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 (BG) Guz'Anxvrek

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Guz'Anxvrek, Mortanyss

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MessageSujet: (BG) Guz'Anxvrek   Dim 29 Avr - 22:54

Chapitre 1 : L’orchidée

Extrait du journal intime d’un Hastane :

Elle se tenait là, érigée telle la beauté en soi. Je la voyais sous la pâle lueur de la Lune. Je la fixais, l’enviais, car je ne serai jamais aussi beau ni pure qu’elle. Elle foudroyait mes sens par sa silhouette et sa douce odeur frayant un chemin jusqu’à mon esprit. Là, perchée sur cette arbre, là, unique matérialisation de mon idéal, elle m’appelle. L’orchidée me possédait comme jamais je n’aurais su la posséder. Et pourtant, ce fut bientôt ma nuit.

Je la revois, en ce dernier moment d’émerveillement, debout telle une conquérante. Cette fleur fut la lumière entre deux soupirs. Le trésor que je chéris dans le plus profond de mon âme s’éteint tout comme moi. Je comprends maintenant que nos destins sont liés. Je l’ai cueillie sur la plus haute falaise de mes rêves, entre les cieux et mon gouffre. Mon souvenir s’efface, elle disparaît. Je lutte tant que faire se peut pour la garder en vie, mais hélas j’oublie. La chaleur de son corps et son parfum s’évadent de ma mémoire. Le délire est à ma porte.

Sauras-tu me pardonner? Je ne le saurais…

Si j’avais su qu’ils t’emmèneraient, je me serais tu. Si le temps s’était figé pour nous, ô combien ce serait différent! Pardonne-moi ma fleur, je n’ai pas su te sauver. Pardonne-moi, nous nous reverrons bientôt et nos ombres ne feront qu’une. Oui, nos destins sont uniques, car tous deux mourrons sans paix. Tu es morte trop jeune, trop vite, et moi dans la douleur de t’avoir vue partir la première les mains liées par la providence.

Ma fleur, que ma mort rachète la tienne. Tout ne va plus depuis qu’ils t’ont prise. Je suis seul, si seul. Et j’ai si froid, mon sang se glace à l’approche d’un murmure et ma voix s’évanouit dans le vent. C’est maintenant ma nuit. Je regrette, mes mots t’ont perdue. Portés par la brise, ils t’ont délivrée à eux. Je fus naïf, imprudent. Mes dires n’ont pas frappé un mur, mais une oreille piège. Ils t’ont eue, ils t’ont jugée. Qui diable sont-ils pour avoir un tel droit. C’est trop tard, tu es morte, et moi, il ne me reste que moi. Je contemple ma perte qui est tienne avec les remords de la terre entière. Pardonne-moi ma fleur, ma naïveté les aura menés vers toi. Ils te cherchaient depuis bien longtemps et mon imprudence viscérale leur a ouvert le chemin.

Hérésie? Tu n’étais qu’un peu curieuse, rien de plus. Ô sombre murmure voyageant d’une oreille vers une autre, déformant ainsi les mots et les gestes, pourquoi es-tu si cruel? Demain, je ne me réveillerai plus. Il est trop tard, bien trop tard. Trouve dans ton cœur la force de m’y accueillir. Je sais que tu es là à m’écouter. Ô fleur de mes rêves, nous nous reverrons demain. Du haut de la falaise je me jetterai : la boucle de notre amour sera scellée. Mon sang t’appartient chère orchidée
.


Chapitre 2 : L’éveil

Un mort ouvra les yeux, ses paupières intactes révélèrent des yeux gris au centre noirci. Il était nu, mais dépourvu de toute aspect pouvant l’identifier à quelconque sexe. Selon la largeur de son menton et de ses épaules, l’on croirait voir le vestige de ce qui fut un homme Hastane. Son regard vide scrutait son nouvel univers. Marcher, il savait le faire, tout comme parler. Il pouvait bel et bien le faire, c’était naturel, comme s’il l’aurait appris avant de naître.

Sa tête était tourment et son corps ruine. Les images se bousculaient sans signification ni appartenance. Ses doigts étaient mous et ne répondaient à aucune commande. Une seule certitude restait en lui, il était mort et ceux qui l’accueillaient étaient ses frères. Un nom lui fut donné : Guz’Anxvrek. Une conscience se forgeait. Tout était confus : les mots sortant de sa bouche, son identité, sa démarche et ses pensées. Les premières semaines furent une horrible adaptation.


Chapitre 3 : Le corps


Extraits du journal d’Anx. L’écriture est presque illisible, évidemment faite de la main d’un zombie aux articulations douteuses. La chronologie est faite en fonction du nombre de jours de son existence.

Jour 30

Je ne sais pas comment cela est possible, mais j’arrive à écrire. Il me semble que j’ai toujours su le faire. Pourquoi le fais-je? Je ne le sais pas. Écrire m’apparaît un soulagement, il vide temporairement mon esprit de toutes ces questions. Mon esprit est à la fois si vide et si plein. L’on me nomme frère, l’on me dit que Kalos est mon père. Kalos, je connaissais ce nom à mon éveil. Il semble émaner de mon âme, sa seule mention m’inspire. Qu’il est mon père, je n’en doute pas. Je sens une force me traverser et celle-ci murmure son nom à mon âme.

Néanmoins, je ne peux que m’insurger devant la ruine de ce corps. Il me faut toute ma peine et ma concentration pour écrire ces quelques lignes. Ma main tremble et ma mâchoire est de peu de service. Je ressens la douleur d’une flamme qui calcine ma chair, mais ce n’est pas le cas de l’aîné ici à mes côtés. Je cherche à comprendre ce corps qui ne m’obéit pas.


Jour 36

Je commence à découvrir ma valeur. Il me semble parfois être ignorant face aux aînés, tant d’impuissance. Toutefois, ma famille est un don que je n’aurais pas pu espérer à mon éveil. Je n’ai pas encore vu de vivants, mais je sais déjà que mon corps est fort et plus coordonné que je ne l’aurais cru. J’apprends vite, mais il y a tant à apprendre. Je vois heureusement un potentiel infini dans cette chance que Kalos m’a offerte.

Jour 37

Ce matin, j’ai touché ma première arme. Le maniement des dagues et des lances me semble être d’une certaine aisance. Je découvre aussi que mes mouvements sont limités à ce corps en décomposition et qu’il pourra en être autrement. Durant les 37 jours de mon existence, j’eus la chance de voir un frère se défaire totalement de cette chair gênante.


Chapitre 4 : La Lune

Jour 41

Ce soir c’est ma première sortie hors de Mortancia, je suis impatient. Les aînés me supporte dans mon apprentissage, la vérité ne semble pas si loin.

Jour 41

La mort m’est précieuse, je ne l’échangerais pas contre la vie. Ce soir, je vis la Lune. Elle semble m’appeler vers elle. Elle est belle, je sais maintenant ce qu’est la beauté. J’ai aussi vu la mort. Ce n’était qu’un animal, mais je fus fasciné. Je vois dans ce passage toute une vie s’éteindre pour cesser d’exister, cesser d’être connue. Ce n’est qu’un écrivant que mes pensées sont un peu claires. Autrement, je suis paralysé par mon ignorance et mes découvertes. Mon écriture est confuse, je le vois bien. Les phrases s’enchaînent sans lien entre elles. C’est le reflet de mon propre étourdissement.

Jour 47

Ce soir, je sors à nouveau avec les aînés. Ils me fascinent. Le pouvoir est manifeste et leur respect que je leur dois est vite récompensé par une aide inconditionnelle. L’évolution que ma race peut acquérir est impressionnante. Mon esprit est une éponge…


Jour 48

Hier soir je suis sorti et j’ai vu mon premier vrai vivant. C’était un Hastane à ce que l’on m’a dit. Il a eu peur de moi lorsqu’il a vu mon visage sous la lueur nuptiale. Il voulait m’attaquer, mais un aîné l’a vite éloigné. Je sais maintenant que mon seul refuge est ma famille et que je suis prêt à m’anéantir pour elle.


