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 [BG] L'Utopie de Yune

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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: [BG] L'Utopie de Yune   Mer 28 Avr - 16:40


    Je meurs, je me meurs. Aidez-moi.
    Tu es déjà morte.

Cet entrelacement de pourritures empilées la faisait souffrir. Mais si des mains immondes rampaient sur son reste de chair, les siennes également s’y aventuraient. Qui me voit ? Est-ce un monde aveugle ? Est-ce seulement un monde ? Oh, Aidez-moi. Qui que vous soyez, aidez-moi! Je paierai mes dettes. Je paie toujours dettes.

Un long cri déchira la plaine où l’Aube pointait à peine. Trois paysans, qui menaient à grand train charrette et bétails, se figèrent. Une interrogation ridicule illumina leur yeux mornes. Une vache meugla puis le silence. L’un des pouilleux, en presque haillons, s’accroupit vivement et observa dans le sol stérile de cette plaine ravagée une lézarde infime mais notable. Il cracha à terre. Dire que ce lieu maudit était un passage obligatoire pour aller aux pâturages.
« -C’tait pô humain ça! A failli faire fuir l’vaches! »
« -Laisse-nous ’vec tes vaches! Tu nous emmerdes… »
maugréa l’autre qui s’était relevé d’un bond. Mais gueuler sur son camarade ne le rassura pas le moins du monde. Un troisième larron était paralysé, blême. Le hurlement lui avait éclaté les tympans déjà bien amochés par de longues beuveries dans les quatre coins de l’Hastanie. Il secouait la tête sous l’air ahuri des deux hastane; puis paniqué de ne plus rien entendre et d’être fermé à l’univers des décibels , il claqua rageusement les brides des chevaux lançant sa chariote à plein galops - comme si ce geste allait lui faire recouvrir l’ouïe. Laissant une traînée de poussière, très insultante pour ses camarades, il s’écraserait plus loin dans un fossé : se rompant le cou.
« -Quel chien! L’est parti sans nous!
« -Tant qu’il prend pô mes vaches! Qu’ce ça peut bien m’faire, j’l’ai jamais aimé! Bon vent du con! » hurla l’autre en agitant un geste obscène en direction de l’horizon.
« -Ptain! J’vais pisser! 
» répliqua son compagnon en déboutonnant sa culotte. Il chercha du regard un endroit propice à se vider la vessie. Les putains de vaches qui l’emmerdaient bien - de toute manière, lui, il devait retrouver son troupeau de moutons, s’écartèrent simplement pour découvrir à sa vue un grand chêne déraciné et noirci par le temps. C’était bien l’un des seuls arbres de cette région maudite, rien y poussait! Pressant le pas, il grogna quelques syllabes incompréhensibles en se dirigeant vers le tronc calciné. Combien de fois la foudre avait dû le frapper ? Il n’en savait fichtre rien, mais de plus près…il lui semblait que ce n’était pas un chêne. Après tout, qu’est-ce qu’il s’en foutait. Chêne, pas chêne. Il allait juste pisser dessus et puis se tailler vite fait. W‘haec, pensa-t-il, avant qu’un autre bâtard de cri vienne m’exploser les oreilles. Seulement, il ne s’était guère rendu compte que son chemin était directement tracé par la lézarde au sol qui était si soudainement apparue avec le cri inhumain. C’était un petit sillon du destin, qui lui faisait là, le dernier clin d’œil de sa vie. Il campa ses deux sabots entre les immenses racines qui plongeaient à des lieux sous terre, dans la noirceur du néant, étouffant les secrets rebelles.

    Ecoute. Le battement d‘un cœur…
    Nag!!! Je sens! Je sens!! Et cette odeur est succulente!
    Nag ? Qu’est-ce que ça veut dire Nag?


