Bienvenue à Mortancia

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 [BG] Eazox

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Eazox, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:08

Cinq années passèrent, un temps qu’il ignorait de son côté, ne possédant plus aucun repère quant au déroulement des années. Pire encore, il ne savait même plus s’il faisait jour ou nuit. Et à vrai dire, il ne s’en souciait guère à présent. À quoi bon lorsque l’on est condamné? Quelques fois ses pensées s’égaraient à savoir si certains de ses Frères et Sœurs le recherchaient, plus tout finissait par s’évanouir, comme à l’habitude. Pourquoi réellement s’arrêter à se questionner sur ce genre de sujet? Ironiquement, il se trouvait si près d’eux, dans un domaine clos de Mortancia. Les jours continuèrent de passer…
Dans son Domaine, le Haut-Thanataucrate Revhan explorait différentes options quand à savoir quoi faire de son prisonnier. Il faisait les cents pas dans son Musée, d’où le Théocrate du Tribunal de la Trinité l’observait, chaque jour, impassible. Il s’arrêtait de temps à autre devant une des nombreuses œuvres qui faisaient parti de sa collection, comme s’il se trouvait en quête de réponses auprès d’elle. Puis il recommençait ce même manège, aussi interminable soit-il, il ne semblait point s’en fatiguer ou trouver un quelconque épuisement.

Quant au Théocrate, il demeurait là, immobile, jugeant la scène qui se répétait à chaque jour. Un certain amusement se dressait à l’intérieur de lui alors qu’il masquait tant bien que mal un petit sourire. Il passait régulièrement sa main sur le globe qui prenait place au sommet de son boulnar, observant le prisonnier. Il comprenait de plus en plus en l’analysant ce qui fascinait tant son ami Revhan en lui. L’ironie du sort fit en sorte que ce Mortanyss prenait trop à cœur sa famille. Point la bonne, mais cela prouvait ses attachements et en quoi il prenait racine. Lui-même, il compara sa relation avec Revhan, qui datait d’avant leur mort respective. À la différence près que le renégat trouvait alliance familiale à travers une traîtresse. Et il ressentait les questionnements qui tourmentaient le Haut-Thanataucrate. À vrai dire, il pouvait même aller jusqu’à le comprendre puisqu’il se trouvait éprouver de ces mêmes questions qui créaient cette scène jour après jour. Le Père des Mortanyss ne semblait point vouloir émettre un jugement sur un de ses Enfants malgré ce que l’on percevait au Tribunal de la Trinité comme étant un acte de sacrilège. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine admiration pour celui que l’on qualifiait de légende à Mortancia.

Pendant dix années, ce même rituel se déroula. Chaque jour, les deux personnages reprirent leur rôle, les mêmes questionnements, les mêmes sentiments les habitants tous les deux. Puis vint le jour où celui que certains identifia tel un Élu s’arrêta puis se tourna vers le Vampire. Un simple regard entre les deux Mortanyss permit à l’autre de comprendre le dénouement. Kalos ne semblait point vouloir le juger. À vrai dire, il se demandait si il le voulait ou simplement s’il ne pouvait pas. Finalement, il réussit à déchiffrer les intentions du Père des Morts. Telle sa vision, il voyait ce Mortanyss comme étant une œuvre inachevé. En fait, depuis leur première rencontre, il le percevait comme tel. Il possédait cette certitude absolue que jamais il ne joindrait les rangs de la Famille à part entière et qu’il se trouverait déchirer entre ses deux familles éternellement. Malgré tout, il ne sentait point ce désir monter à lui de l’anéantir. Et ce peu importe ce qu’il put ou envisageait de commettre. En réalité, il craignait la réaction des siens. Mais malgré tous ces doutes qui l’animaient, il ne ressentait aucune peur réelle à exécuter une telle décision. Il restait d’ailleurs une chose qu’il désirait prouver, un ultime test. Une simple interrogation quant à connaître les réelles capacités de cet individu. Mais encore là, malgré une importance plus grande que les autres raisons énumérées, celle-ci ne relevait que de sa curiosité. Car malgré tout ce que l’on lui attribuait comme capacité, il se considérait comme un Mortanyss parmi tant d’autres. Mais en rien cela ne le poussait à ne point agir comme il se le devait. Malgré ce sentiment de devoir accomplir son devoir divin, un élément venait interférer, et créer un conflit en son fort intérieur. En toute franchise, et cela, il n’éprouvait aucune honte à l’avouer et à se l’admettre même, ce prisonnier, il le respectait.
Lentement, il sortit de son Musée des Arts pour se trouver sur son balcon qui lui permettait d’avoir une vue sur l’Ancienne. Il huma l’air de ce que l’on appela jadis le Refuge. Il prit un temps pour observer les mines de Nox non loin de là. Puis balaya complètement l’endroit du regard pour s’arrêter sur le Tribunal. Ses mains se refermèrent lentement sur la pierre froide, laissant ses ongles s’incrustés légèrement. Le Tribunal surplombait tout Mortancia du haut du Mont du Jugement, comme Krehos se plaisait à l’appeler, une appellation qui le faisait particulièrement sourire. En traça à l’aide de son champ de vision une ligne droite qui se rendit au Temple. Il le détailla pendant un instant, avant de lâcher un long soupir.

Derrière lui se trouvait Krehos, masqué par la pénombre. Les deux mains tenant son boulnar devant lui, prenant appui comme à son habitude sur l’objet de son pouvoir. Il sentait en ce jour le dénouement d’une vie en quelque sorte. Point n’importe laquelle, celle d’un Frère, inconnu mais qu’il connaissait malgré tout. Une page s’apprêtait à être tournée à Mortancia, une lourde de page. Pour lui, il s’agissait d’un moment aussi déterminant que la traîtrise d’Haze, bien qu’il n’eût point connu cette dernière, il savait très bien l’ampleur qu’elle possédait à Mortancia, et ce au même titre que du premier châtier du nouveau régime. Pourtant, il ne pouvait réellement approuver un tel geste. Alors qu’il émettait ses pensées, son regard se trouvait toujours rivé sur Revhan. Ce dernier même laissa son attention marquer une bifurcation en sa direction. Le manque de réaction lui prouva qu’un élément lui échappait désormais. Mais il demeurait persuadé qu’un moment important de cette nouvelle ère allait s’inscrire en ce jour.

Revhan s’empêcha de rire à cet instant où il perçut les pensées du Théocrate. Non, il ne s’agissait point ici d’une exécution à part entière. Mais plutôt d’un test, pur et simple, qui allait prouver bien des choses en ce jour. Lentement, il ramena son attention sur Mortancia, la détaillant. Puis il laissa son regard poursuivre sa route jusqu’au domaine de la Praetoriat. Ce dernier se heurta bientôt à la Tour de la Praetoriat. Si élégante, dressée telle une œuvre d’Art dans un des recoins de la grotte. Si simple d’apparat à l’extérieur tout de même, elle laissait ressortir l’un des traits les plus évidents de ceux qui l’habitaient : l’efficacité. Elle venait d’ailleurs compléter le tableau à merveille venant, comme chaque élément le composant, donner sa touche personnelle et unique à Mortancia.

Quant à lui, Krehos savait que le moment était venu. Il se dirigea vers un des présentoirs où l’on trouvait sur le dessus une petite boîte d’origine inconnue. Il l’ouvrit délicatement et sortit de là un corbeau blanc, albinos. L’unique spécimen des landes qui possédaient une caractéristique en commun aux Mortanyss, l’immortalité. Il caressa délicatement son plumage et l’invita à se poser sur son avant-bras recouvert d’un bandage rouge vif.
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Eazox, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:09

Lentement il se dirigea sur le balcon pour rejoindre Revhan. Ce dernier se trouvait en pleine rédaction d’un message.