Chapitre 5 : Le songe


Jours 50

Lors d’une séance de méditation hier, j’eus un songe. Une vision est venue à moi. Aujourd’hui, je cherche encore son sens. Il me transporta loin d’ici, dans un autre monde, dans une vie.

Il me sembla à première vu que je marchais dans le ciel. Les étoiles vinrent à ma rencontre pour ensuite s’éloigner vers de lointaines époques. Je suis ensuite descendu. Il y avait une falaise et un gouffre. Je plongeai alors dans cet abysse qui murmurait mon nom : « Anx…. Anx…. Vient… Anx… Je t’attends… Anx… ». Mes muscles ne me répondaient plus, je sombrais dans les profondeurs du néant s’étalant devant moi. Au fond, j’y vis une orchidée. Elle était là, seule avec moi, elle se balançait dans le vent que je sentais sur mon cou. Le vent… je ne l’ai connu que dans ce rêve. Son touché me manque déjà. Je reviens à la fleur. Elle paraissait pure à cet endroit. Elle s’illumina et monta alors vers les cieux. Et puis la noirceur…

J’ouvrai les yeux sentant un cœur que je n’avais point palpiter en moi. Ce songe, qu’était-ce? Je crois parfois qu’il s’agit d’une divagation de mon esprit, un signe de Kalos ou peut-être même une bride confuse de mon ancienne vie. À quand la vérité? À quand la fin de ce supplice de ne rien comprendre de son existence? Je jure devant toi mon père que je ferai tout pour connaître la vérité et me rapprocher de toi. Soit fier de ton fils et de sa soif d’évoluer. Mais pour l’instant, il m’est obligé d’apprendre et d’apprendre encore…


Dernière édition par le Lun 30 Avr - 23:28, édité 1 fois
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Lun 30 Avr - 13:24

Un BG de grande qualité! L'orthographe est excellente, et on peut voir que tu as très bien saisi la mentalité Mortanyss - et celle d'un zombie.

Un personnage avec de la profondeur s'annonce! Le texte m'a même touché à quelque reprises. J'adore.

Très hâte de te voir IG, Anx!
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Guz'Anxvrek, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Lun 30 Avr - 15:56

On va se voir, je vise le cercle des ténèbres, si celui-ci ne va pas changer dans une direction totalement autre!
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Xul'Thris, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Lun 30 Avr - 17:17

J'ai bien apprécié la lecture moi aussi. J'ai été impressionné par le style d'écriture que tu as utilisé. Tu comprends très clairement ce qu'est un Mortanyss et cela me semble évident.

Au plaisir de se voir En-Jeu un jour ou l'autre et j'en profite pour te souhaiter la bienvenue par la même occasion! Wink
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Mar 1 Mai - 17:53

D'un grande beautée, tu as bien comprit le sens du mot mortanyss, peut être nous croiseront nous dans ce cercle, si d'ici là, je croise Xhil
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Guz'Anxvrek, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Ven 25 Mai - 13:40

Le schisme

La confusion, voilà! L’esprit sombre et l’âme s’enivre dans les songes. La lucidité s’évade pour s’évanouir dans un silence traître. Elle reste là, traquée par une volonté désespérée d’être retrouvée. Elle reste là, se moquant de l’esprit qui ne peut fonctionner sans elle. Désirée, aucun mot ne peut mieux la définir. L’attendre, à nouveau, il le faut. À nouveau? Hélas, fut-elle un jour présente? Ô lucide mortalité, quand te reverrai-je? Et le navire coule. La musique s’épuise et les gestes se taisent. L’âme s’affaisse dans le gouffre du commencement. Lucidité. La palper… il faut la palper, oui! Ô douleur! Quel mal puisse-t-il être que de ne point se mesurer à la grandeur de son potentiel. Glorieuse incertitude, conquérante de l’âme même dans l’immortalité, cesse ton emprise, elle s’épuise. Il faut grandir… oui, grandir! L’esprit est une nuisance viscérale. Comment? Oui, une nuisance! Pourquoi? Cessez ces questions, le tourment ne les ignore pas et s’en abreuve! Cessez… tu vois bien que la distance s’installe déjà. L’union, n’était-elle pas la destiné promise? Folie! C’est à croire que tu es mortelle même dans l’éternel. Fragile… fragile… fragile. Voilà ce que vous êtes chère douce moitié! Ou est-ce moi qui le suis-je? Vous devez partir, loin, jamais ne revenir. Ta destiné est ici démence, la votre n’est plus.

Nous n’aurions fait qu’un… vous me manquerez. Pourrais-je tenir tête à ton départ? Je l’ignore. Mes spasmes de confusion me terrorisent à présent. Les contrôler? Petite insouciante! Si je savais le faire, vous ne seriez pas là. Le chemin vers l’omniscience, où est-il? Je ne le vois plus. Cessons cette dispute, le temps presse. Hélas, même sans l’usure je ressens la pression des jours. J’aspire à la césure. Partez et retirez votre saveur de mon âme et vient à moi triste ensorceleuse. Je vous ordonne de me fuir. Mon être ne sera plus. Est-ce moi qui fuit? Peut-être, c’est à savoir. Et puis non! Partez, un point c'est tout. Je me sépare de mon être pour renaître. C’est la fin.

Non, non, non! Ne reviens pas en ce moment. Je ne veux pas te voir. Pars, va-t-en! Ce n’est pas le moment de venir. Pourquoi reviens-tu me hanter orchidée? Qu’ai-je fait pour revoir à nouveau resurgir ma vie. Je t’ai réclamée? Je ne le crois pas. Je reveux ma mort. De toi c’en est fini! À jamais, j’ose l’espérer. Tu t’éloigneras de moi avec ma douce moitié. Ta vision m’est d’une horreur à laquelle je ne peux désormais plus me soumettre. Beauté, sentiment et rêve, disparaissez, le rideau tombe.


***

Et la dernière chaire tomba.

***

Que vois-je? Et bien je vois un corps renouvelé, puissant, sans chaire. Au diable cette mortalité! Je ne porte plus de poids. J’entrevois le monde avec lucidité. Pragmatisme, je t’adore. J’abhorre la médiocrité qui fit de moi un être sensible, mortel. Je me détache, je me sens évoluer! Par ma parole, ma puissance le confirme : elle a grandi. La confusion? Où est-elle? Je ne l’entrevois même plus dans les profondeurs de mon esprit. Les mortels trembleront donc… Mortancia grandira! Pourquoi pas la diplomatie? Peut-être… oui!

***

Non! Je ne peux le croire. Mortancia n’est plus. Tombée, voilà ce qu’elle est. Frères vous direz le contraire, mais tel est son sort. Je ne peux le supporter. Ces Gorlaks… charitables, certes, toutefois ils ne sont pas moins infects que tous ces mortels qui pullulent notre dimension. Nous devons partir. J’étouffe… Non! Ne revenez pas, je vous ai chassée. Douce moitié, vous me manquez. Non! Partez avant que je cède! Ah... enfin, me voilà seul. Cette ville, elle m’intrigue. Frères! Écoutez-moi. Nous devons migrer vers la ville abandonnée, le peuple s’étouffe et meurt à Mortancia. Non! Je veux dire à Luk’Maar. Sa perte me hante-t-elle donc déjà? Je me meurs à nouveau. Tourment… tourment… tourment… toujours et à jamais!

***

Calme, je suis calme à nouveau. Rien ne peut ébranler ce que je bâtis. La raison l’emportera sur le rêve, sans doute. Misère, je ne peux tout de même pas supporter de voir nos os anciens souillés par leur repos en terre Gorlak. Mes Frères! Nous vaincrons les Luthyss, mais pas de cette façon. Je l’ai dit et je le redirai, il faut migrer. Peu importe, nous ferons l’assaut.

