et brasiers laissés embrasés, alors que le sol imprégné des sucs de tout ces cadavres, gorgé, formait zone ombreuse entourant ces derniers. Donnant un peu de vie au tableau, s’attardaient, méfiants, autour des carcasses les vautours des derniers instants qui pillaient ces derniers, leur offrant pour tout final hommage l’ultime dépouillement du peu siégeant sur et auprès de leur carcasse. Ou il était encore ceux et celles qui venaient trouver, recueillir, ou pleurer leurs morts, ou tout ceci à la fois, nettement riches du savoir qu’une flèche bien décochée saurait peut-être s’empenner en eux, s’ils n’y prenaient garde, et que plus promptement qu’ils ne l’eurent cru, ils iraient retrouver l’être cher perdu.

Pourtant, quelques âmes mortanes, observateurs extérieurs au conflit, tels que sont les Cilias, lorgnant de leurs lointains fiefs la lande où ils semèrent graines, promis à la neutralité, avaient pourtant un parti pris. Xyn’thzxi était de ceux-ci.

Kalos avait gâté ce mortanyss du don de l’onirisme. Son corps, desséché, épuré, grandi, était celui des enfants Cryptiques de Kalos, taillés pour la grandeur de corps comme d’esprit. Et bien que Xyn’ n’eut plus ni tripes ni viscères, il n’en demeurait pas moins un mort de cœur. Et son cœur, était tout entier familial, gonflé des amours qui s’enflent par delà la mort. Voué, à sa famille qui fut dans la vie, comme celle qui fut dans la mort. Certains jugeront la chose gravement parjure, voire erronée, comme d’autres encore, en seraient touchés. C’est son cœur, tourmenté et ballotté, qui mena Xyn’thzxi à émerger de la neutralité. Car famille engravée en son cœur, famille d’Avant Premier Don, était de souche Hastane. Et le cœur indéracinable, se vit tordu, ballotté, entre voies familiales évoquées, et salut de son second pan d’éternité : la descendance.

Son fils, désormais unique compte tenu des pertes d’importance qu’apportaient les fruits de la guerre à la vie, était voué à la Légion, comme tout homme de sa trempe. Et avait acquis, au gré de cette trempe exacerbée, poste de responsabilité qu’il tâchait de porter sur ses épaules. Une cohorte de cents hommes, était sous ses ordres. Tout ce que les entrailles de sa défunte épouse avait mis au monde, avait été fauché comme le blé mur. La guerre demeure l’automne des vies arrogantes et braves, et la moisson était généreuse. Xyn’thzxi s’était fait connaître de son ultime filiation, trop tourmenté pour taire la vérité. Ladite filiation, malgré la stupeur et la révulsion des premiers instants, avait su l’accepter, reconnaissant par delà la mort caractère et trempe de celui qui l’éleva.

Niché sous une forme méconnaissable, apparence de noir volatile qui ne tenait en rien de la métaphore, parmi congénères vivants et animaux qui attendaient un peu de quiétude pour s’en donner à cœur joie, à coup de bec, dans la festive bombance que représentaient pour eux le charnier, Xyn’thzxi lorgnait de ces yeux aussi noirs que vides orbites, attentif aux gestes du dernier arbre qu’il avait semé de son vivant. Le jeune homme, Enguerrand –qui ceci dit portait on ne peut mieux son nom-, avait jeté avec violence son cimier dans la sanglante fange, et s’était agenouillé près de son bras droit, Décurion Matzerath, avec qui il avait partagé pain, confidences, et vie, durant maintes années. La rage, et le chagrin avaient fait de lui un homme aveugle, terrassé comme si la lance de l’affliction lui avait perforé vital organe. Il se mit à écumer et rugir, déchirer la toile de l’étendard brunâtre que le gorlak qui le portait, pris de peur en l’apercevant en tel état, eut laissé choir, comme si le geste futile eut pu lui ramener son frère d’arme, et attirer bonnes grâces Kalosiennes pour rendre la vie à celui qui l’avait perdu. Puis, le Centurion se fâcha pour de bon. Poussant l’un de ses hommes armuré avec énergie, sur un second, qui ne purent que choir pathétiquement en cliquetis métallique, un troisième ne put que l’entendre rugir avant de choir à son tour, emporté par la gifle que le gant de plate accentua ostensiblement. Matzerath avait dû s’élancer au secours des Légionnaires qui avaient quitté leur formation, et désorganisés, offraient un vulnérable flanc. Et de ce fait, Enguerrand n’avait de cesse d’écumer. Un quatrième lâcha sa pique, et en même temps laissa tomber dans la boue son orgueil pour aller courir au devant des autres légionnaires, afin de faire mention que leur capitaine était possédé de quelque narshoulien esprit qui lui avait fait perdre bon sens et raison. Puis le Centurion rassembla le peu de calme lui restant, se renfrognant pour éviter nouvel éclat et nouvel esclandre. Il prit sous son bras son cimier souillé, dont l’ornement autrefois immaculé avait pris la teinte rouille de la terre sanglante. Il donna ordre de ramener corps du décurion en lignes Hastanes, afin de lui faire final hommage qui lui était dû. Et sitôt la chose faite, ses hommes retirés derrière les lignes, veillant le corps de l’un de leur chef, ceux qui les dirigeaient s’en fut vers un lieu isolé, sous le couvert de la nuitée et des massifs feuillages. Courant vers son père, le mortan Xyn’thzxi.

Les feuillages dansaient dans la nuit noire, et on ne distinguait leurs mouvements, qu’à la tendresse de leur chant. Le vent faible de l’été charriait l’odeur du champ de bataille, assez près des boisés pour semer jusqu’en antre de la vie, l’odeur de la mort. Enguerrand allait et venait sur le sol herbeux, son cimier souillé coiffant désormais une souche. Appelant son père d’une voix angoissée, de son nom d’antan, tout au chagrin qu’il se devait de cacher devant ses hommes. Préférant devant eux le masque de la colère, si proche de la bravoure, plutôt que celui du désarroi qui mènerait une grande part des légionnaires à la couardise.

Puis, un lapereau immaculé s’avança jusqu’au guerrier tourmenté, leva son museau rosé, et prit la peine de le lever vers le visage tordu de chagrin, frémissant pour renifler. Les yeux d’Enguerrand se posèrent, sur ce dernier, et plongèrent dans les billes étonnamment noires qui faisaient officie d’yeux à l’animal. Le temps d’un cillement, son Père, au corps desséché et distendu, se tenait devant lui. Enguerrand franchit d’un bond la distance les séparant, accourant comme l’enfant blessé, pour tomber à genoux sur le sol couvert d’herbes et de feuilles. Xyn’thzxi l’étreignit, entre ses bras décharnés, son corps étiré drapant celui, plus trappu, du guerrier, le berçant contre lui, enfant musculeux étreint par un vieillard sans chair, alors que les larmes qui n’avaient eu occasion de couler étaient enfin versées.

-Mon Enfant, pouquoi pleures-tu ainsi ? Quel est donc le chagrin qui t’a brisé le cœur ?
-Tu le sais, père, tu le sais forcément ! Ne m’obliges pas à te dire, te raconter…
-Je surnageais parmi la rêverie, et survolais à peine la réalité. Confie-toi à moi.

Et fils obéissant, Enguerrand lui raconta tout. La mort de son frère d’armes, la désobéissance et la faute de ses hommes, faisant donc, compte tenu de son commandement, la faute sienne. La rancœur contre les gorlaks si avide de vie et de sang hastane. Le manquement, au devoir, au sacrifice qui dut être fait pour défendre son ami et allié. Décrivant le nom de la Gloire du Juste, qui fut ternie. Xyn lui tappota l’épaule, son visage distordu également par le chagrin, les muscles exposés et désséchés de son faciès exposant chagrin franc.