Lorsque son corbeau arriva près de lui, il le laissa se percher sur la rampe. Puis, le Haut-Thanataucrate roula son message puis l’attacha à la pate de l’oiseau. Puis il s’envola faisant quelques cercles au-dessus d’eux, puis il partit délivrer son message au Valet. Car, le temps pressait désormais, bientôt, des évènements allaient perturber le calme.
Le corbeau poursuivit son envoler, se dirigeant dans la grotte, se frayant un chemin jusqu’à la sortie. À l’extérieur, il prit rapidement de l’altitude pour gagner les hauteurs du ciel Teilia. Au-dessus des nuages, il se déplaça rapidement, survolant la chaîne de montagnes qui entourent la Morte. Il passa rapidement au-dessus des territoires Mortanyss pour s’arrêter dans la Colonie du Mortulum, non loin de Val’Arak, il se percha sur l’épaule de son destinataire. De sa main ganté, il laissa descendre le corbeau de Revhan sur celle-ci puis déroula le message alors que le corbeau pris aussitôt son envolée.

Vêtu de son long manteau violet, celui que l’on appelait le Valet s’empressa de quérir une monture. Étrangement, il fit le même chemin que le corbeau, mais cette fois-ci au sol, s’engouffrant finalement dans l’Ancienne. Il croisa le regard de Revhan en passant devant le Domaine de son dernier. Il frôla un des deux Praetors qui surveillaient l’une des entrées du Domaine de la Praetoriat puis se rendit au pied de la Tour. Il s’empressa d’y entrer puis se dirigea vers son sommet où se trouve la Salle du Thrône. Là se trouvait assis un personnage sombre, celui que l’on appelait l’Archpraetor.

Lorsque Revhan vit passé le Valet, il prépara sa marche dans l’Ancienne. D’un pas lent mais ferme, il suivit exactement le même chemin que le Valet. Seule exception, les Praetors s’inclinèrent au passage du Haut-Thanataucrate. Il arriva finalement à la base de la Tour de la Praetoriat. Là l’attendait le Valet mais plus principalement Artrakaz, son Archpraetor. Pendant que le premier s’inclinait devant sa présence, il dispensa à l’autre un léger signe de la tête. Longtemps, leur chemin ne s’était croisé. Il l’examina même pendant un instant, le jugeant.

Lorsque l’Archpraetor reçu la visite du Valet, il savait pertinemment de qui venait le message, et en connaissait même le contenu sans l’avoir lu. Il se leva de son siège puis pris le chemin vers la sortie. Chacun de ses pas raisonnaient avec force dans l’endroit, donnant l’impression même qu’il ébranlait la structure à chaque fois qu’il rabaissait un pied au sol. Son imposante stature lui conférait une dominance évidente sur le Valet mais aussi sur chacun de ses Praetors qui ne bronchèrent point à son passage. Revhan l’attendait en bas, rapidement, il sentit le regard de ce dernier l’inspecter. Derrière son lourd heaume, il ne s’empêcha guère de faire la même chose envers le Haut-Thanataucrate.

Bientôt, le manège de l’Élu cessa. Il avait quelque chose à faire, bien plus important que de reluquer l’Archpraetor. Il prit alors les devant, derrière eux, deux Praetors fermaient la marche, comme s’il en était réellement nécessaire. Il ria intérieurement du protocole tellement il n’en voyait guère la moindre importance. Mais il se devait le respecter. L’Archpraetor ne prenant tout simplement rien à la légère. À ce titre, il admirait cet esprit de dévouement chez son garde du corps, ou plutôt le responsable de sa garde rapprochée.

Ils se trouvèrent finalement dans le dongeon, il remarqua le regard du prisonnier se poser rapidement sur lui. Il lui envoya même un léger signe de la tête en guise de salut. Un Praetor qui gardait la porte, sans mots à dire, l’ouvrit lentement, alors, il entra dans la geôle du Mortanyss qui allait connaître son dernier jour après dix ans d’attentes.
Voilà dix années qui se déroulèrent depuis son incarcération. Écrasé au fond de ce qui allait devenir son domicile le plus fréquent après le sarcophage qu’il utilisait de son temps de Momie, il commençait à y prendre habitude. Rien ne changea également, toujours aussi terne, quelques visites d’insectes se firent de plus en plus fréquentes au fil que les années avancèrent. Le calme plat, il s’y acclimatait parfaitement. Un léger regard de temps à autre en direction des Praetors qui guettaient la grille qui servait de porte. Il ne pouvait dire qu’ils les percevaient comme des Frères. À vrai dire, ceux-ci ne pouvaient être réellement des membres de la Communauté Mortanyss. Ils se trouvaient bien au-dessus de ceux-ci. Une gloire refoulée dans l’Histoire qui, tout comme chaque Mortanyss, eût don de résurrection. Ils n’œuvraient que pour Kalos, le Père, son Père, bien que ce détail, il n’en possédait plus la même certitude qu’avant. À vrai dire, chaque jour depuis dix ans, il doutait de plus en plus. En quelque part, peut-être était-ce ce doute qui l’enfermait là? Il ne le savait point, une simple hypothèse d’un homme seul au monde. Il voyait même son reflet en ses gardiens. Les Praetors, pour lui, n’agissaient jamais, enfermés éternellement dans leurs sombres armures serties d’Abyssium. Ces figures mythiques, il les voyait chaque jour, désormais, elles faisaient parti de son quotidien. Il ne pouvait en fait nier ce fait, il ressemblait davantage aux Praetors qu’aux Mortanyss, et davantage à ce jour après les avoir côtoyés si longtemps.

Soudainement, un bruit, plutôt un tremblement altéra ses pensées jusqu’à les interrompre totalement. Il risqua un œil en direction des Praetors qui ne bronchèrent point. De son côté, une certaine crainte l’animait, mais la réaction de ses gardiens le réconforta aussitôt. Il s’agissait sans aucun doute de quelque chose de normal, pas pour lui mais pour eux tout au moins. Il identifia la cause comme étant des pas. La structure de la Tour entière s’ébranlait, et il ne savait guère ce qui se passait en ce moment. Plus le tout s’atténua d’un trait, comme c’était venu. Il se leva, pour une des rares fois depuis dix ans et passa une main sur un mur. Bien que le calme retrouve sa place, il demeura néanmoins à l’affût. Les Praetors restent des individus connus pour leur fanatisme ainsi que leur sens du Devoir, ainsi, même dans un tremblement de terre où tout s’effondrerait, ils n’allaient probablement pas s’en aller, pour plutôt rester sur place si tel était leur mandat. Puis soudainement, il vit ceux-ci bouger. Sur le moment, la surprise le gagna. Depuis tout ce temps, c’était bien la première fois qu’ils effectuèrent un quelconque mouvement, et ce pendant dix ans. Complétant leur révérence, ils s’écartèrent légèrement, permettant aux cortèges composés de cinq personnes, dont deux Praetors à l’arrière de se présenter devant le grillage. Ne percevant rien de la troisième personne, il s’attarda sur les deux autres. Un être masqué de bandelette, portant un long manteau violet, d’une stature plutôt frêle, voilà ce qui en distingua, trop absorbé par l’allure de celui qui se tenait à ses côtés. Un individu allant facilement dans les deux mètres et demie, aux larges épaules, et malgré la présence de l’armure, il se doutait bien qu’elle ne changeait guère de chose par rapport à sa stature. Jamais, il ne vue un individu aussi imposant. Sa tête renfermée dans un heaume qui recouvrent un masque fait d’os anciens, alors que sur les épaule se trouvaient deux crânes anciens. Les quatre Praetors autour d’eux ne bougèrent point, masquant sans aucun doute leur impression, tout comme le Mortanyss d’ailleurs, derrière leur heaume.
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Eazox, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:10