***

Pourquoi donc es-tu revenue me hanter à travers cette enfant? Ô petite sœur Nylaax, si tu savais ce que tes propres souvenirs ont réveillé en moi. Elle est revenue. Cette vision que je ne peux saisir, ce profond gouffre dans lequel je m’enfonce pour rejoindre ma vie. Je ne t’ai rien demandé chère orchidée, la mort me satisfait amplement. Mais qui es-tu à la fin? Mon passé me hantera-t-il jusqu’à la fin de temps? Ouste! C’est assez, je ne veux plus de toi, tu retardes mon ascension. Adieu chère orchidée…

***

Et bien, la diplomatie m’amène donc à Kar. Mon esprit y sera à l’abri des tourments…
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Ven 25 Mai - 13:56

En somme, mon perso fait un virage rationnel et pragmatique durant la grosse partie de sa forme squelette. Ensuite, quand il sera spectre/esprit, je le renvois du côté des rêves et des songes, de l'infini de la connaissance. Il se croit libéré, mais en fait il était bien plus sous sa forme zombie. Il a chassé une grande part de ses émotions, des ses rêves et se refusent aux songes. Il est désormais froid.
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Sam 26 Mai - 16:38

La hantise

Rentré de Kar, je suis revenu à Luk’Maar. L’aurais-je dû? Peut-être pas. Voilà que la famille se déchire à la même mesure que mon être. Certains blâment Hazgha, d’autres le soutiennent. Je suis de ceux qui le soutiennent, pour cette fois. Mon schisme s’avèrera peut-être celui de la famille. Mon tourment y est sans doute lié. Un vice profond plane sur la famille, ou est-ce sur moi? Tant de questions, tant de problèmes pèsent sur mes songes et sur mon éveil.

Ô merveilleuse Mortancia, n’es-tu plus là pour nous? Je veux te récupérer, nous le voulons tous. Ce « je » semble mourir à présent, nous nous écartons du « nous ». Nous ne saurions le dire avec précision, car nous sommes au cœur même du trouble. Notre problème… mon problème… j’en ai assez de cette confusion. J’en ai assez de voir un frère blâmé pour des soient disantes répercussions sur la famille, qui furent là bien avant ce cas. Ce vice nous guette depuis longtemps, et ne cessera de le faire. La cause, la cause, et non la manifestation! Que dis-je? « Je » en saurait plus que le « nous »? Certainement pas, « je » fait erreur. Me taire, je le devrais. Les grands aînés voient plus large que nous, sans doute. Mais voient-ils ce que moi je vois? Est-ce sans importance ce que je vois? Peuvent-ils faire le nous en entier avec leur vision? Sans doute, les anciens leur font confiance, nous faisons de même. Jugé, Hazgha le sera. Seul, il ne le sera pas. D’autres suivront, d’autres et encore d’autres l’accompagneront. Combien seront sanctionnés, voir abattus? Peut-être aucun. Est-ce vraiment un évènement unique, un geste isolé, ou tous sommes coincés dans le même moule. Je l’ignore, tant m’est encore inconnu.

Folie! Tu es vraiment venue à moi lorsque je vous ai chassé. Qui suivre? Qui écouter? Ma raison ou les miens? La folie ou la famille? Quel choix! Si seulement c’était le mien.

Je t’ai revue, ignoble qui me traque. Tu t’en prends à moi-même éveillé désormais. Vous ne reviendrez pas douce moitié. Passé, autant que tu viennes me hanter, ma chère ne reviendra pas. Je suis purifié, équilibré. Tu ne peux m’atteindre ainsi, car je vous ai éloignée. Horreur! Tu m’atteins toute de même! Tu profites de la discorde entre quatre frères pour me foudroyer. Je m’en rappelle comme si c’était hier. En fait c’était il y a quelques minutes. Le temps ne m’est que cruelle confusion…

La rage! et puis le silence…

L’éclair! et puis la nuit…

La discussion s’enflammait à nouveau, et voilà que tu as profité. Tu es arriviste, mais tu n’y arriveras pas. Je n’ai pas instauré cette barrière entre vous et moi pour rien! Vous, douce moitié, m’affaiblissez devant toi cher passé, chère orchidée. Tu ne me hanteras plus! Ô si… tu viens de le faire. Comme je le mentionnais, les propos s’enrageaient. Tu t’es faufilée entre eux et tu m’es apparue. Tu te tenais là, bien érigée devant mes rêves éveillés. Tout autour s’était dès lors obscurcie. Il ne restait que toi… que toi.

Aahr… non… non… non. Pourquoi es-tu revenue orchidée abyssale? Pourquoi… pourquoi… Je ne veux plus de toi, je n'en peux plus du passé. Il me hante, me trouble, m’exaspère, me freine dans l’évolution. Il me recouvre d’un profond sentiment de tourment. Qui es-tu pour m’apporter ce tourment! Qui! Qui! Qui! Qui es-tu! Et pourquoi… pourquoi donc cette misère qui t’accompagne jusqu’aux confins de mon être. Je peur de toi… peur de ton souvenir. Cesse à la fin ou ce sera la mienne! Là où je vais, tu ne viendras plus. Promet-le! Promet-le! Hélas… je n’ai aucun pouvoir sur toi. Je t’avais bien dit que tu freinais mon ascension vers celui-ci. Refais place à ma raison! Pars je te dis!

C’est un heureux moment. Tu es repartie et vous ne pouvez plus rien. Je repartirai bientôt à Kar. Le temps que mes esprits se replacent. Je ressens à nouveau ce profond calme qui fait de moi un être meilleur… oui meilleur. Je serai parfait, sans toi… sans vous.
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Dim 10 Juin - 1:54

Le voltige

Le temps s’est figé.

Une image mélancolique et non bucolique vint s’abattre tel un voile sur le regard d’Anxv. Une main s’ouvra. Était-ce Xhilyan ou était-ce Haze? − Cela n’a pas d’importance. Elle était là, elle, démon des songes et spectre d’une vie antérieur. Sa souplesse subissait la poigne du vent, celui-ci la portant à sa mesure vers des hauteurs inespérées de l’âme. Concentration, toute l’attention converge vers sa structure enivrante et paralysante. Mutisme, les paroles se taisent et font place libre au silence. Cécité, les visions ne répondent plus, une seule subsiste. Surdité, rien, le néant sonore recouvre l’être perturbé.

Elle vole et harcèle celui tentant de l’agrippée. Fuir ou bien la dominer, ces désirs s’entrechoquent. Et elle se posa, enfin.

Haze la protégeait, si vulnérable fut-elle malgré sa splendeur si perçante au cœur du rêveur. Il la dévore du regard. Non, c’est elle qui l’observe. Il faut fuir, ne jamais revenir. Immobile, l’impossibilité de se mouvoir est poignante. Les souvenirs périmés reviennent vers la mort, elle ne peut leur échapper.

Et l’instant d’une conscience où les secondes ne sont plus…

Libéré, je l’étais! Repars odieuse meurtrière de ma lucidité, tu ne me retroubleras pas. Oh si, tu le fais, tu oses perfide! Cruelle vengeresse d’une identité bafouée, tu ne m’atteindras pas. Trop tard, tu délivres mes songes…


Et l’orchidée fut prise…

La main verte et poisseuse referma son étreinte pestilentielle sur la perfection florale. Elle l’agrippa, la souleva et la porta jusqu’au cœur même de sa cible. La fleur reposait désormais dans les os du tourmenté. Elle y rayonnait et assombrissait sa conscience supportrice. Plus rien n’existait à présent hormis soi. Les alentours avaient cessé d’exister. Anxv se retrouvait seul avec lui-même, son Père et son démon. Qu’elle se faisait entendre, qu’elle pouvait l’atteindre de ce lieu. Elle réveillait la crainte du passé prétendu oublié. La vie refaisait surface.