-Ô mon fils, mon chagrin et ma fierté à la fois. Entamant mon cœur mort plus efficacement que n’importe quel coutelas. Si j’eus su… t’aurais-je mis au monde, désormais que je sais que tu iras si vite à Lui ? Pourquoi t’ai-je donc offert avec tant de déférence, t’ai-je élevé à mon image, si toi aussi tu lui es si promptement réservé…
-Telles sont donc volontés du Cilias Putride ? Crois-tu que je doive me soumettre à lui, je dirai nisi, je suis servant et fervent du Juste, peut-être ton état, ton statut, et comme tu le dis à tort, tes Dons, te le font oublier… Pourtant… je sais que tu es de ceux qui sont près d’Odéon. Pour les voies du Justes, comme tu me l’appris, je me battrai jusqu’à mort, jusqu’à folie.
-Telles sont les volontés de Kalos, et je t’ai dit, ne parle pas ainsi de Lui, devant moi ! Ô mais comme je regrette qu’en te donnant vie, je te soumis alors à une vie nog seulement éphémère, t’apprenant la Kreckz, au lieu de l’Ootherkreckz, mais également pleine de malheurs qu’apportent l’orgueil de la vie qui ne sait se préserver, vouée à être happée par la mort. Peut-être le Père voudra-t’il punir ton père, de trop aimer, de trop t’aimer. Les Cilias calculent, et Lui plus que tout autre…
-Mais toi qui es près de la mort au point de la cajoler chaque jour comme une amante jeune qu’on chérit et à qui on offre tout… Si près de lui que tu appelles Père, au mépris de ton réel lignage… Ne saurais-tu pas intercéder en notre faveur. N’aimes-tu point assez, n’a tu donc plus ni orgueil ni cœur ? Serais-tu déraisonné ou apatride ? Où est donc celui qui forma mon esprit à la justice, et mon bras à l’épée ?

Enguerrand se remit à faire les cents pas, se libérant de paternelle étreinte.

-Je ne saurais m’opposer à Ses volontés, comme autrefois je servis avec une ferveur aveugle la Kreckz. Je ne peux que me chagriner que de perdre celui que j’aime. Je sentirai ton âme, à travers la toile qui nous lie dans la mort… mais ce ne sera semblable, et je sais que si j’avais encore quelque eau et quelque sang en mon corps, je les pleurerais par avance, de ce que je prévois pour avoir trop vu.
-Pourquoi père ?! Pourquoi me dire ceci, maintenant, alors que j’ai justement besoin que tu me confortes, et me mène au combat. M’enhardisse, comme tu savais si bien le faire autrefois.

D’une voix éteinte, étouffée, Xyn’thzxi lui répondit.

-J’ai toujours prié hardiment Kalos, pour qu’il prolonge le filin de ton existence, l’exhortant des mandats d’importance que tu avais, en cette lande. Je savais que le fil de ta lame lui offrirait mille premiers Dons. L’exhortant de l’amour sans condition que je te porte toujours : lui aussi, est Père, et aime sa filiation. Mais le Calcul, le vaste calcul… Il a raison de mes espoirs les plus sauvages qui te veulent ma seconde éternité, en un lignage à jamais perpétué. La Famille, veille à ses intérêts et aux Siens. Le salut d’un camp, ou de l’autre, n’intéresse pas la majorité. L’immortel ne saurait risquer pour une vie, vouée tôt ou tard à Lui revenir… Et rares sont immortels comme moi qui risquent leur nog-vie devant les siens et devant Kalos pour plaider votre cause.
-Mais… tu es un immortel ! Kalos ne saurait point te heurter.

Xyn eut un rire triste, sans humour.
-Le Père peut ramener à lui qui il veut, déshériter ses Fils du Don Second qu’il eut grâce d’octroyer… Et il est pire sort pour nous : il peut nous jeter en Abymes du mortulum, proscrire nos âmes devenues indignes de lui en perpétuelle errance, hors de Son Royaume, où la folie guette comme prédateur, vouée tôt où tard à bondir et happer.
-Tu es donc en danger… - dit Enguerrand, d’une voix atone, vacillant comme un homme pris de boisson.
-Je suis condamné, et toi aussi mon enfant. Hormis si tu réussis ce que nul mortel ni immortel n’a fait à ce jour. Triomphe de la volonté Ciliane. Hâte-toi déjà de mener quelque jeunesse charmante jusqu’à l’autel, unissez vous et de grâce jetez quelques bûches sur les braises de notre lignée, qui par malheur déjà s’éteint. J’aime ma famille, de toute mon âme, et par delà la mort, tu demeures mon fils ! Cilias ! Père, en quel dilemme suis-je !

Xyn’thzxi recula, lentement. Sa voix, comme la brise estivale, s’éteignant doucement.

-Père ! Demeure à mon coté…
-Je ne saurais essuyer tes larmes, et te rendre courage comme antan… Suis la guidance paternelle, comme j’en fais autant. Malgré mon chagrin, tu demeures le sang que j’ai perdu, et la fierté qui ferait battre mon cœur si j’en eus encore un….
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:58

Suite de l'Épopée, de Haze.

Citation :
La voix se dissipa, complètement. Enguerrand essuya ses larmes. Lorsqu’il ouvrit ses yeux asséchés par sa main calleuse, toute trace de son père n’était plus à ses yeux ni à ses sens.

Les combats perdurèrent. La guerre, aussi. Les corbeaux demeurèrent corbeaux. Et la récolte des âmes, la Ciliane moisson, ne trouva pourtant son terme avec le changement de saison. Les fils obéirent à leurs pères. Au début de l’automne, Enguerrand s’était déjà trouvé compagne. Et à la fin de cette même saison, il l’avait déjà engrossé.

Pourtant, Xyn’thzxi, tourmenté, se voyait sans visage et âme chagrins aussi souvent qu’un kheijan sans une piécette dorée : c’est-à-dire, jamais. Un dilemme entre souhait de prolifération de lignée, voie pourtant réservée à l’Honnie, parjure au Père lui-même… L’esprit divisé, impossible à fusionner, il demeurait tourmenté. Rêvant trop souvent de la proximité de son fils, pour en être séparé. Veillant à distordre la réalité pour que l’onirisme soit plus vrai qu’elle. Son esprit alors qu’il veillait, les rêves et les corps, s’emplissait d’une joie effervescente, comme d’un chagrin innommable. Il veillait étroitement sa filiation, et comme il apprit à veiller la prolongation qui lui échut, après qu’elle eut émergé du nid des viscères de la fraîche épousée. Astreignant son âme à une veille continue, éloignant périls de son fils grâce aux forces de l’illusoire. Effarant gorlaks qui tombaient nez à nez avec le fils, de quelque illusion bien placée. S’insinuant en l’esprit de sa descendance pour lui permettre d’esquiver ce qui saurait le tuer. Détournant à tout instant les desseins de Kalos, de sa descendance.

Xyn’thzxi demeurait entre deux feux, sa famille dans la mort, et celle dans la vie. N’incluant les gorlaks en l’équation que comme le facteur à soustraire. Le vent des mortes frontières se faisant parfois prolixe en nouvelles de tout acabit, Xyn’ demeurait à son écoute. Un jour il charria, au gré d’une rumeur, transporté par familiale voix, un souffle qui lui fut désagréable. La rumeur, parlait de quelque manigance golake, afin de jeter à terre les motivations de l’ennemi, et piétiner tout le cœur qu’Hastanes pourraient mettre dans le combat. Et qui de mieux à viser, que le plus chanceux des Centurions ? Celui qui, lorsqu’il combattait, valait mille harangues faites aux hommes ? Jeter à terre cet homme, était jeter à terre sa cohorte. Et gorlaks n’ont aucune inhibition à transpercer l’homme au sol, non plus qu’à s’emparer tout ce qui fait son orgueil. L’assaut direct n’ayant rien donné, gorlaks décidèrent de briser son cœur, avant de le transpercer.