Puis une autre silhouette s’avança, lentement mais surement, il l’identifia : Revhan…

Enfin, il reconnût celui que l’on supposait être l’Élu à l’époque, avant cette période de paix. Il resta de marbre devant sa présence. D’un simple geste de la main en direction du Praetor le plus prêt de la grille, il la fit ouvrir. Puis il entra, deux Praetors s’appretèrent à le suivre, mais d’un nouveau geste de la main, il les repoussa. Les deux gardes consultèrent du regard le monstre qui accompagnait Revhan, puis d’un simple signe de la tête, il approuva le tout. Finalement, les deux membres de la Garde Divine reprirent leur place initiale. Il prit un temps pour le détailler, son habillement avait considérablement changé depuis leur dernière rencontre. Dans une main, il tenait une lame fortement courbée alors que dans l’autre, une simple et vulgaire torche. Malgré l’accoutrement de celui qui devait à présent mener la Nation Mortanne, il réalisa à quel point la simplicité dégageait de cet individu, semi-Vampire, semi autre chose. Portant toujours ce masque fait d’une matière mouvante, il chercha, comme lors de leur première rencontre, à percevoir une quelconque émotion sur ce masque qui définissait tellement bien l’homme : sans vie. Pourtant, il ressentait son regard lourd sur sa personne.

Il risqua de nouveau à détourner son attention vers le colosse qui se tenait au mur. À voir la réaction des Praetors, il se devait d’être leur Chef, l’Archpraetor en fait. Jamais au cours de son existence, il n’avait vu un être aussi imposant et dégageant autant de prestance, de par sa simple présence. À l’image des Praetors, il ne bougeait point. Restant tout aussi stoïque qu’eux, sans vie pratiquement, alors qu’à ses côtés, l’individu vêtu de violet imitait le tout. Quelques fois, il percevait un petit ricanement qui parvenait à ses oreilles. La source provenait de cet être frêle. Mais qu’il ne pouvait se permettre de sous-estimer selon son jugement.

Il analysa l’endroit, évitant le regard de Revhan. Étudiant diverses possibilités quant à une possible fuite mais à quoi bon, la race entière tenterait de l’arrêter par la suite. Car, pour eux, il ne devait être absolument rien d’autre qu’un Luthyss à présent. Et cette possibilité, c’est s’ils croyaient qu’il existait encore, ce qu’il commençait à douter après tout de même dix ans d’absence. Il recula lentement contre le mur, s’y adossant. Alors qu’il s’attendait à voir, particulièrement Revhan, quelqu’un s’exprimer, rien de tel se passa. L’incertitude quant à son futur, plutôt destin, commença à le ronger de plus en plus. À vrai dire, avoir le Haut-Thanataucrate, l’Archpraetor, quatre Praetors et un individu qu’il ne connaît pas l’identité n’augure rien de bon et émet la prédiction d’une fin atroce.

De son côté, l’Archpraetor ne bougea point. Néanmoins, il étudia longuement le Mortanyss qui se trouvait en ligne droite devant lui, la présence de Revhan ne masquant pratiquement point son champ de vision. Il dégageait quelque chose, sans le vouloir réellement. Une puissance émanait de ce Mortanyss. Il se demandait même si lui-même réalisait l’étendu de son potentiel. Quelques informations au sujet du Chevalier parvinrent à ses oreilles lors de son retour. On l’identifiait comme un individu dangereux et avec des principes. Des principes louables mais qui pourrait mettre la Civilisation mortanne en danger, ce dont il ne pouvait tout simplement pas permettre.

Revhan, d’un lent signe de la main fit signe aux personnes présentes de s’en aller, seul l’Archpraetor resta pour respecter son Devoir, et surement à la demande de Revhan.

Le Haut-Thanataucrate de la Théocratie de Mortancia, voilà ce qu’était désormais le titre du Mortanyss, celui que l’on surnomma l’Élu, il y a de cela quinze ans : Revhan. Quinze années finirent par s’écouler depuis leur dernière rencontre. Dix ans séparaient finalement le jour où il décida d’envoyer la Praetoriat l’arrêter. Il craignait que le Chevalier ne passe aux actes et aient retrouvé sa fille. L’œuvre ne changea pas en quinze ans. Contrairement à ce qu’il croyait, il réussit à refouler sa colère, sa haine et toute autre composante qui composait l’œuvre qu’il voyait en lui. À présent, il savait qu’il ne pouvait plus le changer, plus ici du moins et encore moins dans cette vie. Et étrangement, il respectait cela. Il comprenait aussi la légende qui accompagnait ce Mortanyss. Il fallait une volonté hors du commun pour rester en vie au Mortulum alors que les cendres sur lesquelles il se trouvait déposé le rongeaient de toute part. Grâce à lui, on put prouver l’efficacité des prothèses d’Abyssium via la transplantation d’un lien avec ce métal sacré en son âme propre. Un cheminement peu orthodoxe se traça dans le destin de ce Mortanyss. En lui résidait une dynastie tout à fait spéciale. On ne pouvait ignorer l’impact des Hazaël, autant sur les Nargoliths en tant qu’Elle, Erzë et Elenwë, mais tout particulièrement chez les Mortanyss en tant qu’Elzira, Eazox ainsi qu’Haze. Malgré tout ce qu’il pouvait penser des décisions de la dernière, en aucun cas il n’oserait contredire l’importance cette Dynastie a eu.

Mais un élément allait bientôt le prendre de tristesse. Une chose ironique à la fois mais au combien difficile à accepter. Elzira étant tout sauf une Mortanyss, possédant l’Immortalité, elle demeure une usurpatrice alors que plusieurs la considèrent comme telle, on lui attribua même le titre d’Ancienne. Pour ce qui est d’Haze, elle reprit son identité d’antan, et jamais sa traîtrise ne quittera l’esprit des Mortanyss. Et puis, Eazox reste un Mortanyss dans sa physiologie mais son âme renferme un Nargolith. Pourtant, tous les trois marqueront l’Histoire profondément. Eux-aussi réussirent tous leur vie, ce passage dans la Société Mortanyss. Ils amenèrent tous quelque chose d’unique. Finalement, il n’en restera qu’une bientôt : Elzira. Son regard toujours rivé sur Eazox, il le détailla de nouveau.

Il s’attrista de nouveau devant l’inachèvement de ce Mortanyss qui pourrait devenir tant mais qui refusa d’embrasser son Destin. Il commit nombre d’erreurs, d’ailleurs celle d’aller confronter cette entité au Mortulum, ce qui lui coûta pratiquement la « vie », sauvé in extrémiste par … Haze. Le Chevalier attendait sa sentence. En quelque part, il souhaitait probablement de quitter ce monde une bonne fois pour toute. Toute cette haine qui éprouvait envers certains Mortanyss, complètement disparue. Mais en quelque part, il ressentait que le Chevalier l’enfouissait profondément en lui. S’en servant telle une arme, il pourrait être considérablement dangereux. Le Haut-Thanataucrate se tourna vers son garde du corps personnel, dirigeant de sa Garde Divine, Artrakaz.

Sentant l’appel de par le simple regard de son Maître, l’Archpraetor s’avança d’un pas lourd, dégainant sa lame, le tout se mis à trembler autour d’eux. Alors qu’il s’approchait de sa victime, des lames sortirent de part et d’autre du corps du Mortanyss, les mains de ce dernier allant se refermer lentement sur celle-ci.