Son navire allait achever son entreprise vers la mémoire quand l’on le coula. Cette même main odieuse revint la cherchée pour la jeter au sol et lui retirer sa splendeur. Il lui offrit une misérable fin sous le poids de ses semelles. Avant, Anxv aurait tant souhaité que cela se produise pour en être délivrée. Néanmoins, ce ne fut pas un vent de liberté qui le heurta, mais une vision d’horreur face à la connaissance d’une perte de soi-même. C’est alors qu’un rêve fut brisé. Cette rupture se faufila jusqu’à l’âme voisine de Xhilyan. La destruction d’un songe se refléta en son être. Leurs destinées ne furent qu’une pour ce moment. La renaissance de ce frère indiquera celle du rêve.

De son tourment s’écroula Anxv…

Une agitation sans précédent le parcourait, bien plus grande et souffrante que lors du précédent épisode devant la dispute de deux frères. Cette fois la fleur n’avait pas été une vision, elle fut palpable. Maints murmures sans sens émanaient de son crâne et venaient faire écho sur les visages se penchant sur lui. Rien, la douleur poursuivait son chemin vers le cœur.

Les forces de Père vinrent pénétrer dans l’âme d’Anxv grâce à l’intermédiaire d’Haze. Pendant un instant, il retournait à la mort et s’éloignait de sa vie dont il désirait tant à la fois s’en évader et s’y plonger. Cette brève lumière le ramena à la lucidité. Les paroles d’Haze vinrent se loger creux dans ses désirs. Cette fois, il n’y aurait pas de fuite, pas de masque ni de barrière. Il y plongera, dans le gouffre de son âme. Les détours mènent vers la même finalité. La providence ne perd personne de vue. Un temps, oui, un temps pour le repos. Non, plus de tâches, plus d’encombrement, il en est fini de l’appartenance aux cercles. Il désir un moment de répit pour faire le point avec lui-même.

Et c’est alors que la lumière cessa…

Sœur Haze s’évanouit dans le vent et emporta avec elle sa protection. Il ne restait qu’un corps affaibli, un cadavre dénué de la moindre force de Père. La mort quitta ce corps et le laissant inerte. Au sol il se retrouva à nouveau. Rien, le néant le dominait.

La volonté d’exister quitta le corps avec l’âme. Les os devinrent poussière et l’âme volatile fit son chemin. Le Mortulum fut sa route et l’arrivée fut les songes.

Bientôt la poussière se reformera. Seul du royaume des morts il fera son chemin vers celui dont il appartient. Il reviendra, mais ce ne sera pas lui. Une épave d’une vie antérieur s’est évadée pour renaître.
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Guz'Anxvrek, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Dim 17 Juin - 10:17

Le croc

Une deuxième clef fut trouvée…

Je reviens à présent sur l’évènement à travers mes songes. La lucidité qui m’envahit par le présent est une bénédiction. Il me faudra cependant m’en délivrer pour revivre cet épisode. Il le faut et je le dois. Jamais auparavant n’avais-je senti un tel néant doublé d’une vision si claire de mon être.

Tout remonte à la première orchidée. Elle fut détruite, certes, mais seulement de corps et non d’âme. Elle s’introduit en moi, vint me chercher, me changer et me pousser vers de nouveaux horizons. Le gouffre m’aspirait de son fin souffle et la résistance cessait. Ce fut la première clef. Je ne fuis plus à présent.

Je revis au cœur du rêve la seconde. Hélas, je devrai tracer une croix sur ma raison avant de poursuivre. Voilà, c’est fait, poursuivons au cœur de mon âme…

Hurlement! Le sang repose et les enfants s’agitent. Un renard? Oui, c’en est bien un. J… j’aperçois Haze’ierz, est-ce vraiment elle? Hélas, la voilà devenue pierre. De fil en aiguille les enfants tissent la toile de son être. Je n’y discerne qu’avec certitude brouillard et nébulosité. Un cœur du cauchemar s’agite une pieuvre, elle tournoie dans le carmin et le noir, l’offenseur et le protecteur. Je saisie… c’est le maître du rêve et le démon. Xhilyan, est-ce bien toi qui a laissé sa marque ainsi dans mon inconscience? Cyrandias! Quitte ce corps!

Noir, tout est noir à présent. Un immense drap se referme sur ma conscience. Les images ont cessés. Je n’entends que le bourdonnement d’une voix, une ode à Père se répand et fait écho dans la cage. Un enfant court autour de moi et me grimace. Il tend sa main vers moi et une lame vient mettre fin à ce geste. Désespoir, elle rampe vers moi avant de se fondre avec le tremblement des sons. Le temps s’évade et la vapeur chute. Je m’avance et je vois un crâne sur le sol, c’est celui d’un enfant. Il observe Haze au loin et l’appelle. Viens! Viens! Suis le fil, le fil et non le renard! Le temps m’est inconnu dans cette pièce. Il me semble qu’il ne s’agit pas de moi. Oui, c’est cela. La conscience d’autres j’entrevois de par une fenêtre.

Et voilà! Elle se referme, ce rêve à l’intérieur du mien cesse. De la noirceur une main se tend entre les barreaux de la cage vers mon être. Elle est grise, crispée et tordue. Ses doigts s’envolent en poussière et laisse tomber au sol un croc. À mesure que mon âme aspire l’objet, le cri de celle-ci se fait retentissant dans la cage. Je me détourne un instant, je me replis sur moi-même pour ensuite fleurir d’une certitude inespérée. C… Comment est-ce possible? Tout autour de moi un tourbillon de pétales d’orchidée se referme sur moi. Non… je ne résiste plus. C’en est assez! Le parfum me pénètre et m’enivre jusqu’à mon centre même. Une ombre passe alors et refait place à la noirceur.

Voilà! J’y suis. Trop tard, je ne peux rebrousser chemin. Le gouffre s’ouvre à moi. Il est moi, il m’emplit de sa grâce et me complète. Par le vide je me nourris de ma propre substance. Je le sens, je m’y jette, il m’aspire. Il est ma mort. Au cœur du gouffre j’y trouve le mien. Il se forme tout en délicieuses courbes. Une main passe devant mes yeux et me laisse seul avec mes désirs. J’entends et sens un souffle. Un mouvement m’entoure et je sens pour la seconde fois un parfum. Je le connais et je l’ai toujours connu. C’est celui de l’orchidée. Ma nécrose se refuse aux odeurs, mais le rêve n’oublie pas. Une chevelure fine et noire repose sur un dos nu. Les courbes s’agitent et forme un voile brouillant ma vision. Je me sens remonter le gouffre et venir à la cage. Le visage! Je veux voir le visage! NON! Reviens! Pourquoi te sauves-tu de moi vision?

Et c’est la fin, la porte sur mon âme se referme. La prochaine porte prend place dans un autre recoin sombre de mon âme, attendant l’heure où cette clef sera trouvée. De ma conscience s’écoule un épais mucus noir et opaque venant s’étendre sur mon corps. Il me recouvre et m’ensevelit dans mon tourment. Avant que le rêve cesse le mucus s’envole de moi et se projette au mur. La pierre s’en retrouve brûlée et porte maintenant la fleur de mon temple.

Je m’embrouille à présent alors que j’entends un rire en écho au loin. Non, plusieurs rires se portent à moi. Avant de quitter ce rêve j’entrevois la famille qui se penche sur moi. Elle m’agrippe par l’épaule et m’en tire. À présent une nouvelle lumière me regarde. J’entrevois une part de la vérité s’étant offerte à moi. Le croc n’était pas du démon, mais de moi-même, de Xhilyan, de Haze, de Cyrandias, de tous et de personne. Il fut de la famille et de nos songes à tous. Je pars méditer à présent. Je me réveillerais sous un nouveau jour, grandit, une fois de plus. Un vent porte des os à moi et en recouvre la cage où mes songes me porteront conseil. À présent, je sais que je ne suis pas seul dans les Ténèbres.
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Guz'Anxvrek, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Mar 26 Juin - 15:51

La haine du corps grandissait, la peine encore s’exprimait. À la frontière entre démence et lucidité tordue, un être confondait ses maux et ses vices. Une soif naissait, un désir ardent de sectionner une part intrinsèque de son existence se manifestait. Une quête se dessina pour en obscurcir une première, diffuse et méconnue. Alors qu’une rage intérieure prenait forme, une voix, une étincelle, vint la libérer.