En somme, de s’en prendre à l’épouse transie, qui demeurait au bastion du campement hastane, comme soigneuse, acceptant la vie dans le péril, et dans l’odeur des carcasses, la vie frugale d’une campagne, au nom de l’amour neuf qui venait de se tisser. Et, de s’en prendre à l’enfant, qui semblait plus cher encore à Enguerrand, qu’il n’eut pu l’être à Xyn’, au point où même les gorlaks n’eurent pu rater telle évidence.

Xyn’thzxi tissait les rêves, et alors que l’information vint à lui, il prit parti d’en tisser immédiatement un. Où un portail, mènerait sur un îlot désert et éloigné, la jeune mère et la précieuse, et vivante, descendance. Où il enlèverait mère et fils, pour les mener tous deux loin du danger, vers leur salut. Ou, au moins, un rêve où il enlevait, et préservait le bébé. Il se morpha, immédiatement, prenant apparence sommaire d’un corbeau, et s’envola vers le bastion qui servait d’abri à sa descendance en péril.

Il trouva mère et fils assoupis, sous le couvert de la nuit. Approchant du ber rustique, où reposait l’enfant, ayant repris sa cryptique forme, il s’affaira à la discrétion, afin que rien ne vienne à attirer attention de ceux s’agitant sous l’étage où ils reposaient. Ses yeux d’ébène, portés vers la forme menue, agitée seule des souffles d’une respiration constante, comme tout poupon en santé. Puis il dévia son regard sur la mère assoupie au chevet de l’enfant. Drapée d’une tunique de lin fin, révélatrice des formes sans trop en dire, la mère évoquait madonnes soigneusement représentées en fresques de Citria. Son fils avait choisi d’une manière avisée : la femme était robuste, et apte à l’enfantement : la vie rude du front l’avait amaigrie, mais elle demeurait aussi solide qu’il se devait. Il devait s’en emparer tout deux, l’enfant, après tout, devant être nourri. Mais à partir de ce moment, Xyn’ s’interrogea : car quiconque sensé, jaugeant la femme hastane et le mortan, aurait parié gros sur cette première, si pari dut tenir sur l’idée d’un corps à corps à venir. Il se replia en ses réflexions, alors que son regard se reporta sur le ber et son contenu.

Les mains décharnées s’avancèrent doucement vers le poupon, alors que l’esprit mortan bouillait d’appréhension. Crierait-t’il ? Ameuterait-t’il troupes, qui reposaient à l’étage au dessous ? Encore heureux que le mort n’eut point de souffle, sans quoi ce dernier eut demeuré en suspens. D’abord, à son sens, il devait prendre l’enfant, espérant de tout cœur que la délicatesse de la manœuvre éviterait les cris, ayant expérience vaste de père, antérieure, à profit. Et si mère s’éveillait, il comptait lancer vers elle décharge de psyché, pour la clouer sur place, le temps, seulement, de créer un portail où il pourrait les traîner tous deux. Dès que les mains glacées par la mort eurent touché le poupon, ce dernier poussa maigre vagissement, frottant ses joues gonflées de ses poings menus et rougis. Demeurant d’une parfaite immobilité, hormis pour ses prunelles de cendre allant se porter sur la mère et nourrice, Xyn’thzxi angoissa. Elle dormait toujours, mais un cri digne de ce nom saurait très certainement l’éveiller.

En une manœuvre délicate, le mortan souleva l’enfant. Une brise fraiche, s’insinua à travers les tentures apposées pour couvrir les meurtrières dans la pièce, révélatrice de l’hiver qui rageait au dehors. Sans faire le moindre bruit, l’enfant ouvrit ses yeux d’azur, et les posa sur le mortan. Puis, qui l’eut cru, l’enfant lui sourit… évanouissant les peurs du mortan. Lui qui s’imagina milles agonies de la surprise et des cris, aurait-t’il su qu’en âge premier, l’enfant n’aurait vagi devant lui, son kidnappeur, mortan et émacié de surcroît, venu en pleine et froide nuit ? Les traits du mortanyss se tendirent en un sourire, premier depuis lustres qui avaient buriné le visage de l’ancien hastane de milles tourments et de milles inquiétudes. Scamandrios, il ne savait que ceci de l’ultime bourgeon de l’arbre de sa vivante filiation : un nom. Et ce nom, il susurra, avec la douceur paternelle qui lui revint en l’esprit comme un reflux de marée, alors que les doigts décharnés soutenaient l’enfant drapé de ses langes, qui recouvraient entièreté de son corps jeune et potelé, par ce temps glacial.

Et le questionnement ressurgit, comme il s’était envolé, alors que l’enfant posait son regard bleuté sur le faciès songeur aux tendons crispés. Le mortan avança ses doigts osseux, vers le visage poupin et rose, immobilisant ces derniers à quelques centimètres de la peau tendre, alors que son autre main se levait pour tracer la rune du portail, dans l’air lui faisant face.

Il ne pouvait pas… L’impression de porter préjudice à l’enfant était poignante, détonante, et retenait en sa gorge toute parole, comme sa main demeurait figée en suspens, inapte à tout tracé runique et tout geste. Stupéfié de sa propre impuissance, hébété de celle-ci, il vacilla. Il reposa, avec moult délicatesse, l’enfant en son ber, de peur de réellement le heurter en une quelconque chute.

À peine eut-t’il le temps de le reposer, qu’il sentit brûlure cuisante, entre les omoplates. Tournant à demi le cou, pour en entrapercevoir la source, son regard d’ébène se plongea dans le regard d’un bleu rappelant celui du nourrisson. Puis il se baissa vers le mortan dos, pour entrapercevoir une garde, qui pouvait capter son regard. La brûlure s’intensifia, et mortan perdit conscience et contenance, pour avoir pour finale vision, alors que poison distillé de belladones de la woalë s’insinuait en mortanes chairs, s’épandant plus promptement encore que s’il y eut du sang.

Le mort connut éveil. Son corps décharné était mis a nu. La toge le drapant usuellement avait été déchirée. La confusion allait de pair, avec l’éveil, rendant ledit éveil étrangement semblable Au Premier, celui du Don Second. La confusion, la douleur, et le sentiment de menace planant l’étreignant. Et, avec raison. Il ouvrit lentement les yeux, pour sans mal constater qu’il était reposant en geôles du bastion, le sol d’une froidure atroce sur lequel il reposait, lié, parlait avec clarté. Cinq silhouettes entouraient le mortan. A mesure que conscience emplissait son esprit, à manière d’un bassin s’emplissant d’eau au goutte-à-goutte, il réalisa que pieds et poings étaient liés au mur, tendant son corps décharné. Puis il reconnut les silhouettes qui l’entouraient. Outre Danaé, mère officiante du culte d’Odéon depuis même avant que Xyn ne perdit la vie, au visage ridé, et sévère , se tenait Hélyn, mère de Léna, l’épouse d’Enguerrand, fortement semblable et en outre fort séduisante malgré la grisaille de sa chevelure, signalant le crépuscule d’une existence. On trouvait, à leur gauche, Laodice, sœur de Léna, plus carrée que toute les autres silhouettes : musculeuse, sa cape signalait qu’elle était fraîchement enrôlée dans la légion, la guerre appelant parfois à ce genre d’enrôlements que la paix déplorerait, et son fleuret au clair énonçant pour elle qu’elle n’avait aucun désir de plaisanter. Et au centre, Léna. Son visage révélait une rage sans bornes, et en sa main, une dague incurvée, engravée d’herbrosite, et sa manière d’en faire couler la lame entre ses doigts, révèlait son impatience. Leur esprits, leurs rêves, leurs mouvements et leurs voix, Xyn’thzxi les avait déjà lu, entendu, analysé, observé. Il n’y avait qu’une silhouette, une seule, qui attira les sens de Xyn. Et sonna vive alerte en son esprit.

Le visage d’un vert tendre était partagé entre dédain et rage. Les oreilles en pointe tressaillant, révélant l’émoi dans lequel semblaient ses sens. Ses cheveux, nattés, étaient teints d’un vert rappelant celui du sapinage. Théän’thya, officiante daelwena, et brin d’herbage dans un fond de geôle. Jamais il ne l’avait entrevu, jamais connu. Mais la marque de l’Honnie qu’elle arborait au front, et ses airs, lui en exposaient bien assez. Tout illusionniste qu’il soit, Xyn’thzxi ne se berça plus d’illusion. Son sort n’aurait rien d’enviable.

