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 Mémoires de Mnémosyne

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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: Mémoires de Mnémosyne   Dim 29 Mar - 7:11



Existe-t-il quelqu’un qui puisse m’aimer au point d’abandonner sa précieuse vie pour moi ? Quand quelqu’un se noie dans l’océan pour me sauver, je suis libérée la pierre. Et à la vie, à la vie, je reviens encore une fois. Mais si je devais réapparaître un jour dans une vie qui me donnerait la chose la plus précieuse ; je me mettrai à pleurer, toute seule. Je pleurerai regrettant ma pierre. Mon Sang peut bien mûrir comme le vin, mais dans quel but ? Je ne serai pas capable de ramener celui qui m’a vraiment aimé des profondeurs des eaux glaciales


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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Mémoires de Mnémosyne   Dim 29 Mar - 11:16

Chapitre Un : Vivre

Le bébé pleurait depuis environ quelques heures. Posé sur une pierre tombale quelconque, au fin fond du cimetière de Sombrum ; il n’attirait que l’attention du silence. Puis bientôt de la mort, car sortant des ombres tranquilles, la silhouette d’un Faucheur transcenda les lueurs de la nuit. Sous les lambeaux de sa longue toge noire, des éclats d’une armure d’abyssum scintillaient ; ce fut là le premier et sûrement seul soleil que Mnémosyne eût put voir de toute sa vie. C’était un grand Mortanyss, sûrement l’un des plus grands, à la carrure d’un champion. Guerrier expérimenté, il tenait dans l’Armée quelques hauts rangs qui faisaient de lui un frère dévoué à sa famille, mais cruel et imbus de prétention. Intrigué par la petite bête qui braillait sans peur, il se pencha et tendit sa main gantée de fer et de magie pour saisir le bébé par la cheville droite. Ainsi, il le souleva.

Tête à l’envers, pendu par les pieds, le bébé arrêta immédiatement de pleurer. Il posa ses grands yeux trop gris et rougis par les larmes sur le mort qui inspirait et expirait par bruits caverneux. Visiblement il hésitait quant au sort de cette chose mortelle si vulnérable. Le bébé était habillé d’un petite toge blanche toute mignonne, qui se confondait presque avec sa peau laiteuse : seule sa timide chevelure bouclée était d’un roux flamboyant. Des sifflements distincts se firent, alors que le petit - ou la petite, se mettait à gazouiller et à rire, nullement effrayée par le sort que pouvait lui réserver le Mortanyss. Bientôt, d’autres ombres se murent rapidement, d’autres faucheurs : ils étaient agiles et rapides, progressant dans le cimetière sans que rien n’eut pu les voir ou les arrêter. Ils finirent par arriver près de leur frère, et attendirent en silence. Tous portaient une armure et une arme.


« Commandant ? Nous partons ? Les nouvelles du front ne sont pas bonnes. »

« Bien, bien mes frères. Allons nous amuser un peu, »
déclara-t-il d’une voix si grave et profonde, qu’elle semblait venir du centre de la terre.

Jetant le bébé sur son épaule comme un vulgaire fétu de paille, il s’en alla avec ses frères, mettre fin à une ancienne guerre aujourd’hui oubliée. Il leur avait fallu passer par Sombrum pour se ravitailler en silence, et en discrétion ; bien que la Sombre fut un allié de choix. Courant rapidement, chevauchant ombre et vent nocturne, la petite troupe arriva bientôt dans une plaine ravagée. Le sol était jonché de cadavres en tout genre, tellement déformés qu’on les aurait tous mis Mortanyss tant on ne pouvait reconnaître leur race. De quelle guerre il s’agissait, personne ne le savait vraiment. Il fallait juste se battre et tuer. Et où se passait-elle ? Simplement autre part, dans un lieu exilé. Cette petite troupe était simplement l’élite de l’Armée Mortanyss, composée de quinze faucheurs et à leur tête, un chevalier prodigieux comme il n’en naît un que toutes les cinq cent années. Il jeta le bébé au sol, sans la moindre précaution et heureusement pour l’enfant, un cadavre en putréfaction amortit sa chute. Miraculeusement, il ne brisa pas ses petits os fragiles.


« Attends-moi là avorton, enfin… »


Il eut un rictus carnassier alors que déjà, le bébé se mettait à quatre pattes pour faire patauger ses petites mains dans le sang et la chair morte.