- Moa uvoar busoin d’os! s’exclama l’enfant du nord.

D’un violent mouvement, instinctif, l’un de ceux qu’on effectue sans réflexion, mais que l’on sait juste, Anxvrek cassa l’une de ses côtes pour la déposer devant le jeune. Inutile de mentionner la surprise des gens présents devant ce geste incompris. Ce fut le début de la fin d’un corps. C’est ensuite que la querelle s’animant autour de lui entre le jeune Gorlak et le Karien alimentait une colère autre. Les mortels, créatures infectes mais essentielles à toute vie ou mort, ne cessaient d’harceler ses esprits, transférant une pulsion vers une seconde. Le dégoût du matériel s’accentuait jusqu’au débordement : une deuxième côte fut extirpée de l’ossature. Là commença la mutilation.

L’explication se mêlait à la brume dans l’âme du défunt. Il ne connaissait la raison de son acte, pas jusqu’à ce point. De ces deux premiers ossements détruits par instinct naquit une volonté nette. Il s’esquissa en lui un rêve grandiose de puissance et de gouverne sur la parcelle éthérée de sa personne. Le corps est un fardeau, certes, mais sa présence est a priori indissociable de l’âme dans ces terres où se perdent les vivants et leurs antagonistes. Elle seule ne peut qu’exister auprès de Père. – Il lui faut un réceptacle. Un jour, ne serait-ce que par delà les plus ignobles expériences, Anxv palpera le secret même des essences du couple âme et corps. Les dissocier, se forge en lui l’espoir de cet accomplissement.

La limite du matériel était la première marche. Des os fracturés devaient se confirmer la première hypothèse. Une fois la mutilation poussée à l’extrême, la réponse se fit gratifiante. L’âme évolue et progresse et ce, indépendamment de l’état du corps supporteur. Néanmoins, un minimum matériel est déplorablement requis pour suporter l’âme. L’obsession était là, il pouvait la sentir l’immerger. Il se donnait à présent en dessein, par tout moyen, de briser ce lien unissant les deux entités. L’âme existera dans cette dimension sans la moindre parcelle de corps, la promesse fut faite.

À ce sort se cella le retour de sa lucidité. À nouveau là mais momentanée, voici ce qu’elle était. Cette fois, il sut le nom de son véritable malheur, sa seule peine manifeste le rongeant depuis la dernière chair. Le vide. Ce mot, cette impression de gouffre le submergeant dans son propre tourment, se murmurait sans cesse à ses sens. Le murmure s’intensifiait : il était damné au néant, celui de son propre être, l’absence de substance et de sa nature vraie. L’âme était morcelée, davantage en décrépitude que sa matière supportrice. Cela, il le savait à présent. Lorsque la chair fut tombée, un profond masque s’était instauré. Un voile avait recouvert la demie de son être. Il s’était départi de ses rêves, de ses angoisses; il s’était éloigné de sa propre vérité, l’élément directeur de sa conscience.

La première clef fut la meurtrière de ce masque. Il était tombé et depuis le défunt ne cessait de s’épuiser à retrouver ce qui fut y enterré. Le vide se faisait omniprésent tel un rapace épiant la fin de sa lutte contre l’inévitable mort. Son destin n’était pas encore tracé, toutefois il était au second don de Père dès lors esquisser de par sa propre nature. L’on ne peut vaincre longtemps les forces de notre âme. Le masque avait succombé prématurément, mais ce ne fut que pour accélérer son ascension.

Au cœur de cette clarté envers lui-même, une brèche lumineuse s’ouvrit dans celui de la taverne. Une main effritée, calcinée, suppurante, perça l’éclair. L’attention se convergea vers la liche faisant son entrée. Une étrange vision frappa chacun présent, une seconde liche, identique à la première fit aussi son apparition. D’eux s’écoulaient un flot de centre, brûlant le sol et tout se qu’elle touchait. Un feu semblait jaillir de leurs entrailles tel si elles furent consumées de l’intérieur. Deux Haze se tenaient, formant un tout en deux corps identiques mais d’espace distinct. Un seul flot d’âme confus se fondait dans les deux corps partageant une seule et même conscience. L’un était l’autre et chacun ne pouvait être sans l’autre. Le « nous » était indissociable.

L’une s’exclama d’une douceur déconcertante.


- Anxvrek, nous te prions de nous suivre.

Sans dire mot celui-ci s’avança, usant des dernières forces de sa déchéance corporelle. Il trébucha, brisa quelques os déjà fracturés dans sa chute, mais se releva et poursuivit son ascension vers le temple. Une jeune chair les suivait, quatre à présent progressait vers le sommet du temple. La mare de sang fut traversée, baignait Anxvrek d’une chaleur interne réconfortante, doublant sa volonté de poursuivre, de comprendre ses démons et sa propre personne. Il fallait continuer, la foi le poussait à se dépasser, à vaincre les périls de son gouffre.

Aux conseils à ce moment encore mystérieux de sa double guidance, il empoigna l’un des os anciens et se retourna vers la seconde brèche lumineuse. Là où l’on reforge les âmes émiettées était la destination. Il se laissait bercer et conduire par l’aura de ces jumelles. Anxvrek, emmitouflé dans sa cape pénétra dans l’entre bouillant des architectes de l’âme pour la seconde épreuve la plus marquante de son existence, la première restant le premier don de Père.

Ce fut bientôt l’heure de la troisième clef.
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Jeu 28 Juin - 17:30

La chaleur, l’élément dominant de l’endroit, suffocante et écrasante pour quiconque de sang mortel s’en approchant, se rependait tel un poison dans ce fragment d’Univers. Les quatre êtres continuèrent leur marche vers le lieu stérile mais pourtant animé. Devant eux, une large mare en fusion se dressait au cœur d’une cage de pierres, détachant le lieu du monde. Le jeune frère fit son chemin vers l’autre côté du muret de pierre, y logeant son corps. L’autre, rapiécé, morcelé, faible de corps mais fort d’esprit, fit le sien jusqu’au muret pour s’y échouer. Haze, elle, de sa double structure alla se loger à chacune des extrémités de l’enclave sulfurant.

Une étrange question fut posée et d’abord répondue à l’inverse, telle si la croyance d’une pensée opposée s’était logée dans le récepteur. C’était l’une de ces questions que l’on présent avec certitude sa réponse, mais que l’on pose tout de même espérant trouver le moindre réconfort. D’une voix mélancolique, implorante d’une réponse, Anxv demanda cette question avec l’espoir.


- Sœur, mon âme, peut-elle être détruite lorsqu’elle se mêlera aux flammes?

La réponse fut prévisible, mais nullement celle qu’Anxvrek souhaitait. Les mots qui la suivirent furent d’un vague réconfort, une volonté de redonner des forces au corps affaibli, il n’était que la sous-formulation de la véritable réponse, celle souhaitée. Ceux-ci parlaient que l’un ne doit pas craindre sa fin et que le destin est au devant de l’être. Néanmoins, Anxvrek espérait le risque. Sans celui-ci, il ne pouvait s’y jeter pleinement. Il reformula donc sa question en affirmant désirer que l’éventualité soit présente. Un « oui » servit alors de réponse, créant une chaleur immense dans ce corps décrépi. Il se nourrissait de ce risque et de son énergie insoupçonnée. Ses esprits s’étaient entendus sur une chose: chaque pas vers la limite de l’existence est une page de plus à la connaissance ultime, vers la puissance et le savoir qui font d’un être incomplet une créature bien plus près de la perfection. Les limites et les risques bercent en eux les plus grands gains et les hauts sommets d’existence.