Danaé prit parole la première. Énonçant d’un trait, à la fois, procès et châtiment, prédestiné par la position absurde d’un mortan décharné penché sur un ber, car toutes apparences semblaient bien parler contre ce dernier. Car parjure à Odéon ne se peut ni ne se doit d’être, ou de subsister. Tout ce qui porte tort à Hastanie, allant contre cette justice. Et révélant en Saint Nom de la Lumineuse Église et Inquisition que le non-être, devait cesser d’être, d’une manière pleine et entière, et ce de manière définitive. Xyn se tut. Il savait que les mots seraient inutiles, mésinterprétés. Ces femmes n’avaient pas compris, déjà, et compte tenu de leurs airs, peu importe ce qu’il dirait, elles ne comprendraient pas. Pour elles, il était coupable. Pour elles toutes, la haine, le dédain, l’incompréhension, était leur lot. Xyn’ n’émit davantage un son, alors qu’elles toutes lacérèrent ses chairs, son esprit et son âme, l’émiettant en son plus absolu entier, afin de le bannir à jamais de toute existence. Sa gorge était nouée, de rage étouffée, d’un chagrin manifeste. De la plus criante des injustices qui perdrait ses deux éternités à la fois. Et alors que les noms du Juste et de la Créatrice étaient hurlés en soubassements de la forteresse, lui, ne savait plus que prier. Et fières de leur succès sur la mort, laissant derrière elle bien peu de la décharnée carcasse qui fut Xyn’, représentantes de la vie et de l’engendrement retournèrent à la vie… et l’engendrement.

Une suivante lune, ordre d’assaut fut donné, sur arrière garde vouée au soins. Les hommes, non préparés, essuyèrent très mal cet assaut, et les pertes, parmi soignants et officiants, se firent lourdes. L’objectif des gorlaks était clair : progéniture du centurion, et leurs lames happèrent au passage les femmes et les soignants qui s’interposèrent sans réellement faire poids. Des femmes qui détruirent Xyn’ avec l’accord hastane, compte tenu des desseins néfastes qu’ils lui avaient publicisé, il n’en resta qu’une ou deux, pour pleurer les morts, plutôt que pleurer leur sottise et leur ignorance.

Enguerrand fut dès lors, tronc sans racines, ni sans branches. Surnageant en l’amertume de la présumée trahison paternelle, et la tristesse de la perte de sa filiation, il fondit sur l’ennemi en ultime assaut, bien décidé à n’en réchapper et à entraîner moult gorlaks en sa chute. Croyant toujours en sa chance du temps de Xyn’, comme il croyait en la force de sa rage et de sa lame. Alors que la pique gorlake l’embrochait de l’aine à la clavicule, perçant de manière millimétrique en failles de l’armure, se termina alors la seconde éternité de Xyn’thzxi. Kalos, ayant finalement rappelé ses desseins, à ceux qui délibérément s’en faisaient oublieux. Et ce fut réalisation de la prophétie que Xyn' eut énoncé. Et cet amour, pourtant si fort, qui les réunit tous en la mort. Kalos les assemblant enfin sous son égide, là où calculs tremblottants avaient failli.

Désormais, le peu restant de Xyn’thzxi demeure relief d’âme, mutilé et heurté des flux de l’Honnie, du temps, du Chagrin et de l’Illusoire l’ayant délibérément rongé. Demeurant en Qartagh, où il rend grâce d’avoir place accordée, s’étant difficilement relevé de la douloureuse leçon, d’un père pourtant aimant, il demeure présence, âme gardienne, des esprits et des âmes qui aiment, qui aiment trop, qui aiment mal, qui caressent l’ambition au point d’oublier leur mandat, et de caresser l’infini des folies. Gardien des âmes nostalgiques, passéistes, et des âmes chagrines. Rampant dans les méandres du peu d’éternité, lui étant demeuré. Ces écrits, désormais apposés sur papier, son une nouvelle voie, pour perdurer cette éternité.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 13:59

De Xhilyan'ntru.

Citation :
Fohwenlz, L'Aldenyar égaré

Cette légende tire ses sources d'une époque oubliée, dont seule la mémoire des Daelwenas et de leur fôret éternelle parvient à en préserver les détails.

On raconte qu'après l'assault mené par la légion des damnés, dont on ne recu aucune nouvelle après qu'elle se soit enfoncée en territoire daelwena, des siècles plus tard, parvint a Mortancia, un être fort étrange. Croyant d'abord une attaque des enfants d'Aeltisis, les Gardes Mortanyss furent bien forcé de baisser leurs armes quand ils remarquèrent la créature qui s'avancait, doucement, lentement, en terres mortes.

C'était un arbre géant, animé, qui progressait doucement par l'effort de ses racines qui rampaient et remuait dans la terre stérile. La créature produisait de longs grincements sur son chemin, tanguant tranquillement d'un coté et de l'autre, sans parler. Ses branches, noueuses et dénudées de verdure, son écorce, craquelée et sèche, furent des indices - mais ce qui frappa le plus les Mortanyss, c'était la collection de squelettes pendus au bout de ses branches, certains corps possédant encore des parcelles de chair en décomposition.

La chose se déclara enfin d'une voix longue et grincante, au milieu des questions dont les Mortanyss l'inondait. Elle prétendait être un Aldenyar, du nom de Fohwenlz, et qu'il était simplement perdu. La discussion ne perdura pas longtemps avant que les Mortanyss se rendent compte que cette créature n'était pas tout a fait lucide. Fohwenlz semblait sénile, amnésique, et manifestement incapable de faire la différence entre le bien et le mal.

Ce dernier aspect plu aux Mortanyss, et ils décidèrent, encouragés par leur curiosité, à garder Fohwenlz avec eux. Après que les nécromanciens l'aie examinés, ils déclarèrent que L'Aldenyars était une espèce de végétal mort-vivant, dont une part de l'essence ressemblait étrangement a celle des Mortanyss. On dénota aussi chez l'être une puissance mystique énorme.

Dans les jours qui suivirent, tous pouvaient s'en rendre compte. La nature autour de l'Aldenyar dépérissait peu à peu, transformant lentement le boisé et les clairières aux alentours de Mortancia en une forêt désolé, stérile, morte. Tous les arbres perdirent leur feuillage, leur bois s'assécha, se fendit, pour prendre un aspect similaire à Fohwenlz. Dépassant le reste des arbres par sa cîme rammifiée, il semblait être le roi de ce lieu de désolation et de mort.

Les Mortanyss ne purent que louanger et fêter ceci, clamant que Fohwenlz était un don de Kalos...jusqu'à ce que la créature dévore un chevalier d'Abyssium, après l'avoir immobilisé dans ses racines.

On voulu immédiatement abattre l'arbre mort-vivant, mais des sages Mortanyss vérifièrent que Fohwenlz n'avait pas voulu s'en prendre à un frère, mais a l'Abyssium.

En effet, la légende raconte que l'Aldenyar ne puisaient ses forces que dans un seul minéral de la terre, l'Abyssium. On réussit a savoir de lui que de là ou il venait, cette ressource était abondante, mais maintenant qu'il s'était perdu, il perdait peu a peu ses forces.

Néanmoins, il avait dévoré un Mortanyss, et ceci demeurait inexcusable. Le jugement de la famille se prononca donc: En échange d'un apport constant en Abyssium, Fohwenlz devrait rester, pour l'éternité a venir, dans l'enceinte des montagnes, afin de prepétuer son aura de mort dans les terres mortes, et de les défendre de sa sinistre magie.

La légende retient que Fohwenlz se serait plié à cette décision, mais, dans l'obscurité de son esprit sénile et dérangé, il ne se souviendrait même plus pourquoi il est là, et il se serait endormi, pour faire partie intégrante de la fôret morte, prenant l'aspect d'un arbre ordinaire, bien que manifestement plus haut et plus vieux que les autres.