Ses mains étaient emprisonnées, elles ne bougeaient plus. Et les entraves, aussi rugueuses que le bois, cédèrent facilement sous la pression. CRAC. Brisées d’un simplement mouvement du poignet. Les racines étaient trop sèches, trop vieilles…et elles tombaient en poussières tentant vainement de la retenir. Mais plus rien ne pourrait la retenir à présent, n’est-ce pas ? Et surtout pas cette Nature…

    La Haine….
    J’ai faim…


Un long cri déchira la plaine. Mais...
Celui-ci était bien humain.
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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] L'Utopie de Yune   Ven 30 Avr - 18:18

« Demoiselle ? Eh, Demoiselle ? Vous allez bien ? »

Elle se balançait d’avant en arrière, les yeux exorbités par…la peur. Elle s’était perdue. Derrière elle, l’homme n’osait guère avancer. On racontait des choses étranges dans la région. Plusieurs paysans avaient été…enfin, pas tués mais plutôt massacrés. Réduits en pièce et leurs restes; car c’étaient vraiment des restes, offerts en pâturages aux corbeaux qui se faisaient de plus en plus nombreux. Bon, il n’allait tout de même pas croire que cette donzelle à la silhouette si fine et à la chevelure si belle puisse être l’auteur de tels méfaits. Elle porta ses mains décharnées, dont les doigts noueux n’avaient plus rien de vivants, à sa bouche.

    Eh bien, vas-y. Ou tu as encore peur ?
    Ah…j’ai mal…


« -Demoiselle, il n’est pas bon de rester seule sur la route durant la nuit. Laissez-moi vous…»


Il posa sa main sur l’épaule de l’inconnue pour l’obliger à lui faire face. Le contact la fit sursauter vivement. Une terrible expression de dégoût déforma ses traits cadavériques.

« Aider….Argh… »


La voix de l’hastane se brisa en même temps que son gorget de métal qui protégeait sa gorge. Les éclats de plate s’enfoncèrent profondément dans sa chair blanche et chaude. Le sang coula sous l’armure qui grinça sinistrement. Les phalanges squelettiques de la chose qui n’avait plus rien d’une donzelle possédaient cette pression forte propre aux os et à leur solidité. La lune avait disparu derrière un linceul tissé de nuages plongeant le monde des vivants dans les Ténèbres les plus totales - rendant l’homme incapable de décrire précisément l’horreur qui le….
Il tomba raide mort, la trachée violemment compressée et implosée. Elle se mit alors à courir. Un pied devant l’autre. Elle perdait des morceaux en route. Un lambeau de chair, un épi de sa chevelure blonde, admirablement conservée, ou encore….encore…des caillots de sang. Au moins, elle ne se perdrait plus et saurait parfaitement si elle revenait sur ses pas. Elle connaîtrait les chemins qu’elle avait déjà arpentés, l’angoisse aux tripes qui….d’ailleurs, traînaient lamentablement au sol.

    Pas par là, pas par là!
    Oh que si…
    Malheureuse! MALHEUREUSE!
    Attends…mon cerveau me coule par le nez.


Elle s’arrêta au sommet d’un plateau haut de plusieurs mètres. Elle n’était pas essoufflée. Normal : Son cœur pourrissait quelque part dans son ventre où il avait fait une descente - comme celle qui lui était arrivée, aux enfers, quelques siècles auparavant. Elle expira bruyamment, expulsant par les narines une gelée grisâtre qui s’éclata au sol. Avec rage, elle plongea ses mains dans son ventre fendu et y chercha le cadavre de son cœur qu’elle exhuma, sans décence. Elle le présenta dans un geste nerveux à la Lune.

    J’en aurais plus besoin HEIN ?! Pas plus que de mon CERVEAUX!!!
    Mais tu en auras un autre…mieux…éternel. Il n’aura pas les mêmes fonctions, c’est tout.
    Ah…


Et elle admira son petit cœur, aussi fin et noir, qu’un oiseau carbonisé, voler en poussière; lui échappant entre les doigts. C’était beau de briser les lois de la Vie. Prise d’un violent sursaut de haine, elle s’arracha le reste de ses boyaux qui osaient encore tenir à son corps pourri. Parasites! Parasites! Du surplus. Bizarrement, elle n’était pas plus légère qu’auparavant, et c’était un sentiment étrange - si elle pouvait en avoir, qui s’apparentait à de la sérénité. Le vide, à présent était en elle et il bougeait de manière sporadique, la laissant parfois sur sa très grande faim. Et sa marche reprit, saccadée, abrupte et tranchée. Ses pieds martelaient lourdement le sol, battaient la terre inlassablement; elle ne fatiguait pas.