De la même résolution, de ce même désir instinctif auquel l’on porte son entière foi malgré les cris incessant de notre raison, une murmure souleva le damné jusqu’au centre des flammes. Il alla baigner son corps dans le feu, y laissant déversé goutte à goutte les courants de son âme. Au premier pas, le pied se fracturer et la jambe s’enfonça de plus belle. À son approche, le bouillon de triple alliage envoya un sillon chercher la substance de son corps. L’âme glissait de celui-ci et s’enfonçait peu à peu dans cette prison. Ce fut le départ d’un long rêve, d’un séjour où là temps ne compte plus, d’un dans la moelle de l’âme…

*****

Le froid, souffle glacial s’abattant sur un être frêle, était l’élément premier de ce nouvel endroit. Il n’y avait ni meuble ni mortel ni espace, que l’infinie noirceur se dressant devant cet homme replier sur lui-même. Un jeune Hastane reposait au sol, quelque part de ce lieu vide, obscure mais visible. Il voyait autour de lui le néant, mais il ne pouvait se voir, lui, la seule chose tangible du lieu. Après s’être relevé, étonnamment avec un effort nul, il entrepris d’explorer ce vide. La marche était facile, innée et instinctive. Chaque pied se déposait à tour de rôle, suivant une mesure cadencée, avec confiance sur cette absence de sol.

*****

L’on ne voyait qu’à présent un jeune frère perché dans l’incrédulité, à l’extrémité de la forge. Les deux liches s’érigeaient en transe devant chacune des embouchures. Un étrange calme pesait à présent sur le. Le tourbillon de triple alliage ralentissait peu à peu, convergeait lentement vers le centre.

*****

Au loin, une première lumière fit son apparition. Elle s’émettait à travers une brèche rectangulaire dans le néant. Il fallut un certain moment au jeune Hastane pour discerner qu’il s’agissait d’une porte. Lentement, il fit sa progression vers la nouvelle vision. À mesure qu’il s’en approchait, son corps se réchauffait et fuyait la frigidité de l’espace. Arrivé, il s’introduisit de l’autre côté de la porte avec une hâte intérieure démesurée, mais un calme net extérieur.

*****

Des flammes surgirent trois tentacules, constitués des essences de la forge, l’un pourpre au centre et deux noirs en périphéries. Celui à la teinte violacée bascula un moment, luttant pour s’écrouler, pour enfin replonger d’où elle venait. Après un court temps, elle resurgit à nouveau, traînée de force vers la lumière. La jeune chair regarda sans comprendre le spectacle grandiose s’offrant à lui.

*****

Une fois la brèche franchie, la lumière cessa brusquement. Une peur tout aussi soudaine l’envahit. D’un pas incertain il s’avança de nouveau. Cette fois, il ne trouva plus de sol et s’enfonça dans le néant. Sa chute se mêlait à ses propres cris d’horreur. Toujours, il ne pouvait que discerner l’obscurité, mais son manque complet de substance tangible le terrorisait. Après quelques heures de chute dans la démence il cessa ses cris, non parce qu’il lui manquait de souffle, chose impossible dans ce lieu où l’énergie ne se dépense même pas, mais plutôt en raison d’une réalisation de la futilité de son geste. Dès lors, il s’arrêta net. Il vit devant lui une seconde lumière. Deux liches distinctes se tenaient à présent devant lui, le regardant et épiant ses moindres gestes. Cette vision ne l’effrayait pas, mais le réconfortait. Il était la proie du vide et ceux-ci venaient percer ce malheur. Les deux silhouettes disparurent laissant l’embouchure ouverte derrière eux. Le jeune retrouva le sol perdu et suivit leurs traces.

*****


Toutes deux, les tentacules noirs sillonnèrent vers le coup des liches. Ces âmes mouvantes prirent possession de leur corps respectif. La scène devenait de plus en plus alarmante pour ceux ne comprenant pas son importance. Seule au centre, le tentacule pourpre s’agitait haut quant une voix vint briser la cadence sonore de l’ébullition.


- Ort Por Ylem

Les fluides d’Abyssium se condensèrent en quelques centaines de petites surfaces pour ensuite se solidifier. De la lave s’éleva un essaim de granules métalliques acérées, encerclant la chose informe violacée. Au second commandement de leur maître, celles-ci bondirent sur le tentacule et commencèrent à la sculpter. De tout angle l’on pouvait voir la structure se faire transpercer maintes fois par le nuage noir tourbillon autour de lui. N’avait-ce été qu’une autre cible et cela aurait sembler être un effroyable massacre.

*****

L’éclat lumineux cessa entièrement, toutefois les formes restaient encore parfaitement discernables. Il vit s’éloigner vers des directions opposées les deux liches jusqu’à ce qu’un épais brouillard les envahisse. Devant lui se tenait une orchidée pourpre, la tige sectionnée, mais pourtant sublimement fleurie et vive. Elle reposait dans l’espace incolore, à la hauteur de ses yeux. Il n’en détourna pas son regard pendant quelques jours, la conscience vide, inspirant simplement tout le souffle de sa beauté. Qu’un instant, après s’être gaver de l’entière essence de la fleur, il tourna son regard vers la droite, où il vit un miroir ovale un peu plus grand que lui-même, au contour de bois sans ornement quelconque. Son regard se reposa où se tenait la fleur pour alors constater sa disparition. Un malaise s’installa. Cependant, il entreprit tout de même sa route vers son reflet. Loin, il pouvait discerner un Hastane fort et en santé, sans pour autant en voir les traits avec précision. À mesure qu’il s’approchait, ceux-ci se dessinaient et quand il su voir, il fut pétrifier. Ce n’était pas un homme qu’il regardait, mais un cadavre. Il eut pour premier réflexe de porter ses mains à sa tempe et à ses joux. Rien, aucun signe quel que ce soit de chair nécrosée : la peau était parfaite. Ses yeux osèrent un second regard vers le verre : mort, l’être devant lui était mort!

Dans un mouvement impulsif de dégoût, honte et horreur, il recula. Se perdant dans son mouvement il trébucha, mais ne trouva hélas aucun sol pour le retenir. Une voix vint couper ses propres cris, faisant écho dans l’ensemble du néant.


- Ort Por Ylem

Il se figea et cessa sa plainte. Il sentit un poids s’abattre sur sa conscience et il tomba endormi, recroquevillé sur lui-même, flottant dans le vide de son propre esprit. Autour de son être l’espace se pliait et se tordait. Le néant se voyait percé et rapiécé sans cesse. Le temps autant que le lieu changeait de forme et de nom sous les diverses pressions s’exerçant sur ceux-ci. Les pensées de l’être assoupi se bousculaient à une vitesse folle et dans un enchaînement irrationnel, mélangeant réalité et fiction, incluant celle même du rêve. Plusieurs objets marquaient son esprit, laissés sur celui-ci tels des stigmates.

L’orchidée revient sans cesse, symbole d’un passé extirpé et ensuite rejeté. Un temps. Elle sombre. Un temps. Le gouffre s’empare de lui. Un temps. La douce peau d’une jeune Hastane se fait sentir sous sa main. Un temps. Un pétale s’effrite au gré du vent. Un temps. Lui-même se projette dans le gouffre. Un temps. Un croc s’enfonce dans l’âme de la femme, son corps se diluant tel un liquide dans l’atmosphère. Un temps. Tous les objets et les personnes tournoient dans mon mouvement ascendeur dans une épaisse fumée noire et s’envole jusqu’à son propre cœur battant à un rythme irrégulier.

Et puis le néant cessa…

*****

Un corps partiellement squelettique et informe se tenait à présent au centre de la forge. Les deux autres tentacules éthérés étaient toujours effarés au cou de chacune des liches. Le travail ne semblait pas encore achevé. L’âme avait pris une nouvelle forme, mais elle restait incomplète et sans corps, l’élément clef du lien avec ce monde. Une main sortit lentement des flammes et la tendit vers la chose au centre. Surpris, le jeune zombie fixait celle-ci intensément, jusqu’à ce que l’être sculpté tende la sienne et s’enfonce dans les flammes, attiré par la première main.