On dit que la dernière personne qui a pu s'entretenir avec lui, et qui sait le comprendre, est un vampire daelwena tout aussi dérangé que lui. Afin qu'il demeure vigilant a la tâche, lui et le vampire auraient créé trois esprits pervers, appelés nymphes noires, engendrées depuis le sang du vampire et la sève souillée de Fohwenlz.

Les nymphes noires demeureraient cachées autour de l'Aldenyar, jouant et riant entre ses branches tordues ou au pied de son vieux tronc fendu. Elles n'apparaissent, selon la légende, qu'exceptionellement et sont les maîtres de la cachette. Elles se présentent parfois aux Mortanyss comme aux mortels, afin de jouer avec eux, de semer le doute dans leur esprits, et d'égarer les voyageurs imprudents. Leurs jeux semble amuser les Mortanyss, mais ce type de plaisir est très relatifs, surtout pour les étrangers à Mortancia.

Car on dit qu'on retrouve parfois des corps pendus aux arbres de la fôret entourant Mortancia.

La légende dit que les nymphes noires auraient aussi la charge de réveiller l'Aldenyar, et de servir d'interprètes entre lui et les Mortanyss, si le besoin s'en faisait un jour sentir. Elles veilleraient aussi sur de nombreux trésors cachés par les Anciens, entre les racines de Fohwenlz, et à veiller a son alimentation en abyssium, lors de chaque saison des abysses.

On ne sait si Fohwenlz habite vraiment, ou habite toujours les terres de Mortancia, mais le cilmat de mort y règne toujours, et on peut parfois appercevoir d'étranges hallucinations...et les échos des rires lointains entre les branches mortes qui déchirent le ciel.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 14:00

De Xhilyan'ntru.

Citation :
Vajghenxgaroth, l'Ange de la Ruine

Aucun récit net n'explique clairement la provenance de Vajghenxgaroth, mais cet être aurait été appercu, a quelques reprises dans l'histoire de Teilia, par les grands et les puissants de ce monde, avant leur fin.

Décrite et parfois même peinte comme une grande succube ailée, et doté de trois paires de bras, au bout desquels sont tenues des serpes, des sabres, ou parfois des têtes tranchées. Toujours couvertes de bijoux, on la représente avec une couronne hérissée.

Bien que les succubes soient aujourd'hui une variété de Mortanyss évolué, on ne sait si Vajghenxgaroth appartient réellement à ce peuple. On raconte qu'elle est plus, qu'elle pourrait être un ange de la mort envoyée par Kalos, dans le but d'emporter les mortels qui tendent, par le pouvoir aquis, vers ce que les Cilias jugent comme interdit.

Ainsi, chaque fois qu'un être sur Teilia gagnaient une puissance prédominante, un pouvoir à même de rivaliser les Cilias, de détruire ou de conquérir le monde, cet être se manifestait, apparaissant lorsque sa victime était seule, pour venir ceuillir sa vie, inéluctablement, après trois avertissements passés si l'être n'a pas su renoncer a son ascencion vers le pouvoir.

On raconte que les Puissants luttèrent, parfois, et que ce duel pour la vie et la mort faisait trembler les landes.

Vajghenxgaroth n'aurait, jusqu'à maintenant, jamais été repoussée, défiant toutes les forces que les puissants de ce monde ont déployé dans le passé. C'est pourquoi on lui attribue la nature d'un semi-Cilias, ou d'un ange-assassin de Kalos, capable de venir offrir la mort à un empreur réputé immortel, malgré tous les murs et les gardes possibles.

Un fait troublant de cette légende, qui fait en sorte de nier une réelle appartenance Mortanyss a l'être, est que cet ange serait aussi venu chercher des Mortanyss par le passé, qui avaient également, au fil de leur immortalité, gagné une puissance extrême. Personne n'est épargné.

Certaines extrapolations de cette légende racontent que cet être est la mère des incubes et des succubes, et qu'elle agirait non pas pour Kalos, mais avec Kalos, parce qu'elle entretiendrait une relation privilégiée avec ce Cilias, ou qu'une sorte d'entente les unirait. On s'imagine que cette démone aurait fournit à Kalos le pouvoir créateur permettant d'enfanter ses créatures issues de la mort même, mais à quel prix....
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 14:01

De Xhilyan'ntru.

Citation :
Les Anges de la Mort

Les Cilias n'interviennent jamais directement dans la destinée de leurs créatures, mais il n'est pas rare d'entendre parler d'intermédiaires, agissant comme messagers auprès des Teiliens. Annonciateurs de prophéties, gardiens du sacré, avertissements, leurs tâches étaient nombreuses. Mais Kalos, le Cilias silencieux, n'avait nul message à passer - il préférait voir évoluer ses créatures d'elles-même, mettant à l'épreuve leur autonomie.

Il vint cependant un temps ou les âmes sur Teilia furent trop nombreuses, et Kalos n'avait pas la force de toute les guider vers son royaume. Ce débordement d'âmes égarées engendra un fléau de morts-vivants incontrôlables sur les landes, un nombre incalculables d'âmes tourmentées revenant hanter leurs proches, ou leurs ennemis. Les hantises étaient devenues choses si fréquente que cette période prit le nom de ''L'époque des hantises''.

Tandis que les mortels déployaient des efforts pour contenir le fléau et emprisonner les âmes perdues là ou ils le pouvaient, les mortanyss avaient prit conscience du problème. Chaque victime vivante dans ses affrontements ne faisaient qu'engendrer de nouveaux morts-vivants, et pire encore, ces morts-vivants ne pouvaient que revenir à la charge, puisque leurs âmes erraient perpétuellement sur Teilia.

Ayant d'abord tenté de prêter leurs forces à Kalos afin qu'il puisse guider plus d'âmes qu'il ne pouvait naturellement le faire, les prêtres Mortanyss furent forcés de reconnaître l'insignifiance de leurs pouvoirs face à l'ampleur du phénomène. Ils mirent alors sur pied une grande croisade, composée de l'élite mortanyss, afin d'enrayer le fléau à leur manière: Combattant et terrassant des hordes incalculables de Luthyss, les prêtres et templiers répétèrent inlassablement des sacrements assurant le passage des âmes perdues dans le royaume de Kalos. Corps hantés, esprits désincarnés, fantômes en lamentations, la croisade parcouru Teilia au grand complet, éradiquant toute résistance Luthyss et renvoyant au Père ce qui devait lui revenir. Doucement mais surement, le masse d'âmes égarées diminua, pour s'estomper complètement.

Une grande cérémonie avait été préparé pour le retour des héros de la croisade, mais il n'y eu aucun retour pour eux. Pas un seul ne revint, après les treize années de croisade, et ce n'est que bien plus tard qu'on découvrit leurs restes à l'autre bout des landes, dans une grotte abritant un petit camp sommaire: Ils avaient tous été victimes d'un mal étrange, comme s'il s'étaient couchés là pour ne plus jamais se relever.

On prétend qu'une fois leur devoir accomplis, Kalos les aurait rappelés à lui pour leur proposer de devenir ses anges, dont le devoir serait de l'aider à cueillir les âmes des défunts et à les emmener dans l'autre monde. Cette hypothèse est quelque peu farfelue, sachant qu'un Teilien ne peut devenir une entité divine comme un ange ou un démon, bien qu'il soit possible de devenir une entité.

Une autre version fait mention d'un combat entre les croisés et quelques anges, envoyés des cieux pour enrayer le fléau mort-vivant. Malgré leur but commun, les deux escouades se seraient entretués. C'est à partir de ces anges morts sur Teilia qu'un des prêtres de Kalos aurait engendré les anges de la Mort.