Revhan esquissa un mince sourire sur son masque, finalement, le condamné avait choisi de se battre…
Un simple regard servit de signal à l’Archpraetor qui s’avança vers lui. Il fit rapidement le lien entre le tremblement qu’il eût tantôt et celui qui se produisait présentement alors que celui-ci s’avançait vers lui. Une forme d’intimidation sans aucun doute utilisée comme technique. Rapidement, il laissa son pouvoir sur l’Abyssium agir et des lames se forgèrent. Il n’allait tout de même point partir sans tester ce combattant émérite. Il perçut une surprise chez le Haut-Thanataucrate dans sa réaction, pourtant, lui-même appréciant l’œuvre qu’il est, devrait savoir comment au fin fond de lui, il est.

L’Archpraetor abattit sa lourde lame sur lui, il para le coup facilement. Ce qu’il ne se doutait point, fût la force d’impact. Il sentit son corps trembler de toute part alors qu’il chercha à repousser la lame. Il en tomba même au sol, son adversaire en profita pour chercher à l’écraser de sa botte, ce qu’il passa très près de faire. Par chance, il réussit une roulade pour éviter le pied de justesse. Il tenta d’organiser une contre-attaque mais bientôt, il réalisa qu’il se devait d’esquiver un autre coup. Décidemment, il allait se trouver en position défensive tout le combat, en espérant que l’Archpraetor commettre une erreur, ce qui devenait très peu probable.

Le combat continua alors qu’il utilisait ses deux lames pour se protéger, commençant à prendre habitude à la force de frapper de son duelliste. Son corps ressentait toujours les mêmes sensations mais il les luttait. Mais il demeurait évident qu’il ne dominait aucune facette de ce combat et bientôt, il se rendit compte qu’il n’avait dirigé aucune attaque contre ce monstre. En plus d’être une puissance à l’état brute, le dirigeant de la Garde Divine du Père, s’avérait être un brillant technicien. Et rien n’y faisait pour percer sa défensive, à vrai dire, chaque mouvement qu’il faisait jouait contre lui et il commençait à se demander si son adversaire ne pouvait point lire dans ses pensées. Il reçut un lourd coup de poing au niveau de son torse, une fissure se créa, pendant qu’il se retrouvait projeté contre le mur. Il sentit ce dernier craquer sous l’impact alors qu’il inspecta les dégâts faits à son armure. Chose qu’il ne put faire longtemps puisque l’Archpraetor s’apprêtait à le décapiter d’un coup, Il réussit à se tasser de justesse, la lourde épée allant frapper une partie de son épaule la découvrant totalement en tranchant l’Abyssium.

Le Chevalier lutta pour conserver l’épée qui se trouvait dans la main de cette épaule, tant la douleur le prit d’un trait. Et celle-ci ne semblait point le vouloir quitter. Puis un autre coup vint et il réussit à effectuer une roulade vers la sortie de sa geôle. Il recula alors que le chef des Praetors s’avançait toujours du même pas vers lui. Revhan le suivant derrière. L’Archpraetor commença à mouvoir son longue épée dans les airs fendant le vent, la pointe de celle-ci s’approchant dangereusement de lui à chaque aller ou retour.
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Eazox, Mortanyss

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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:10

Il finit par entrer dans une autre salle, où quatre chandeliers ainsi qu’une pierre d’Abyssium se trouvait ériger. Cela ressemblait étrangement à une salle de combat. Il tenta une attaque rapide mais il reçut de plein fouet un coup de coud qui enfonça son heaume dans sa chair dû à la fissure qui se créa immédiatement, il tomba d’un trait au sol et il vit la lame s’abattre en direction de son heaume, il réussit à se tourner sur le côté, et celle-ci tranchant une partie de son heaume, éraflant au passage une partie de son visage, défigurant finalement cette partie. Une intense douleur, encore pire que celle de son épaule le pris immédiatement.

En spectateur attentif, Revhan observait le combat avec beaucoup d’intérêt. Il voyait à l’œuvre pour la première fois l’Archpraetor qu’il avait servi jadis et demeura émerveillé devant cette démonstration de domination totale. Sa technique, ses mouvements, tout, rien ne pouvait être reproché. Malgré le fait qu’il ne se considérait en rien comme un spécialiste des arts du combat, il ne pouvait nier le fait qu’il se trouvait dans une classe à part. Il décapitait son adversaire morceau par morceau. Il demeurait impressionnant pour quiconque, juste à le regarder, juste à croiser son regard. À la base, l’intimidation se veut son arme de prédilection. Et tout ceci reste naturel chez lui. Il ne bouge point et la peur gagne ceux qui le confrontent. Il bouge, et au même titre que l’environnement autour de lui, ses adversaires tremblent. Il frappe et tout semble s’effondrer. Seul un Mortanyss pourrait résister à ses assauts pendant un temps mais encore là, il finira par périr.

Mais une chose l’impressionna davantage, c’est qu’Artrakaz ne semblait point apte à porter le coup fatal. Pourtant, les occasions se présentèrent à de nombreuses reprises mais jamais, il ne pût abattre son adversaire. Le Chevalier démontrait lui aussi quelque chose qui marqua profondément Revhan : de la détermination. À vrai dire, il réussissait toujours à s’en sortir. Était-ce dû en partie que par la chance? Il ne saurait vraiment émettre une quelconque opinion juste à ce sujet. Mais le dernier coup reçu allait jouer un rôle déterminant dans l’issu du combat. Voir pour la première fois le visage de ce Mortanyss lui fit quelque chose en lui. Et encore plus de voir à quel point son visage se trouvait à être le reflet de sa personnalité : stoïque, vide de toute émotions, vide de tout. À présent, la chaire se trouvait absente à quelques endroits sur la face découverte.

Néanmoins, le combat prenait des allures épiques dignes des grandes confrontations ancestrales. Malgré tout, et le plus malheureux aux yeux du Haut-Thanataucrate, c’est que personne n’allait entendre parler de ce combat. Car pour lui, Eazox n’existe plus depuis dix ans déjà. Reste que lui, il s’en rappellerait éternellement et il n’allait guère oublier la démonstration faite sous son regard par les deux combattants en ce jour qui allait marquer la fin d’un de ceux considéré comme étant une légende à part entière. Pour Revhan, au moins, le départ du Chevalier sera vu aux yeux des Mortanyss comme au sommet de sa gloire, une chose qui lui revient entièrement de droit. Mais pour l’Élu, il ne le sait que trop eu. À vrai dire, il se trouve hésitant à classifier ce Frère.

Ses pensées défilèrent au même rythme que celui du combat, c'est-à-dire infernal. Étrangement, les quinze années tiraient à leur fin et Mortancia rayonnait sous un nouveau visage à présent. Mais elle s’apprêtait à perdre un des éléments qui participa à l’écriture de son Histoire depuis très longtemps déjà. Chaque coup porté par Artrakaz sur Eazox faisait subir à ce dernier un véritable supplice. La fin approchait à grand pas, chaque bruit provoqué par les lames qui s’entrechoquèrent sonnait les cloches qui guidaient le trépassement du Chevalier de la Mort, serviteur de Kalos. Et à le voir ainsi au sol, le visage partiellement découvert sur un côté, à voir l’élan que se donnait l’Archpraetor pour terrasser, voir même décapiter, son opposant, l’issu de combat se décrivait dans ce geste qui se caractérisait par une violence à l’état pure. C’est alors qu’un bras vola dans les airs, des griffes sortirent du point d’Eazox et parèrent la lame, celle-ci venant créée une entaillure dans la « main » d’Abyssium du Chevalier. L’improbable venait de se produire…

Il se trouvait à sa merci, étendu au sol, fort probablement assommé par ses deux plus récents coups. Artrakaz leva sa lame dans les airs, d’une seule main, il la fit tournoyer pour lui donner de la vitesse. Il savoura ce moment de triomphe. Moment qu’il ne vit pas assez à son goût depuis qu’il a joint les rangs des mortans. Puis il la rabat l’accompagnant de tout son poids, mais soudainement, il perçoit un point. Il laisse toute sa force dans ce coup puis sa lourde lame s’incruste dans le « poing » d’Abyssium de son adversaire. Puis il sent des griffes s’enfoncer à même sa chaire, transperçant sa main recouverte d’os ancestraux.