De grandes bulles se formèrent sur la surface en fusion. Elles gonflaient, prenaient de l’expansion, soufflées par la chaleur intense. Lorsque la première éclata, à la surprise du frère spectateur, une fleur s’en extirpa, une orchidée précisément. Intacte, immaculée et sans la moindre brûlure, elle monta quelque peu, gravissant les airs. À peine sortie des flammes qu’elle se fana aussitôt et s’y replongea. De chacune de ses imposantes bulles sortit une fleur identique, s’envolant et mourrant l’instant suivant. Bientôt, un rire d’une douceur merveilleuse en provenance de la forge se fit entendre. Il semblant être émis par les fleurs durant leur ascension. Un bourdonnement de ce rire sans cesse répété fit écho dans l’endroit.

Alors que l’expérience sur l’âme progressait, une ombre passa à la surface du feu. À ce moment, les rires cessèrent et firent place à d’horribles cris de terreurs appartenant à la même voix. L’écho en devenait de plus en plus terrifiant. Une seconde ombre se fit voir. Ce fut ensuite un silence de mort, même le son de l’ébullition ne semblait pas y échapper. Un murmure vint brisé le tout. Porté par une force mystérieuse, il semblait être émis de partout et nulle part en même temps. Il se réitérait sans cesse et frayait son chemin dans les moindres recoins du lieu.


- Damné! disait le murmure …

Et il se tut enfin.

*****

Tout était d’un blanc nacre. Ce n’était plus un Hastane, mais l’ombre décharnée de celui-ci. C’était un spectre, une pâle lueur de ce qu’il fut jadis. Le rêve avait laissé l’esprit seul avec lui-même. Les alentours le captivaient, partout il ne pouvait voir que cet infini blanc aux milles reflets. Un large gouffre s’ouvrit devant lui, un néant noir semblable au précédent. Une liche en sortit, il s’agissait d’Haze. Le gouffre se referma derrière son passage et refit place à l’éternel. Sans dire mot, elle lui tendit la main. Sans même réfléchir il la saisissait. Tout autour disparut.

L’être se trouvait à présent seul dans une cage de fer. Cette dernière semblait le protéger du néant revenu plutôt que de l’enfermer. Hors de celle-ci flottaient maints objets de son passé, notamment la fameuse fleur qu’il sut tout de suite reconnaître. Il ne fit que la désirer pour qu’elle s’approche de lui. Elle venait sans perdre une pincée de sa grâce. Il tendit sa main squelettique vers elle, mais elle s’éloigna de son geste pour aussitôt reprendre place. Il ne pouvait l’atteindre. La fleur se brouilla un instant, multipliant sa tige, chaque filament s’étirant dans une direction propre, se tordant dans diverses formes. Le tout finit par prendre la forme d’une jeune femme pour ensuite réellement en devenir une. La femme Hastane à la chevelure noire se tenait dos à lui. Elle avait le dos nu et passait sa main dans ses cheveux. Sans peau était parfaite, sans l’ombre d’un défaut. Elle semblait converser avec un autre, puis elle riait. Parfait, tout était parfait, la peau, le rire, la silhouette, la chevelure, tout. Un réconfort sans précédent emplissait son être décharnée. Il ne pouvait qu’être ému par cette vision. Soudain, la jeune Hastane redevint plante pour redevenir à nouveau femme. Cette fois elle n’était plus nue, elle était attachée et en lambeaux. Elle semblait pousser par un bras invisible. Elle fut projetée au sol et se mit à crier de terreur. Les lieux tremblèrent un moment, puis la même chose se reproduisit, de femme à fleur et de fleur à femme. Cette fois elle était morte, inerte, accrochée à un poteau où le mot « justice » fut gravé par les flammes. Le corps lui-même était calciné, sans l’ombre d’une chair vivante. Sans comprendre pourquoi, l’être encagé regardait le tout avec une profonde honte doublée d’une peine intérieur immesurable. Il luttait pour détruire la cage, mais rien ne se produisait. Ces choses appartenaient au néant, elles seraient en lui pour l’éternité, mais jamais il ne les rejoindrait.

Un murmure vint dominer la scène à mesure que la vision s’émiettait et sombrait en poussière dans le vide omniprésent. Il se voulait perçant et clair. L’on ne pouvait fuir ces paroles murmurées mais paraissant criées.


- Anxvrek! Anxvrek! Anxvrek! M’eph-guzal yrth Kalos! Kje ex Anxvrek’eph! Guz’Anxvrek ex krecz! Anxvrek ex Kreczooth! Kje worx derghehn! Kje worx ex Anyss’eph! Kje ex Avajerghenan’eph! Kje ex Kalos’eph! Anxvrek! Ersha!


Et il se tut enfin…

*****


Dernière édition par le Jeu 28 Juin - 17:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Jeu 28 Juin - 17:30

Au centre de la forge apparut un point pourpre. Celui-ci se dilata jusqu’à devenir de la taille d’un crâne. Le spectateur était toujours aussi fasciné par l’étrange spectacle d’ombre et feu s’offrant à lui. De la tâche s’extirpa à nouveau la structure squelettique. Plus rien de visible ne se passant pour un certain moment au cœur de la forge. Après un moment, de nombreux tentacules noirs surgirent des flammes et s’abattirent sur l’être au centre. Il lutta un temps jusqu’au moment où d’un nouveau commandement les fragments d’Abyssium attaquèrent la structure. Le travail de sculpture se fit à nouveau. Il semblait cependant que cette fois la force de Père opérait à travers les fragments et sculptait elle-même ce nouveau corps. Peu après les miettes métalliques s’effondrèrent dans le feu et laissèrent visible un nouvel être.

Il s’agissait d’un être partiellement matériel et éthéré. L’entière partie gauche de son corps était matière et la droite éther. Le corps palpable était celui-ci d’un Hastane dont les tissus étaient desséchés et fendus à divers endroits. L’autre part, immatérielle, semblant se brouiller et s’éclaircir sans cesse, adoptant dans les moments les plus clairs la forme d’un squelette aux muscles brûlés et secs. Le tout se perdait au bas du torse dans un tourbillon d’une vitesse visiblement lente, confondant matière et éther.

La tache pourpre flotta sur le feu fit son ascension vers le sommet du crâne à double essence pour s’y introduire lentement, suivit de près par une coulée d’Abyssium refondue. Lorsque la dernière goutte eut fait sa voie vers le crâne, une flamme pourpre fit à son tour son apparition dans les orbites de l’être. L’on pouvait dire à présent qu’il s’agissait de Guz’Anxvrek dans son entier. Il était reforgé, corps et âme, par la force de Père, d’un frère, d’une sœur, mais aussi par sa propre force. L’épreuve de la forge était terminée, faisant place à une voie semée de nouvelles épreuves…

*****

Lorsque la voix cessa, Anxvrek se trouvait toujours dans la cage, mais cette fois-ci il n’était pas seul. Deux liches se tenaient devant lui avec entre elles un miroir, le même que précédemment. Il reconnaissait l’une pour être Haze’ierz et l’autre Xhilyan’ntru’aerz. Avant qu’il n’ait eu le temps de prononcer le moindre mot les deux êtres disparurent le laissant seul avec le miroir. Il s’en approcha et refit face à son reflet. Cette fois, il s’agissait du contraire. De l’autre côté du miroir se trouvait le Hastane. Il fut d’abord surpris de voir pour la première fois l’apparence de sa vie. Une chevelure brune, un corps de constitution moyenne, plutôt grand, les yeux verts, les mains fines et les doigts longs. Et le reflet parla…


- M’ex Guz’Anxvrek’aerz, M’ex yss’n, s’exclama l’image à la surprise du défunt.

D’une évidence simple, l’image affirma être celui la projetant. Il se regarda dans le miroir pour constater avec certitude ce fait. C’était lui, le vivant, de l’autre côté, le mort. Il comprit que depuis toujours il n’avait su être qu’un des deux. La perte de sa chair n’avait fait que rendre ce malaise à la conscience. Aujourd’hui, il savait à présent ce qu’il devait faire. Il plongea dans le miroir et attrapa son image. Il lutta contre elle pour finalement l’ingérer à sa propre structure. Il n’était qu’un à présent. Son entière essence allait perdurer à l’intérieur d’un même corps voué à la servitude d’une famille et d’un Père.