Quelle que soit leur origine exacte, Kalos compte maintenant à ses cotés des anges sombres, à qui les faucheurs doivent à présent leur sinistre réputation. Munie d'une faux symbolisant la moisson des âmes qu'ils mènent à présent avec ferveur, les anges de la mort s'interprètent aux yeux des mortels comme des êtres drapés de noir, déployant des ailes décharnées et décomposées dans un silence complet. Contrairement aux anges messagers, Ils n'apparaissent qu'aux yeux des moribonds et agonisants, révélant ainsi que leur heure fatale est venue. Un ange de la mort est absout des engagements envers le bien ou le mal; leur principal soucis est de guider et accompagner l'âme du mort , et ils le font généralement sans dire un seul mot.

Bien sûr, si c'était strictement le cas, personne n'aurait pu rapporter cette légende puisque les anges de la Mort ne donnerait pas le moindre signe de sa présence à une âme qui vive. Il y a effectivement des cas rarissimes ou un individu peut parvenir à voir ces anges noirs. Ces gens tourmentés ont acquis leur vision par une expérience traumatisante avec la mort, dès leur enfance. Un jeune enfant ayant assisté à la mort de ses parents ou ayant été forcé de côtoyer des cadavres pendant une période prolongée ont de grande chance de voir ces anges de la Mort plus tard, dès que la mort s'annonce sur un malheureux. Ce don s'avère une terrible malédiction, car ils sont alors forcé de savoir qui doit mourir prochainement, et peuvent assister à la scène de l'âme qui est emportée par l'ange. Certains d'entre eux tentent de prévenir la mort lorsqu'elle doit frapper, mais ils deviennent rapidement fous, embourbés dans la folie de sauver tout le monde.

Les prêtres de Kalos, avides de pouvoir entrer en contact avec ces anges, ont longtemps souhaités mettre la main sur un de ces visionnaires. Selon la légende, seul un mortel peut être affecté de cette seconde vue, au grand dam du clergé Mortanyss. Récemment, dû à l'éloignement de Kalos dans l'esprit des Mortanyss, le clergé aurait déterré cette légende menant peut-être à une façon de pouvoir renouer contact rapproché avec le Père - qui sait si les Anges de la Mort, dans cette circonstance, agiront comme messagers de l'au-delà et bastion d'espoir, dans un monde laissé à lui-même...


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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 14:01

De Haze.

Citation :
Celui qui ne sait pas pleurer, Conte

Celui qui ne sait pas pleurer remarque qu'il se trouve désormais près d'une cité de marbre immaculé. Au lointain, paraissent les tourelles de pierre blanche et grise caractéristique. Résonnent les voix, affables, ou austères, mais toutes franches. Vagues et distordues par la brise crépusculaire.

Il prit parti de s'éloigner un peu de ces voix affaiblies par les distances et le temps, pour s'approcher d'un lieu de quiétude entourant la cité. Bien qu'entouré également de murailles faites de marbres immaculés, où en telle pierre se fondaient sculptures, évocations d'un passé, d'un présent ou d'un rêve, qui évoquait si bien les murailles qui se dressaient dans le lointain, en étant tellement plus riches, et si différentes. Sitôt l'arche de cette muraille franchie, celui qui ne sait pas pleurer entrevit les tombes, fleuries, et ornées de quelques pacotilles sensées évoquer la vie égarée au détour d'un âge, d'un accident, d'une peine ou d'une lame. Au travers ce tableau si empreint d'une paix probante, un élément jurait. En effet, un homme à la peau tannée par le soleil et le temps, qui avait bruni, tavelé et plissé cette dernière, trimait, pelle à la main, pour soulever pierre et terre. Celui qui ne peut pas pleurer, prit enfin la parole, face à l'homme affairé qui n'avait en rien remarqué cette nouvelle présence.

Dès lors, les promeneurs égarés, les endeuillés attardés, auraient pu surprendre cette conversation.


-N'est-ce pas, fossoyeur, que tu voudrais causer avec moi? Après tout, même un gorlak dresse la tête hors de la fange et du sang, pour flairer Celui qui vient. La curiosité naquit avec l'Avant-Lande, et toi comme moi, en sommes imprégnés.

-- Aspellor, il m’est impossible d’échanger des idées avec toi. Sous peu les doux rayons de la lune feront briller le marbre des tombeaux. C’est l’heure silencieuse où plus d’un être humain rêve qu’il voit apparaître des femmes enchaînées et les spectres mortans, traînant leurs linceuls, couverts de taches de sang, comme un ciel noir, d’étoiles. Celui qui dort pousse des gémissements, pareils à ceux d’un condamné au bûcher, jusqu’à ce qu’il se réveille, et s’aperçoive que la réalité est trois fois pire que le rêve. Haec...Je dois finir de creuser cette fosse, avec ma bêche infatigable, afin qu’elle soit prête demain matin. Pour faire un travail sérieux, il ne faut nisi faire deux choses à la fois.

-Crois-tu, réellement, que ton labeur soit sérieux?

--Creuser une fosse dépasse souvent les forces de la nature. Comment veux-tu, étranger, que la pioche et la pelle remuent cette terre, qui d’abord nous nourrit, gorgée du lait de la Créatrice, et puis nous donne un lit commode pour le Dernier sommeil du juste, préservé du vent de l’hiver soufflant avec furie dans ces froides contrées, lorsque celui qui tient la pioche, de ses tremblantes mains, après avoir toute la journée palpé convulsivement les joues des anciens vivants qui rentrent dans Son Lumineux Royaume, voit, le soir, devant lui, écrit en lettres de flammes, sur chaque marteau engravé en ces marbres, l’énoncé du problème effrayant que nul n’a encore résolu : la mortalité ou l’immortalité de l’âme. Odéon, je lui ai toujours conservé mon amour ; mais, si, après la mort, nous ne devons plus exister outre part qu'en son droit côté, pourquoi vois-je, la plupart des nuits, les tombes s’ouvrir, et leurs habitants soulever doucement les chapes de plomb et de justicium, pour aller respirer l’air frais.

-Cesse ton labeur, déja bien pénible, dont l'émotion alourdit encore la charge. Je prendrai ta place, dans la fosse, alors que nous discuterons. Bien que je n'en n'aie pas l'air, je suis fort, et vif. J'abattrai le labeur de la nuitée promptement. Il ne faut pas qu’un doute inutile tourmente ta pensée : toutes ces tombes, qui sont éparses dans un cimetière, comme les arbres de la forêt de la Créatrice le sont, comparaison qui ne manque d'ironie, sont dignes d’être mesurées avec le compas serein du philosophe. Les hallucinations dangereuses peuvent venir le jour ; mais, elles viennent surtout la nuit, alors que le soleil que tu révères quitte ta vision. Par conséquent, ne t’étonne pas des visions fantastiques et fantasques que tes yeux semblent apercevoir. Pendant le jour, lorsque l’esprit est en repos, interroge ta conscience ; elle te dira, avec sûreté, que les Cilias qui ont créé l’homme avec une parcelle de sa propre intelligence possèdent une bonté sans limites, et que l'un d'eux recevra, après la mort teilienne, ce chef-d'œuvre dans son sein. Fossoyeur, pourquoi pleures-tu ? De par l'épreuve, par la souffrance, vient la croissance. C’est un mérite, pour la chair et l'âme, que le Panthéon l’ait jugé capable de vaincre ses souffrances les plus graves. Parle, et, puisque, d’après tes vœux les plus chers, l’on ne souffrirait pas, dis en quoi consisterait alors la vertu, idéal que chacun s’efforce d’atteindre, si ta langue est faite comme celle des autres hommes.

--Étranger, tes paroles sages savent t'honorer, et à la fois, me rasséner. Comme une goulée d'air pur, au milieu de la maremme putréfacte. Qui est-tu donc?

-Les origines de mon errance importent bien peu. De même que sa finalité. Je n'ai pour nom que ceux que l'on me donne, et n'attribue d'importance qu'au nom qu'un Cilias eut pu prendre la peine de me donner. Je suis celui-qui-ne-sait pas-pleurer. Erm-Nvä'er'nemëz Radzamanth.