Il pousse un cri effroyable, jamais quelqu’un ne réussit à lui infliger une blessure. Ce cri caractérise plutôt la colère qui vient de surgir tel un volcan qui entre subitement en éruption. Son adversaire tire d’un trait, et il déchire sa main alors que les griffes déchirent sa peau nécrosée. La douleur s’intensifie tellement qu’il en perd sa lame. Rapidement, il agrippe le Mortanyss et le soulève d’un trait du sol, il serre son emprise autour de son cou et écrase son gorget sur sa gorge, le faisant suffoquer. Évidemment, il sait qu’il ne le tuera point de cette manière mais sa rage l’aveugle. Il finit par le lancer, lui faisant parcourir la salle entière. Le Chevalier finit sa course contre la pierre d’Abyssium. Sa respiration, bien que machinale s’accéléra, il lorgna en direction de sa main déchirée. Il l’ouvre et la ferme, serrant fortement les doigts pour fermer son poing. Il répète ainsi le manège à plusieurs reprises.

Derrière lui, Revhan ne bouge point. Il l’observe, attentif. Artrakaz jette un regard noir en direction du Haut-Thanataucrate. Il le jauge même du regard cherchant à percevoir un quelconque signe chez son Maître. Aucun ne transparaît, il se penche et ramasse sa lame au sol. Il ramène toute son attention vers son agresseur. Il laisse un œil s’égarer sur sa main de nouveau. Pendant ce temps, le Chevalier de la Mort se relève, péniblement. Il utilise la pierre d’Abyssium comme appui. Il tombe à nouveau au sol. L’Archpraetor ne bronche pas. Il savoure le moment. Son adversaire tente à nouveau de se relever, cette fois-ci il y parvient.

L’Archpraetor plante sa lame d’un trait dans le sol dallé. Il s’avance lentement vers Eazox, et ferme sa puissante main sur la gorge du Mortanyss. Il commence à le marteler de coups, venant écraser le visage. Lorsqu’il lâche prise, son adversaire a subi plusieurs dommages. Sa machoire fracturée ne se retient plus que par la présence d’une partie de son heaume. Celui-ci se trouve particulièrement enfoncé à même la chaire. Alors que le gorget vient se ferme complètement sur le cou.

Un mortel ne pourrait subir pareille traitement. Ce qui avait commencé comme un combat se transforme peu à peu en torture, voir même un véritable massacre. L’Archpraetor retourne vers sa lame et l’empoigne fermement. Il revient vers Eazox et l’enfonce dans le ventre le clouant ainsi sur place.

Ce dernier ne peut s’empêcher d’émettre un long cri qui doit prendre écho dans l’Ancienne, partant et revenant sans cesse, prisonnier entre les parois qui les entourent. Artrakaz savoure finalement son triomphe…
Un bref moment de gloire pour le Chevalier, alors que ce dernier a réussi à infliger une blessure à son adversaire. Mais la honte qui habite à présent l’Archpraetor, l’atteinte à l’orgueil décuple sa puissance et il se trouve rapidement agrippé par la gorge, celui-ci le projette de l’autre côté de la salle où il donne fortement contre la structure d’Abyssium. Le choc se veut terrible, tout d’abord, le contact du heaume contre l’Abyssium fait en sorte que tout raisonne autour de lui et plus particulièrement dans sa tête. Mais le métal sacré n’a aucunement fléchi dans l’impact, il a frappé un véritable mur de roc.

L’Archpraetor s’avance lentement vers lui et le martèle de coup de poings, plus puissant les un que les autres. Son heaume s’enfonce sur son crâne, fracassant quelques os, alors que du côté découvert, il défonce littéralement son ossature. Puis finalement l’épée de l’Archpraetor s’enfonce dans son ventre, le transperçant d’un trait, il se trouve cloué à la structure. Son gorget le nuit considérablement, il utilise son contrôle sur l’Abyssium pour s’en débarrasser. Le chef de l’Armée Divine recule lentement savourant sa victoire facilement acquise. Le Chevalier finit par faire en sorte que son heaume, par le même procédé que son gorget, délaisse sa chaire, alors qu’il vient lentement tomber au sol.

Il porte soudainement son regard vers Revhan qui le regarde sans cesse. Puis vers l’Archpraetor qui revient sur le Haut-Thanataucrate. Il incline simplement la tête, non point par respect mais par manque total de force. Dans son champ de vision se trouve son heaume ainsi que son gorget. Probablement les deux dernières choses qu’il verra. Puis soudainement, quelque chose traverse son esprit, une pensée, une idée mais surtout une solution.

Revhan demeure impassible. Il regarde la mort d’Eazox se produire sous ses yeux. Il sent les forces du Mortanyss s’affaiblir à chaque instant. Il sent la colère qui anime toujours Artrakaz. Il s’en amuse même sous son masque. Il bifurque son attention vers ce dernier pendant un instant et le gratifie d’un petit signe de la tête. Puis son regard revient sur le Chevalier de la Mort. Ce dernier se vide peu à peu de ses forces vitales. Le Père des Mortanyss, Kalos, son Père, le quitte peu à peu, lui arrachant son Pouvoir. Mais étrangement, il survit.

Soudainement, l’Archpraetor se trouve pris d’un mal inexplicable. Il se tord de douleur alors que son armure se referme sur lui, Revhan ramène son attention vers Eazox puis sur Artrakaz. Puis il lorgne vers Eazox de nouveau. Il est subjugué. À vrai dire, il ne sait plus quoi faire. Le Chevalier est en train littéralement d’écraser l’Archpraetor dans son armure Elernnox.

Le Haut-Thanataucrate ne comprend pas le phénomène. À vrai dire, il lui faut un temps pour saisir le pouvoir que possède Eazox. L’Archpraetor s’effondre au sol à côté de lui, son armure détruite complètement. Et sans celle-ci, son âme ne vit plus. Le Chevalier a vaincu, et ce contre toute attente.

Eazox relève son attention vers Revhan, son pouvoir sur l’Abyssium ayant réussi à détruire l’Archpraetor. Un léger ricanement émane de lui, puis le tout se transforme en sifflement continu.
Revhan reste là à contempler les dégâts. Alors qu’il lui faudra trouver un moyen de conserver l’Archpraetor en vie, et surtout retrouver le Forgeron-Enchanteur, il voit le vainqueur perdre peu à peu de ses forces vitales, pour quitter aussi lentement Teilia. Il se met à analyser le tout, étudiant les corps des deux combattants tour à tour. Il s’arrête plus longuement sur celui d’Eazox. Leur regard se croise pour une dernière fois, ou du moins, pour une dernière fois pendant un long moment. Il sait qu’Artrakaz peut survivre, il suffira de reforger Elernnox. Mais pour l’autre Mortanyss, il réfléchit. Car, il vient de prendre de l’ampleur dans son esprit.

L’armure du Chevalier se veut en fort mauvaise état, en fait, elle n’est plus réutilisable. Et si celle-ci reste en piète état, on ne parle point du corps. L’enveloppe corporelle du Mortanyss, après tous les assaults qu’elle a subis au cours des années d’existence d’Eazox vient d’encaisser la fatalité. Le Haut-Thanataucrate s’avance vers le Chevalier de la Mort et retire un gant. Il pose une main sur son corps et le néant s’en échappe, venant progressivement envelopper le corps du Mortanyss. Une étrange mixture bleuâtre s’étend sur l’enveloppe corporelle.