« Si tu restes en vie… »


Et il alla livrer bataille contre moult hordes et de sa seule épée, vieille et rouillée coupait les têtes et transperçaient les cœurs battant. Le petit bébé, était en plein milieu de ce carnage, pourtant, aucun combattant ne l’écrasait. Dans la mêlée, il se faufilait à quatre pattes, tapotant les joues des cadavres, riant et se cachant sous eux. Jusqu’au moment où l’ombre d’une lame se profila au-dessus de son petit crâne. Plus loin, le commandant Mortanyss et sa troupe étaient submergés par le nombre. Et le chevalier même se demandait ce que faisait sa famille : pourquoi aucun renfort n’était envoyé ? Soit, ils étaient l’élite mais à quinze contre des dizaines de milliers, pure folie.

Quelques heures plus tard, le soleil se levait sur le champs de bataille, et la brise n’eut comme écho que le silence des morts. Il ne restait plus rien qu’une récolte de cadavres plus ou moins frais. Seul, assis sur un tronc d’arbre carbonisé, le Commandant était en vie. Pensif, il tenait nonchalamment son épée contre lui, et admirait les corps de ses frères, tombés au combat.


« Mortancia… »
siffla-t-il amèrement de sa voix sombre, « Quelle folie t’as poussé à nous oublier… »

Et cette folie le tortura peu à peu dans cette solitude immonde et cette déception acide. Alors, à quatre pattes, arriva le petit enfant tout sale de sang et de chair pourrie. Il était calme, et en aucun cas ne semblait effrayé ou blessé. Aussi il attira de nouveau l’attention du Faucheur-Chevalier qui l’observa attentivement.


« Qu’est-ce que tu fais là toi ? Toujours en vie ? »


Pour simple réponse, il eut des petits balbutiements, sans queue ni tête. Il soupira d’un souffle rauque et caverneux avant de secouer la tête. Le bébé était à moitié nu et sa toge déchirée montrait que c’était une fille.


« Tu n’as pas de nom je suppose, comme moi. Je vais t’appeler Mnémosyne, puisses-tu t’en souvenir. Quant à moi, je serai simplement « Maître » pour toi. »


Il se dressa à nouveau, d’une main puissante l’agrippa pour la foutre de nouveau sur son épaule. Ainsi vit le jour ce duo insolite. Elle, Mnémosyne qui adorait son Maître, et lui l’ancien champion Mortanyss qui la protégeait et l’éduquait. Ils étaient bien étranges quand ils parcouraient les routes, ou s’arrêtaient dans les auberges.



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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: Re: Mémoires de Mnémosyne   Dim 29 Mar - 14:58

Chapitre 2 : Le Palais



Et puis, vint le jour des trois années de Mnémosyne. Le Faucheur décida qu’il était temps pour lui de regagner l’obscurité. Ainsi, repartant au cimetière de Sombrum, il y dévoila un passage que sa petite troupe avait construit durant la guerre. Elle menait à des souterrains trop vieux et dangereux pour être utilisables. Ayant assez de tenter une réintégration dans la Famille, et ne souhaitant sûrement pas finir Luthyss - il avait plutôt l’habitude de leur déchirer leur race à ceux-là, il décida de s’exclure : Pour Kalos, disait-il. Mais il n’y croyait pas vraiment, en fait.

Alors c’était CA leur nouvelle maison. Mnémosyne du haut de son petit mètre n’y croyait pas, elle non plus. Et la première excursion dans les souterrains la rendit malade. Elle agrippait violemment les pans déchirés de la cape du Faucheur et tirait dessus capricieusement.
« Maî…te…Mai…te… » Pour une raison de capacité psychomotrice, elle n’arrivait guère à dire « tre » ce qui agaçait terriblement le Mortanyss.

« Tais-toi ! »
lui répliqua-t-il en la chassant de son pied squelettique. Elle trébucha avant de ramper dans l’immondice pour s’éloigner. Il leva simplement sa main et par une incantation quelconque, y fit briller une lueur maléfique pour éclairer les parages. Partout, il n’y avait que crânes qui tombaient en poussière, pierres fissurées mêlées à une terre sale. Voici les murs de ces souterrains, personne ne les avaient construits, ils étaient maudits. Faisant un tour sur lui-même, il s’apprêta à explorer les nombreuses galeries. La petite bambine se redressa timidement et les joues encore sales de boue, elle trotta jusqu’à son Maître pour grimper sur son épaule, comme elle avait l’habitude de le faire.

Ainsi, il ne dit rien et tout deux continuèrent leur route. Il était simplement satisfait que la gamine lui fasse confiance. Après tout, c’est sa seule relation avec quelqu’un d’autre, son dernier rempart contre la solitude : dernière arme de la folie.