    Pas par là…je t’en supplie…
    Je vais….TOUT…BRULER…

Et les grands arbres fendaient le ciel de leur rameaux impitoyables. Leurs chevelures ingrates dégageaient des odeurs qui, même si elle ne les sentait pas, étaient répugnantes. Oh, elle imaginait très bien cette repoussante effluve des fleurs, des fruits et autres immondices. La route se rétrécissait en un sentier moins évident, et les secrets envahissaient à présent la Forêt qu’elle pénétrait. Ce n’était pas la Sacrée. Nog. Pas encore.

-Tes pas s’arrêtent la HORS CYCLE
! Cria une voix gracieuse et grave.

    Tu te rappelles ton nom ?


Le Daelwena banda son arc, mais la surprise encore de voir un Hors-Cycle si jeune près des frontières de la Woiale faisait trembler ses bras. Ce n’était pas un étonnement prompt à la confiance en soi : c’était un évènement plus inquiétant. Sur son perchoir haut placé, il avait eu le loisir d’admirer la marche funèbre de ce corps hérétique se frayer un chemin à travers la Nature qu’il chérissant tant. Malheureusement, il était seul éclaireur à cette frontière là. Il verrouilla la cible.

    Je m’appelle YUNEHAUJ’X.


La flèche bondit sans crier gare. Sa pointe argentée brilla sous les ricanements pâles de l’astre lunaire. Le métal déchiqueta la moitié de l’épaule du zombie qui recula d’un pas, puis de deux. Il arma une autre flèche, s’inquiétant de son mauvais tir premier. Il s’appliqua, et peut-être fut-ce là, sa seule et unique erreur. L’oreille moisie du cadavre ambulant lui apparut soudainement comme une horrible révélation; effilée et pointue, à la grâce passée facilement reconnaissable.

    Tire-toi maintenant. Tu as vu. Bien vu. Allez! Inconsciente!En espérant juste qu’il ne te tirera pas dans le dos…


Et elle ne savait pas, qu’elle pouvait courir aussi vite, tomber puis se remettre aussitôt à courir. Malgré ses membres engourdis par le manque de sensation, lourdes et branlantes, et son équilibre fragile….elle réussit l’impensable acte. Le temps de quitter la forêt. Après, elle roula dans un fossé où elle « reposa » quelques longs jours dans la crasse qui préserva sa chair pourrie molestée.
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Yunehauj'x, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] L'Utopie de Yune   Mar 4 Mai - 15:36

"MORTANCIA."

C'était ce que le panneau indiquait. Elle avait réussi à déchiffrer les lettres; seulement elle ne savait plus où elle avait appris à lire.

    Je m'en fous, c'est 'Pa me l'a appris.
    Je crois que...

Et puis, il eut cette troisième voix dans son étrange univers. Elle n'était pas aussi douce que Madame Italique, mais moins violente que l'autre Miss Normale. Elle possédait ce timbre rauque et suave, comme si elle tentait de retrouver sa voix humaine. Bonjour à vous, Madame gras.

    Ca fait un peu comme cela, la quarte, la quinte
    L'accord mineur tombe et l'accord majeur s'élève...


L'appel de Mortancia. Douce mélodie, impérissable ritournelle, infatigable valse qui transportait au quatre coins des landes son effluve musicale pour les morts qui n'avaient plus d'oreilles, plus de cerveau, plus de coeur...plus rien. Elle effaçait les souvenirs, les tenaces, qui ne voulaient pas s'enfuir vers des mémoires plus chaudes. Elle étouffait dans le sein des cadavres, l'espoir mortel. Non, ce n'était pas la vie. Marcher à nouveau, voir, entendre. C'était comme...

    Bon, je rentre.
    Mais ce..ce n'est pas chez toi ? Si ? Je veux dire...
    La ferme, Madame Italique. 'Pa va te punir.
    C'est si burlesque...


Mais avant de franchir les portes de Mortancia, il fallait se poser. "Re"poser. Sur le bord de la route, elle s'allongea, et leva ses bras vers le Ciel, comme implorant une étreinte empoisonnée. Eternelle amante du vide, désireuse de néant.

    Zog, je vais rentrer...
    Mais la musique te laisse tout à fait indifférente, n'est-ce pas
    Oui...
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