--Ton nom, aspellor, ne me dit rien qui vaille. Rien de plus, d'ailleurs, que tes facilités langagières.

-Au contraire, fossoyeur désormais scindé de sa fosse, que je creuse à présent. Tu n'as point à t'inquiéter, puisque je ne veux ton mal. Et au contraire, mon nom devrait tout te dire, et te parler davantage bien qu'il ne soit ni du langage qui soit tien ou mien. Mon opinion prend de plus en plus de la consistance : tu es celui qui a des chagrins épouvantables. Que les forces de ce monde et d'ailleurs m’ôtent la pensée de t’interroger. Je préfère rester dans l’incertitude, tant tu m’inspires de la pitié, puisque si lourd à mon sens est ton fardeau. Puis, tu ne voudrait pas me répondre, cela est certain : c’est souffrir deux fois que de communiquer son cœur en cet état anormal.


--Et si... j'osais, et si je le voulais, et si je consentais à partager la lourdeur du fardeau, à le voir s'alléger, pour quitter lentement les épaules et mes pensées... crois-tu que tu pourrais... m'aider?

-Vrai. Je le pourrais sans doutes. Ton pas est chancelant, et bien que tu ne trimes plus, tout ton être tremble. Et par ma Foi, ce n'est en rien lié avec la froideur de cette aube de la nuitée. Il me faudra guider tes pas, t'offrir gîte, couvert et enseignement. Accompagnes-moi. Je le promets, Fossoyeur, nous n'irons pas bien loin. Aie confiance en moi ; car, l’hospitalité de cette sorte ne demandera point la violation de tes secrets, au contraire.

--Où guides-tu donc alors ces socques déja usées? Cette âme déja éreintée, ce corps épuisé?

- Chez moi. Que tu sois un criminel, qui n’a pas eu la précaution de laver ses sanglantes mains; un preux faisant face à ses propres injustices, vérités erronées ; ou quelque monarque dépossédé, fuyant de ses royaumes, mon palais vraiment grandiose, est digne de te recevoir. Il n’a pas été construit avec du diamant et des pierres précieuses. Cette demeure est celle des âmes, celle des esprit et bâtie et scellée des flux et de l'éther. Si les lieux où je te mène pouvait parler, ils t’étonneraient, toi, qui me parais ne t’étonner de rien. Que de fois, en même temps que cette demeure qui est mienne, j’ai vu défiler, devant moi, les bières funéraires, contenant des os bientôt plus vermoulus que le revers de Ses portes constamment ouvertes, contre lesquelles je m’appuyai. Mes innombrables sujets augmentent chaque jour. Je n’ai pas besoin de faire, à des périodes fixes, aucun recensement pour m’en apercevoir. Ici, c’est comme chez les vivants. Comme en Hastanie sous l'égide de votre monarque ; chacun paie un impôt, proportionnel à la richesse de la demeure, ou enquel cas, l'esprit, qu’il s’est choisi ; et, si quelque avare refusait de délivrer sa quote-part, j’ai ordre, en parlant à sa personne, de faire comme les huissiers : il ne manque pas de chacals, de corbeaux et de vautours qui désireraient faire un bon repas d'une âme qui se refuse à moi. J’ai vu se ranger, sous les drapeaux de la mort, celui qui fut beau ; celui qui, après sa vie, n’a pas enlaidi ; l’homme, la femme, le mendiant, les fils de rois ; les illusions de la jeunesse, les squelettes des vieillards ; le génie, la folie ; la paresse, son contraire ; celui qui fut faux, celui qui fut vrai ; le masque de l’orgueilleux, la modestie de l’humble ; le vice couronné de fleurs et l’innocence trahie. Je suis à la fois le Monarque de ce Royaume, puisque de sa directe filiation. Accepte la main que je te tends, fossoyeur. Accepte l'hospice que je t'offre. Accepte l'éternité qui t'es présentée, et ses merveilles. Embrasse les, puisque ton heure vient avec ma venue. Je suis cette heure qui vient pour toi, en mon nom, et en Son nom.

--Nisi certes, je ne refuse pas ta couche, jusqu’à ce que l’Aurore vienne, qui ne tardera point. Que l'Astre Solaire nimbe mes pauvres yeux, eux qui s'en ennuient tant. Je suis las, et engourdi par les années qui ont roulé sur ma peau, comme une averse continue. Je te remeldis de ta bienveillance...

-Fossoyeur, il est beau de contempler les ruines des cités, si riches en histoires que leur seule vue sussure ; mais, il est plus beau de contempler les ruines des hommes! Les os blanchis, les chairs décaties, et par toutes les Grâces, les âmes nettoyées de la tare de la vie. Contemple cette nouvelle lueur, qui vaut tout les soleils, toutes les lunes et toutes les lanternes.

Celui-qui ne pouvait pas pleurer fit un geste, vers l'avant, pour étreindre en une accolade qu'on aurait pu dire fraternelle, le Fossoyeur. Et fraternelle, elle l'était. Puisque le Fossoyeur venait de rejoindre l'Étranger dans la fratrie de la mort. Le sang suintait contre la main froide et blanche comme le marbre qui entourait le lieu. Tiède. Les yeux noirs plongés dans les yeux bleus, continuant le discours malgré le silence aussi lourd que les chapes de plomb précédemment citées. La lame incurvée allant caresser de sa pointe le torse de l'Étranger comme si un filin étroit liait désormais les deux hommes, matérialisait le lien neuf qui les unissait, alors que la lame jusqu'à la garde plongeait, à partir de la main de l'homme, dans le dos du fossoyeur. La nuance crépusculaire s'évanouissait, redonnant à l'Étranger sa pâleur nacrée, que les auras du soleil couchant, modorées lui avaient otées. Comme promis, Celui qui ne pouvait pleurer, fut un juste hôte. Il mena chez lui, tant en lande matérielle, qu'en Arrière Lande, le corps comme l'âme. Alors que le Fossoyeur sommeillait, il eut une pensée. Une prière. Un rêve. Qui reprenait les paroles du vieux fossoyeur. Celle d'une nouvelle Aurore, alors que ce serait lui qui soulèverait les chapes de plomb et de justicium. Qu'il ne craindrait plus la nuit, et qu'il aurait enfin compris. Alors, qu'il marcherait au côté de celui qui ne peut pleurer, sous l'égide de leur commun Père.

Alors que leurs paroles communes murmureraient en un choeur troublant sans que leurs lèvres ne remuent.


Kalos An'Lernnox.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 14:02

De Haze.

Citation :
Le fleuve de l'Impuissance, Conte

Il est un de ces fleuves, qui traverse la lande. Il ne porte pour nom uniquement celui que ceux de passage lui donnent. Et comme une brindille qui tombe au gré de son flot, ce nom est vite englouti à travers les tourbillons aqueux et sans cesse mobiles des mémoires. De mon temps, ces flots portèrent un nom, mais de mon temps, c'était de ces temps où chaque fleuve, chaque pic et chaque colline, chaque forêt et chaque bâtisse, portait un nom fièrement attribué. Mais ce temps, et ces noms, se sont perdus dans les ombres et dans les mémoires éteintes et effritées.

Ainsi donc, je ne nommerai pas ce fleuve, puisqu'il ne porte pas de nom. Mais je puis dire, avec assurance, qu'il jouxte la cité des Ombres et des Lumières. La Cité où Il, et Elle, se recoupent, rivalisent et s'étreignent. Un fleuve qu'autrefois une Dame des Ombres demanda aux Nerunga, scindant désormais un ilot, du continent qui l'étreignait autrefois.

Sur les embruns calmes, l'agitation océanique s'étant lentement pacifiée, comme si les flots avaient gagné en âge et sagesse, flottait un cadavre. Ses chairs avaient gonflé. Ses chairs, immaculées. Dans ces circonstances, le fleuve prend des allures solonelles. Le cadavre gonflé se soutient sur les eaux, ou bien est-ce les eaux qui le soutiennent?