Eazox ressent lentement ses énergies le quitter définitivement. Son regard toujours rivé sur Revhan, il voit celui-ci s’avancer vers lui et retirer un gant. Une étrange sensation le parcours lorsque l’Élu établit le contact avec lui. Il se sent comme aspiré, tout d’abord son corps se désintègre sous cette substance qui s’échappe de la main du Haut-Thanataucrate. Puis finalement, son âme se trouve extirpée et dirigée vers la main de Revhan. Il se sent libéré désormais de toute charge.

Devant Revhan, le corps d’Eazox disparaît peu à peu. Puis il sent l’âme d’Eazox venir rejoindre le creux de sa main, là où il l’a préserve. Cette âme s’apprête à quitter Teilia, mais il l’enverra directement au Père des Mortanyss, Kalos. Car selon son dernier jugement, elle mérite de le rejoindre. Le temps qu’elle se peaufine, le temps que l’œuvre s’achève. Car il faudra du temps pour la perfection. Et encore là, peut-être ne reviendra-t-il jamais. Mais, pour l’Élu, il ne veut surtout pas perdre un Frère de cette stature au profit des Luthyss, quel puissant adversaire il serait. Car Revhan vient de prendre pleinement conscience de la Légende d’Eazox. Désormais au Mortulum, une entité y vit, à côté du Seigneur du Royaume des Morts. Elle arpente les Terres Mortes à jamais, jusqu’à ce qu’elle revienne ici bas, terminer ce qu’elle devait faire, ou encore commencer ce que l’on lui confiera comme mission. Il ne faut guère pleurer la perte en ce jour. Revhan le sait, tous doivent le savoir. Un Mortanyss vient de s’élever, terminer une partie de son ascension. Mais ce qu’il faut comprendre à la fin, c’est que l’ascension demeure éternelle.
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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:11

Jamais on ne peut l’atteindre pleinement puisqu’on trouvera toujours un autre sommet à surmonter.

Il quitte les landes pour retourner à son état originel. Il revient à ce qu’il est, ce qu’il était, et ce qu’il sera. Puisqu’il demeure. Puisqu’il est. Puisqu’il est une Âme d’Ombre et de Lumière.

Puisqu’il est Eazox…

Il nous arrive de perdre quelque chose. Quelque fois, on en ressent une tristesse, d’autre, nous nous sentons coupable. Pourtant, le terme perdre employé seul ne veut rien dire, et à la fois, il peut tout dire. Il existe des pertes si terribles que l’on préfère les oublier. Malheureusement, l’être n’oublie point. Pour demeurer certains de laisser le souvenir bien ancré dans la mémoire, on décide de laisser sa marque, une marque appelée cicatrice. Car si la vie nous amène son lot de bonheur, elle demeure impitoyable. Certaines pertes nous amènent même à faire un deuil. Dans une vie courante, nous sommes nous-mêmes amenés à faire de nombreux deuils, plus particulièrement sur des personnes qui nous entourent, des personnes chères à nos yeux.

Mais il existe un deuil bien plus grave que ceux énumérés précédemment. Un deuil si rude qu’il remplit les autres qui peuvent être mis au courant de ce fait d’une tristesse incomparable. Le plus terrible des deuils que nous pouvons porter, c’est le deuil de soi-même. Pourquoi? Puisque nous ignorons tout de nous. L’ignorance totale de ce que nous pouvions être. La perte ultime, c’est nous-mêmes. Car elle nous amène la perte de tout ce qui nous entoure par la suite. Cela amène une multitude de conséquences. Impossible de se racheter, impossible de revenir en arrière mais surtout impossible de savoir. Ainsi, on nous amène vers une errance éternelle, dans l’ignorance la plus pure connue.

Une fois séparée du corps l’Esprit ne devient qu’une vulgaire Âme. Rien de plus, rien de moins. Les Souvenirs s’évaporent, partent en fumée. Et pour l’Âme, ils n’existent tout simplement plus, voir même pire, elle possède la certitude qu’il y en a jamais eu. Parce qu’elle ignore tout. Ainsi notre Âme, témoin de nos exploits, de nos réussites, de notre Vie entière, perd tous ces souvenirs, plus précieux les uns que les autres. Car en finalité, nous perdons davantage que nous, nous perdons aussi tous ceux autour de nous. Une triste fin, aussi tragique d’impitoyable. Le plus effroyable dans tout cela, c’est que l’Âme ressent une tristesse, une tristesse qu’elle ne comprend pas, une Âme en peine elle devient. Car malgré tout, elle continue de chercher. De chercher à comprendre, à trouver des réponses qui ne viendront jamais. Elle se torture éternellement parce que dans sa nature, elle veut savoir. Mais le plus effroyable dans tout cela demeure qu’il n’existe absolument aucun moyen de s’en sortir par soi-même. Car l’âme ne parviendra jamais à sortir du Royaume sans la permission du Gardien.

Voilà pourquoi cette Âme, celle du Mortanyss Eazox se trouvait désormais emprisonnée dans le Royaume des Morts. Royaume gardé et dirigé par celui qu’autrefois il appelait Père, celui que l’on surnomme le Passeur, mais plus particulièrement Kalos. Autrefois, il fit de lui un de ses choix, un de ses nombreux élus. Aujourd’hui, on le ramenait auprès de lui. Ironiquement, les moments qui allaient vivre en ce Lieu, il ne pourrait s’en rappeler, que cela dure un Siècle ou un Millénaire.

Il ne se souviendrait absolument de rien. Étrangement, alors que l’on désirait lui servir une leçon, il n’allait rien apprendre. C’est ce que l’on pouvait croire. Par contre, on ne manquerait point de laisser une cicatrice, enfouie bien profondément dans son âme, pour s’assurer qu’il n’oublie pas.

Car, Lui, il n’oublie pas.
Voilà la sanction imposée par Revhan, le Haut-Thanataucrate de Mortancia à Eazox. Alors que l’Âme du défunt Mortanyss parcourait les terres mortes du Royaume de Kalos, Père de tous les Mortanyss, Revhan espérait simplement que le déchu finisse par grandir. Mais pour celui qui se promenait dans ces terres inconnues, il n’en allait tout autrement. Chaque instant de son existence, si nous pouvons appeler cela une existence, il se questionnait, sur lui. Plus principalement sur ce qu’il est et était.

Comment pouvons-nous vivre sans être? Une nouvelle forme de vie se dressait devant lui sans qu’il ne sache trop pourquoi. Nous pourrions même attribuer le tout à un Mortanyss nouvellement Éveillé, un simple Zombie. Ironiquement, il ne pouvait lui-même faire la comparaison puisqu’il se considérait nouveau-né tout simplement. Son âme vide de tout, il ne distinguait plus rien. Ainsi, il ne pouvait plus être celui qui fût. En d’autres termes, Eazox n’existait plus, et pour lui, n’avait jamais existé puisqu’il ignorait tout de son Passé. Voilà à quoi il se trouvait désormais confronté, une éternité d’errance mais surtout d’ignorance. Les Terres Mortes du Royaume de Kalos représentait le vaste territoire qu’il pouvait couvrir sans néanmoins distinguer les différentes structures érigées par les Mortanyss, il y a de cela bien peu de temps.