« J’espère que tu aimes ce petit tour de propriétaire. Ici, c’était un palais avant. Il sera le mien aujourd‘hui. »


Il se tenait de vagues discours de sa voix grave et profonde qui avait toujours bercé l’enfant. Ses grandes prunelles grises, brillantes de quelques impuretés, Mnémosyne admirait les anciens vestiges maudits de ses souterrains. Quelques galeries donnaient lieu à d’immenses salles vides aux meubles de pierre. Quelques artefacts, beaucoup d’immondices. Alors qu’elle agrippait ses petites mains blanches sur l’immense épaules du Mortanyss, elle entendit une promesse que jamais, oh non, jamais, elle n’oublierait
: « Et un jour, je ferai de toi, ma Reine. »

Dès lors dans son esprit, Mnémosyne se pensait petite Reine. Alors que son Maître restait assis sur l’immense trône de pierre toute la journée, elle jouait à ses pieds, avec son épée, seule distraction qui lui eut été donnée. Et bientôt, l’épée se rouilla ; et bientôt, les habits de Mnémosyne - les lambeaux de sa toge, se firent trop petits. Elle grandissait nue aux côtés de son maître, devenant une bel enfant. La nuit, il s’éclipsait en silence, et elle se contentait alors de grimper sur le trône s’y rouler en boule et dormir : rassurée par l’odeur putride de son Maître absent. Le plus remarquables était sans doute ses cheveux roux et flamboyant, obscurs et attrayants. Ils rayonnaient sombrement dans la salle du trône, vide et emplie de noirceur. Mais, elle prenait toujours la grande précaution de descendre du trône avant que son Maître ne revienne, car il pourrait être milles fois en colère de la voir à son aise sur le seul objet auquel il tenait.

Ce fut vers l’âge de ses six ans, au retour de ses escapades nocturnes que le Maître commença à s’occuper réellement d’elle. Il semblait plein de vigueur et décidé à…quelque chose. Il lui apporta des herbes, de diverses sortes, si bien que son petit nez à l’odorat fragile fut assailli. Mais aménagea également de ses propre mains, une petite fontaine près du trône pour que l’eau sale et impure coule à profusion. Ainsi, il lui offrait là de nouveaux jouets. Et elle se décidait à prendre les plantes et à la tremper dans l’eau - et elle en profitait grandement pour patauger la saligaude ! Qu’est-ce qu’elle se foutait de ces vieilles plantes, l’eau était tellement plus attrayante ! Elle dont la peau blanche était recouverte de saleté, et noircissait comme il n’était guère permis. Grâce au liquide salvateur elle connut sa toilette et délivra sa peau blanche qui rougit aussitôt, car elle se frottait avec les plantes, certaines vénéneuses qu’il lui ramenait.

Quant au Mortanyss, il observait avec attention sa petite créature qui se débattait avec eau et les plantes. Les démangeaisons qu’elle attrapaient à cause du venin des plantes finissaient toutes par guérir ce qui l’intrigua grandement. Cela lui rappela par quelle espèce de malédiction, elle avait survécu toute petite au champ de bataille. Car après tout, pour lui être puissant et solitaire, cette petite vie ne lui importait que peu. Il ne ferait rien pour la tuer mais si elle-même se mettait en danger….Du moins, c’était ce qu’il pensait.

« Et quelle pauvre bête de Kalos je suis, faible au point de protéger cette petite mortelle….qu’importe mes discours de noirceur, elle m’est chère… »


Et c’était insupportable pour lui. Combien de fillettes et leurs mères avaient-ils envoyé en Enfer, les damnant à jamais par d’innombrables tortures, sans jamais ciller. Il ne les comptait plus, elles auraient pu faire des armées de catins ! Un rire rauque franchit ses lèvres décharnées et osseuses à cette pensée. Finalement, le Mal ne l’avait pas quitté, pas du tout. Bien, il la protégerait, la garderait en vie, mais en échange, elle fera de sa propre vie, la sienne. Elle serait sa poupée, et comme tout objet de collection : Elle servirait à sa renommée. Elle avait un grand potentiel. Cette Mnémosyne, il lui avait finalement bien donné son prénom. Et quel joli prénom, qui pourtant n’arriverait jamais à la hauteur de la beauté que la fillette transportait en elle.

Lacérée cette beau, la rendre humiliante pour la fillette, c’était le premier fantasme du Mortanyss, mais il attendrait un peu. Elle devait grandir dans l’innocence, car c’était de la plus grande gentillesse que naissait la plus grande cruauté. Et le Mortanyss lui offrirait toute la pseudo attention et affection qu’elle souhaiterait…jusqu’à ce jour proche.



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