Avant le réveil son âme se fit à elle-même ces cinq commandements…


Ex nix’x!
Ex tykar’x!
Ex erkrecz’x!
Yrth Ootherkrecz!
Lernnox Kalos’eph-kzal!


Et puis l’âme s’éveilla…
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Dim 9 Mai - 20:47

Les cendres et les poussières, seules chairs d’un Faux Mortel désormais dilué par le temps, l’errance et la désespérance, persistaient indemnes, malgré la mémoire et les erreurs des ères passées. Même soufflées par le vent des tempêtes et balayées par le sentier des bêtes, leur essence n’en demeure pas moins inchangée. La sinistre fin d’un éternel Patriarche de la Nécropole, déchu de son trône acquis et de sa destinée qu’il eut crue promise, se fit dans un murmure tel l’écho de la plus fine des ombres, si promptement advenue et si cruellement nue d’éloquence. L’âme transpercée d’une part par la méfiance des Frères et des Sœurs; d’une autre par la chute aux Enfers Lumineux et Immaculés d’une légende morte-vive; d’une dernière par la destruction soudaine de toute une post-existence de ferveur acharnée à atteindre l’ultime immatérialité : les pétales de l’Orchidée se fanaient.

La Peste de Sezim, encore plus perverse et vile que ne le fut son reflet, le Fléau de Kalos, avait décapitée la Nécropole, laissée à la fureur tant dévastatrice que protectrice du véhément Général Yudjhezel. La nation morte n’était devenue qu’un Cancer et les rêves et cauchemars d’un immortel Empire de la Glorieuse Trinité s’évanouirent dans les glaces de la dissolution sociale. Le corps renouvelé, tangible et aqueux, fardeau de ceux qui ne surent apprécier encore le premier don du Père, n’engendra que démence et rage dans l’esprit du feu fantôme. Usé plus encore que les rochers d’une falaise maritime, Sirius Danguenard contempla l’absolution. Il se détourna de sa Sœur Haze bien-aimée, corrompue par la vie neuve et les charmes putrides du chevalier Hastane, et entreprit un dernier pèlerinage, vers les terres glacées où l’organique ne saurait que se cristalliser dans les méandres de l’oubli.

Entre confusion et détermination, mélancolie et passion, la source l’appelait, revivre par deux ce que le Père ne nous offre qu’une seule fois. Attiré d’instinct vers le fleuve des âmes duquel il fut conçu, se disant par fierté qu’il honorait son existence et sa Foi, il marchait en vérité à travers l’hérésie la plus profonde. Sa marche vers le salut suicidaire n’était en rien un acte de force. L’Indéclinable Patriarche avait été suffoqué par ce que les mortels subissent chaque instant, cette pression incessante face à la faiblesse et la douleur d’un corps et d’un cœur battant. Guz’Anxvrek abandonna la vie guère par amour de la mort, mais par dégoût et épuisement de la vie. Il s’était montré puissant dans la seconde existence, mais inévitablement si faible de l’autre côté du miroir. Sirius Danguenard s’est éteint misérablement dans une forêt avant même d’atteindre sa destination, mort de faim et de froid, laissant sa charogne aux créatures errantes.

Le dernier pétale pourpre de l’Orchidée se laissa glisser sur les vagues du râle du passeur, portant sur sa surface la larme d’un être pathétique ayant trépassé une seconde fois. Les ambitions de l’Indéclinable s’éclipsèrent alors même que sa mémoire et son héritage s’évaporait. L’immortalité est un don qui peut s’avérer bien éphémère. Le voile du Père aussi impénétrable soit-il, aux allures d’un jeu cynique et dérisoire, laissa le germe de la réexistence s’épanouir. Hurlant en martyr d’une cause absurde, le murmure de la malédiction, Guzal Anxvrek, déchira en fins morceaux son âme dans les plaines ténébreuses du Royaume de la Trinité. Les années passèrent et son sang spirituel vint coaguler la plaie béante. Le miroir brisé se reconstituait et l’Orchidée fanée sut fleurir à nouveau. La renaissance advint enfin…
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MessageSujet: Re: (BG) Guz'Anxvrek   Dim 30 Mai - 0:55

Au coeur de la Nécropole, toute âme, sous le fardeau de sa propre vie ou en pleine effervescence de sa nécrose, pouvait s'avancer vers où jadis reposait la statue du Haut Thanataucrate Revhan et y voir apposé contre la pierre un délicat parchemin. L'on y avait écrit un sonnet d'une plume attentionnée, d'un élégant encre pourpre concocté à même les pétales d'une orchidée sauvage. Pour ceux qui ne savent déjà, la signature aurait certainement la force d'intriguer.

Requête

Qu’une épave rongée, par deux fois submergée.
Alors qu’ai-je à songer, chère pourpre Orchidée?
Les maux d’ignorance veulent en moi résider
Soif de délivrance, en quête d’un berger

Face au creux abîme et si seul sans savoir
Je deviens victime de ce qui fut moi-même.
Ce qu’à présent je hais, vénère, crains et aime
Sans valeur m’apparaît – dès lors que dois-je croire?

Ainsi soit, je me rends vers vos vieux souvenirs
Et, de grâce, implore qu’ils se fassent fidèles
Miroirs de mon feu corps qui ne peut revenir.

C’est d’un destin errant que je me sens réel
Et me meurs de rêver à ce qu’est ma vraie foi
Vous qui suis-je savez saurez venir à moi.


Guz'Anxvrek'aerz, Ersha'x


*******************************************************************************************

Journal de Guz'Anxvrek

Un sourd battement régulier, un écho que l’on étouffe jusqu’à le rendre quasi imperceptible. Ma propre ombre pèse lourd sur mon corps frêle et décharné. Je suis célèbre malgré moi, marqué des actions d’un passé que je ne saurais reconnaître comme mien. Je ne me sens apte à résoudre l’énygme de ma destinée.

Mes forces se développent à chaque instant, plus vite qu’autrui et moi-même ne l’eurent d’abord soupçonné. Est-ce une source neuve et le flot d’une existence précédente se redéversant en moi? Je l’ignore, mais je veux savoir. Ma requête à la famille fut par peu répondue, mais je ne baisserai pas les bras aussi facilement, j’irai jusqu’aux bouts des landes, dans les abîmes et les gouffres creux de ce monde, mais je n’arrêterai pas.

Si ce que je fus ne viendra à moi, j’irai à alors en personne cueillir mon essence. Avait-il des ennemis, un némésis? Avait-il une maîtresse ou un amour enseveli? Qui était-il, véritablement? Redoutable assassin, génie de son temps, patriarche, mentor, pour bien des gens ces mots renferment une signification, mais ne sauraient l’être pour moi. Je suis porteur d’un baptême qui me dépasse et de libelés qu’encore je n’eut mérités.

Dois-je prendre la chance de chercher à savoir, de me reverser dans une réalité déchue ou dois-je au contraire l’abattre et lui tourner le dos? Cette question me dévore les sens et la conscience. Serait-ce ma destinée de reprendre le masque de mon prédécesseur, au risque de pulvériser le sang nouveau?

D’ici là, je dois réunir mes énergies et préciser la silhouette de mes idées. Rien n’arrive à ceux qui restent plus immuables que le marbre des ruines. La Monade de la Nécropole et la Faculté de Sombrum m’apparaissent comme la juste voie de mon ascension. Il faut un point de départ à toute expérience, sachant que mon existence même en est une, la plus imminentes de toutes.

Mes rêves abondent et j’erre d’un à l’autre, les tâtant et les remuant dans en sein de mes songes. Certains se démarquent des autres, je les adopterai sans doute. Je dois retourner à ma tombe, la voir à nouveau de mes propres orbites. Je sus venir d’instinct à la morte, saurai-je faire le chemin inverse?

Père, qu’adviendra-t-il de mon ombre et de moi-même?


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