De plus, il ne pouvait toucher à rien, ne posséder rien entre ses doigts, il devenait un vulgaire reflet dans ces landes mortes. Et il ne passait son temps que par une seule chose : se questionner. Jamais il ne ressentit avoir trouvé une quelconque réponse ou un chemin le menant à ce qu’il désirait tant trouver. Ce désir qui résidait en lui, le poussant à vouloir comprendre, trouver, acquérir, en aucun cas, il ne réussissait à le combler. Il ne vivait plus, il ne pouvait plus revendiquer son humanité. Car un être ne pouvant répondre à ses besoins et ses désirs ne peut évoluer vers sa plénitude d’être. Pourtant, il possédait la raison encore, une des seules choses qu’il conserva de son existence. Mais à quoi bon elle lui servait après tout?

Voilà donc ce que réservait la mort. À bien y penser, tout être peut la craindre à présent. Du moins, être au courant de son niveau de sadisme, de son manque de compassion également, ne peut que nous faire peur. Elle peut bien être l’opposée de la Vie après tout, car elle n’offre rien, mais elle prend tout. Malgré tout, en quelque part, elle demeure prête à rester une chance, peut-être même deux et dans des cas d’une extrême rareté, elle se veut généreuse et en donne une troisième. Parce que la mort veut d’abord servir une leçon, peu importe la forme qu’elle lui donne.

Chaque instant laissait une cicatrice ou en approfondissait une autre. Elle savait pertinemment ce qu’elle faisait. L’âme reste très fragile, facilement atteignable lorsque l’on sait où toucher. Et la mort connaît l’âme, parce qu’en quelque part, elle en accueil des milliers et des milliers.

Et l’âme de l’ancien Mortanyss subissait cet effroyable traitement. Mais en quelque part, deux individus s’intéressait à celle-ci. Parce qu’elle se voulait à la fois emprise d’Ombre et de Lumière. L’un d’eux se trouvait emprunt d’une compassion voulant aider à la guérison, tandis que l’autre n’attendait que le moment opportun pour s’amuser quelque peu et voir qui entre l’Ombre et la Lumière allaient prendre le dessus…
Une intense lumière parvint finalement au Mortanyss. Elle trouvait son nid en son for intérieur, en quelque part où tout demeurait que ténèbres, il existait néanmoins une source de Lumière. Mais lorsqu’il prit enfin connaissance, Eazox, se trouva dans un monde où tout lui paraissait comme étant inconnu.

La verdure environnante le frappait tout d’abord. Cela lui prit un moment avant de se rendre compte qu’il ne marchait plus, il flottait désormais. L’éther qu’il représentait désormais changeait considérablement son contact avec le monde autour de lui. Puis cet environnement, complètement différent à celui qu’il connaissait. Pour la première fois depuis son arrivée ne ces landes, il subissait un important choc, un dépaysement total.

Il poursuivit néanmoins sa route, jusqu’à ce qu’il distingue à l’horizon l’ombre d’une bâtisse. Le mot ombre se veut un mot très mal sélectionné par contre. Car à l’horizon, l’ombre se trouvait davantage à être ce qui entourait cette bâtisse qui resplendissait dans cet amas de clarté. Les rayons du Soleil démontraient toute leur puissance à cet égard, alors qu’ils venaient percuter de plein fouet ce bâtiment. Au fur et à la mesure qu’il s’approchait physiquement de cet endroit, des éléments supplémentaires de description s’ajoutaient. De chaque dalle de marbre qui servait tels des miroirs pour refléter la puissance de l’astre solaire, jusqu’au portrait final que présentait le tout.

De toute évidence il s’agissait en quelque sorte d’un monastère. Puis à regarder les efforts mis pour mettre à l’avant la lumière, le Soleil, il devenait de plus en plus évident que l’on pouvait faire un lien direct avec Odéon. Se plongeant dans son Passé, il se remémora son passage chez les Hastanes, culture à laquelle il fût particulièrement initié à une certaine époque alors qu’il travaillait pour le Château de Sergorath. Progressivement, il se rappelait certaines descriptions que l’on faisait du Circan. Dans son voyage au confond de son âme il continua ainsi à remonter le temps autour de lui jusqu’à se rendre devant une image qui se trouvait à être la copie conforme de ce qui se trouvait devant lui. Ainsi, il marchait au Circan, et plus précisément devant le Monastère d’Odéon.

Malgré tout, le Mortanyss ne se trouvait point au bout de ses surprises. Puisque bien des connaissances demeuraient dans l’inconnu au sujet du Circan. Déjà, il se posait des questions à savoir pourquoi il se trouvait dans cet endroit, alors qu’il n’appartenait point à ce plan cilien. Mais il ne pouvait savoir chez qui il se trouvait réellement. Évidemment, ce territoire, ce plan, demeure celui d’Odéon mais ce monastère se veut bien plus qu’un œuvre fait à l’honneur du Cilias.
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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:11

Il y a de cela des millénaires, une femme s’exila à l’intérieur de ces murs. Et donna naissance à un enfant qui allait influencer l’histoire teilienne à de nombreuses reprises en ce lieu cilien. Et qui expliquait en partie pourquoi à l’intérieur même de ces lieux, une lumière vivace prenait naissance également sur les dalles de marbre.

Bientôt, elle allait se révéler à lui, puisqu’elle se trouvait la responsable directe de sa venue dans ce plan et en son domaine. Une Entité qui prenait intérêt envers un être créé en dehors de son Plan, cela possédait des caractéristiques plutôt utopiques.

Alors que le Déchu poursuivait sa visite des lieux, il commençait à apprendre davantage de chose. À vrai dire, il commençait à voir à qui il avait affaire désormais. L’Entité de la Lumière, connue sous le nom d’Adaelle la Pure reflète le Jour et la Vérité. Peut-être elle-même vient en directe relation avec l’astre d’Odéon, le Soleil. Certains prétendent même qu’elle pourrait en tirer ses pouvoirs de celui-ci. Malgré tout, nous savons de sources certaines qu’elle fût la « première » hastane créée sur ces landes. On la qualifie d’ailleurs de Pure dû à son lien cilien avec Odéon. Puis la Vérité s’explique par la culture Hastane et des valeurs propres de l’Entité.

Pourtant, il apparaît difficile de savoir en quoi cette Entité peut s’intéresser à un être qui ne peut être fait de Lumière. Et pourtant, certains signes au cours de son existence laissent l’espoir qu’il existe en quelque part une bien faible lueur. Peut-être est-ce ceci qui attira le regard d’Adaelle vers le Mortanyss déchu. Ses motivations demeurent inconnus et ce même pour le principal concerné. À cela, il ne faut point trop chercher à vouloir la comprendre, son jugement lui appartient et ses actes passés reflètent bien de la justesse de ses décisions.

Nous pouvons jouer longtemps sur les mots qui servent à la décrire : Jour, Lumière, Pur et Vérité. Chacun possède en quelque sorte sa signification propre. Pourtant, tous et chacun peuvent les interpréter à sa juste manière. La Pureté intérieur d’Adaelle parvient en quelque sorte à faire naître une Lumière qui jette à la fois un faisceau vers l’Unique Vérité ainsi que de faire naître le Jour. Par contre, il faut voir ce concept plutôt individuellement que sur les landes en général. Ainsi, sans l’ombre d’un doute, Adaelle parvient à faire élever la Pureté intérieure en chaque individu qu’elle approche pour créer une intense Lumière qui met à jour la Vérité personnelle qui se trouve en lui.

Alors qu’il avançait sa propre réflexion à ce sujet le Déchu continuait son cheminement à travers les différents corridors de l’établissement. Et plus il émettait d’hypothèses ou trouvait de réponses, il ne savait point trop ce qui expliquait le tout, un curieux phénomène se produisait dès lors. Effectivement, il sentait de plus en plus la présence de cette Entité qui l’attendait. À vrai dire, il se trouvait en quelque sorte à être son invité. Étrangement, elle ne venait point à lui, comme si elle souhaitait qu’il la trouve, qu’il fasse lui-même ses propres efforts pour parvenir à elle. Malgré tout cela ne représentait pas en soi un défi puisqu’il se servait de la perception intérieure qu’il ressentait et qu’il associait à la distance qui diminuait de plus en plus entre eux.