Sur le pont, liant la terre à l'ilot neuf, quelques passants prirent parti de s'attarder, et lorgnèrent vers lui. Le fleuve étant un bal, où le jeune homme s'illustre, les rouleaux et embruns se faisant musiques, pour le faire danser. On se bouscule un brin, pour assister à ce spectacle, la soif du macabre demeurant toujours, même pour ceux qui se disent d'hautes aspirations.

On plaint tout haut le jeune homme sans le penser. On admire le jeune homme sans oser se l'avouer. Mais on ne l'imite pas. Et pourtant, ce dernier a trouvé tout naturel de se donner la mort, ne trouvant rien sur la lande pouvant le contenter, et aspirant à plus haut. Un comble de l'ambition, que des sots décrient, alors qu'ils luttent pour une miette ou deux de prestige, comme les rats aux abords de ce même fleuve, pour une miette ou deux de pitance. Puis un bateleur le ramène la à rive.

A-t'il seulement cent ans? C'est mourir jeune... Sans aspirer de la vie sa moelle. Fut-t'il plus sot que les autres pour ne point s'en repaître, ou plus brillant pour s'abstenir, sanchant qu'il lui trouverait un gout fade? Il commence à faire nuit. Le spectacle ayant perdu de l'intéret, on se retire. Personne n'a retourné le cadavre, de crainte d'être jugé sensible.

Puis, vers la cité Sombre progressait en une lente balade à pied, celui qui ne sait pas pleurer. Son nom ne détonnant en rien, nulle larme, sur le cadavre, n'avait été versée. S'intéressant alors au spectacle éculé, au cadavre, comme on s'intéresse à un aimé, par la tendresse, la caresse, il le retourna en le ramenant à lui.

En un murmure léger, son visage près de celui du décédé, comme si ce fut un secret amoureux, il énonça.

-Kal Xen

Sitôt parut un destrier, bête assez costaude pour porter le mort, qui d'ailleurs fut installé sur cette dernière avec les égards transis précédents. Celui qui ne pouvait pas pleurer comptait bien ramener celui sans nom, qui aspirait à l'ascension, et qui de ce fait en serait gratifié, dans le fief dont il serait un jour héritier.

Le jeune homme avait fait un crédo qu'il ignorait encore, âme d'une touchante innocence. Se lestant dans un fleuve où le corps était impuissant, pour fuir un autre fleuve tissé de l'impuissance de l'âme et de l'esprit, de l'espoir d'ascension dans une servilité obligée : la vie. Et alors qu'il ferait surface sur la bonne rive du fleuve, se lèverait le voile sur cette âme touchante.

Mais dans l'heure dormait l'âme, dont l'enveloppe était soutenue dans le cahotement de la monture, par les mains bienfaitrices qui veilleraient à sa guidance physique et supra-physique. Alors que la cité Sombre, celle du souvenir, se mettait ironiquement déjà à l'oeuvre pour l'oublier.

Le Fleuve de l'Impuissance charrierait d'autres corps. Celui qui ne savait pas pleurer marcherait au long de ce fleuve, en promenades quotidiennes. Et récupérerait à son long ceux emportés par son courant.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 14:05

Voici les quatorze textes qui combleront les légendes de la section bibliothèque du site de Teilia.

Les récits d'une période historique se situeront en annexe du BG racial, il est donc normal de ne pas voir ici un accompte de la légion des damnés.

Lisez ^^, je suis certain que tous ceux qui ont participé à la rédaction apprécieront les commentaires!

--

Il manque encore 4 légendes qui sont en cours d'écriture. Elles devraient venir sous peu.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 16:19

C'est véritablement exquis. J'ai parcouru chacun des textes (Ormis ceux n'étant pas encore appliqué.) avec une minutie totale et waow. Tant d'efforts et de temps passés à rédiger tout ceci. C'est aisé de le perçevoir. Évidemment, j'ai plusieurs faibles pour certains textes.

Les Ghuluz, qui n'est pas nouvelle, après relecture me replonge amplement dans l'ambiance évoquée par le texte. Je l'adore.

Les textes d'Haze me manquait grandement. Ce genre d'écriture symbolique qui arrive à décrire à la perfection les mentions, c'est tout à son honneur. (Néanmoins, je doute que tout commun individu arriverait à parcourir les textes en entier en allant fouiller constamment dans le dictionnaire. ^^) Toutefois, quand tout est "déchiffré" c'est tout bonnement merveilleux. Mention spéciale à "L'Épopée d'une guerre révolue" conçernant les liens spéciaux pouvant unir un Mortanyss d'un mortel. Vraiment fasçinant. J'ai aussi un faible pour le personnage de celui-qui-ne-sait-pas-pleurer. Notamment, le texte avec le Fosseyeur qui évoque vraiment la maniguance et toute l'attirance que peut engendrer l'esprit sage et immortel.

J'attend avec grande impatience les textes d'Eazox. Son style d'écriture saura toujours me faire ébahir. J'ai une attente plus particulière conçernant le texte d'Arax qui, à mon sens, est le meilleur NPC ever.

Vraiment gang. C'est plus qu'excellent tout ça, chapeau!

-Ljd Vince, qui est plus que satisfait, Jo.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 16:53

Si tu veux écrire des légendes de ta propre plume, ne te gêne pas ^^. Pareil pour les tous les autres.

Compte tenu que j'ai suffisamment de pain sur la planche, je ne prendrai pas les idées de légendes, ni les légendes mal écrites, ni les demi légendes. Mais si vous avez une légende impeccable à m'envoyer, je me ferai un immense plaisir de l'annexer ^^. Je suis d'ailleurs probablement la moins bonne plume parmis ceux ayant écrit des légendes.

Et pour l'Épopée d'une guerre révolue, c'est aussi, à mon avis, la plus exquise de toutes les légendes. Lorsque je la lisais, jusqu'au trois-quart j'avais envis de pleurer parce que je ne pourrais pas l'ajouter. La légende me semblait HBG du début au trois-quart et je ne pouvais toute de même pas annexer une légende HBG. Mais la fin change tout, la fin est délicieuse.

Pour les textes d'Eazox, il y en avait deux d'écrits, les Damnés et Elix, mais ils entraient en immense contradiction avec la ligne du temps et le BG de la Matriarche, alors je lui ai demandé de les ré-écrire. Quoiqu'il en soit, les deux textes étaient excellents, et tu ne seras vraiment pas déçu des ré-écritures, moi non plus d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 17:31

Il me tarde d'en lire davantage alors. Smile

Je pourrais bien consacrer ma plume au BG Mortanyss comme il le fût pour celui de Drakan. Néanmoins, je n'ai pas trop d'inspiration. Je pourrais rédiger quelque chose conçernant un fidèle, ou peu importe ?

Possiblement l'un des 5 templiers qui, à ce que je me souvienne, était Fidèle et Mortel. Ou bien, un tout autre Fidèle. ^^
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Sam 13 Sep - 17:54

Pour le templier fidèle, vois avec Eazox, c'était carrément un de ses personnages Razz, même moi j'en sais peu sur ce personnage. Mais bon, je me demande si ça n'irait pas plus de le BG de la ville que le BG de la race. Un fidèle n'est pas un Mortanyss Razz, mais un serviteur de Mortancia.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Dim 14 Sep - 1:08

Je ne peux attendre après Arax Razz

Mon modèle... all the way ^^

Autrement, les Ghuluz, vraiment un succès. Incroyable. L'image se faisait à la perfection dans ma caboche.

_________________
-Anima Draco Immortalis-
Senseï Xenshi, Merci Xhilyan'ntru ^^
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Lun 22 Sep - 8:52

Ajout du Pentacle d'Arax par Eazox.
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Lun 22 Sep - 11:14

Je ne pourrais demander mieux. Smile J'adore tout ce qui conçerne Arax. ^^

Joli boulot P-M. Very Happy
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MessageSujet: Re: Annexes - Légendes   Lun 22 Sep - 15:58

Ajout de la légende d'Elix.

D'Eazox.
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