Puis vint le moment où son regard, du moins ce qui lui servait de yeux, se posa sur cette femme. Ses longs cheveux rougeoyants descendant en cascades sur ses épaules demeurent ce qui le marqua le plus. Comme si les rayons du Soleil lui-même se trouvaient dans chacun de ses cheveux. Illuminant les alentours encore plus autour d’elle. On croirait même que ses cheveux se veulent la source même de la lumière intérieure qu’elle possède et transmet. Il resta pendant un moment immobile, paralysé, intimidé peut-être, il ne savait plus trop. Jusqu’à ce qu’elle décide de lui tendre la main pour finalement briser le silence et dire tout simplement :

Suis-moi.
Lorsque l’on se trouve dans un plan cilien, bien des choses divergent de ce qui se trouve « en bas », sur les landes de Teilia. Il existe en nous plusieurs impressions que nous ne pouvons pas réellement confirmées. La première se veut la temporalité. En effet, le Temps passe beaucoup plus lentement en ces lieux, comme si une journée pouvait durée le temps d’une vie teilienne.

Ainsi, le Mortanyss ne peut savoir avec précision le Temps réel qu’il passa aux côtés d’Adaelle, où il se trouva dans une période de convalescence auprès de cette dernière. Les importantes marques laissées à même son âme au cours de son existence, que ce soit la perte définitive de sa fille, et ce pour une seconde fois, Haze/Elenwë. Ou encore l’échec qu’il vécut au Mortulum ce qui le confina prisonnier d’une carcasse d’Abyssium et ce jusqu’à sa mort. Mort tout récemment arrivée suite à sa confrontation avec l’Archpraetor Artrakaz puis finalement Revhan, nouvel Élu de Mortancia. L’absence d’enveloppe corporelle élimina en quelque sorte un bon nombre des blessures physiques qu’il subit au Mortulum. Mais ce dernier affrontement, face au nouveau dirigeant de Mortancia, Revhan, laissa à la fois une marque sur son âme mais également sur son corps, et il en ressentait les méfaits. La présence de la Pure à ses côtés l’aidait à supporter tout ceci et il parvenait de jour en jour à l’amenuiser peu à peu. Mais il savait qu’il allait désormais devoir supporter tous ces maux éternellement. Du moins, si un jour on permettrait qu’il remettre les pieds sur les landes parmi les siens et avec ses souvenirs intacts, bien entendu.

Quoi qu’il en soit, son passage auprès de l’Entité de Lumière lui amena une expérience inoubliable et surtout marquante. À l’intérieur de lui désormais gisait une lumière d’une puissance insoupçonnée. Car Adaelle réussit à développer la potentialité du Mortanyss et bien au-delà que ce l’on pouvait le croire. Elle voyait en lui un être pris d’un désir de Justice autour de lui mais également, en quête perpétuelle de la Vérité. Des éléments qu’elle cherchait à prodiguer à ses suivants. Mais ce qui la marqua davantage c’est qu’il suivait d’abord son cœur et qu’il ne cachait point ses idéaux. Quelque chose qui se veut notable lorsque l’on fait parti d’une Société aussi stricte que les Mortanyss. Néanmoins, il osa aller à l’encontre des consignes Familiales à l’époque et ce à maintes reprises. Et jamais, il n’alla contre ses propres convictions.

Par contre, ce qu’elle ne pouvait savoir, c’est s’il allait réellement devenir un de ses suivants. Mais en quelque part la Pure ne cherchait point à lui faire joindre ses rangs. Puisque dans un certain sens, il nécessitait l’intervention de quelqu’un pour qu’il puisse de nouveau grandir. Et voyant qu’il correspondait à certains de ses critères, elle décida de lui porter son aide et de l’amener dans son Domaine. Un acte qui surprend encore le principal concerné. Néanmoins, le Temps finit toujours par s’écouler et son passage au Circan tire désormais à sa fin, bientôt, il allait devoir retourner dans le Royaume de Kalos, et attendre le jugement de ce dernier.

Mais avant qu’il parte, elle lui grave en son âme un message sur lequel il pourrait se tourner en cas de besoin. Mais aussi une nouvelle vision des choses qu’il parvint à développer en la présence d’Adaelle. Il serait ainsi désormais lié à elle pour l’Éternité, une chose difficilement envisageable il y a de cela quelques années.
Mais une autre Entité vint à poser son regard sur le Déchu. En fait, il l’observait depuis fort longtemps. Il assista à son échec au Mortulum avec un amusement démesuré. Puis il se délecta de la déchéance qui sévit finalement dans l’âme du Mortanyss. Il finit par s’assouvir davantage par la perte d’Haze et les effets que le tout causa chez cet Âme d’Ombre et de Lumière. En fait, le Mortanyss se veut une bonne source de la puissance de Nysankthor. Pour toute la haine qu’il dégagea envers ceux qu’il dédaignait mais aussi envers lui-même pour ses échecs.

Les Ténèbres restent l’essence même d’Eazox. Mais son séjour auprès d’Adaelle a fait en sorte d’effacer tout ce qui se trouvait de Nysankthor en lui. Mais il faut comprendre une chose pour mieux saisir la véritable puissance de cette Entité. On le créa en opposition envers Odéon, plus principalement le Soleil. Ainsi il se plait à égaliser toute Lumière par l’Ombre, les Ténèbres. Ainsi, lorsqu’il sentit cette concentration de Lumière désormais présente à l’intérieur du Déchu, il savait qu’il tenait un individu excessivement intéressant.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’amena point le Mortanyss dans le Mortulum. Il se contenta simplement d’insérer un germe des ténèbres à l’intérieur de l’être éthéré. Car il savait qu’Eazox ne pourrait jamais oublier. Oublier ce qu’il était, oublier ce que l’on lui avait fait. Non, la haine reste toujours présente, les ténèbres demeurent, l’ombre trouve sa propre naissance dans la lumière parce qu’ils demeurent tous des parties intégrantes de la conception. Non, il ne pouvait échapper à son destin et ce peu importe le taux de Lumière qui se trouvait en lui. Il connaissait trop bien le Déchu pour qu’il oublie. Il savait qu’il rencontrerait encore des déceptions. Et que le dédain pour certains des siens allait de nouveau le gagner.

Pour l’Entité de la Nuit, ce Mortanyss allait désormais représenter le conflit éternellement entre l’Ombre et la Lumière, la Nuit et le Jour, les Ténèbres et la Lumière. Mais à la fin, il savait qu’il allait rapidement remporter une manche et que les autres ne pouvaient faire autrement que de suivre. Il apparaît prétentieux de posséder une telle confiance en ses moyens et de dicter le cheminement d’un individu. Pourtant, lorsque l’on connaît la puissance même de Nysankthor, on ne peut qu’appuyer une telle arrogance de sa part. On le sait, il finit toujours par parvenir à ses objectifs. Et lui-même le sait plus que quiconque.
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MessageSujet: Re: [BG] Eazox   Lun 7 Sep - 12:12

Il se nourrit de ce qui creuse l’âme, ce qui la gruge, mais ce qui habite tout individu normalement constitué. Et pour un être tel qu’Eazox qui décida d’asseoir sa puissance sur les mêmes fondements que Nysankthor, il devenait tout à fait impossible de ne point voir de lien naître entre les deux.

Pourtant, au fond de son âme, une autre Entité imprégna sa marque d’un simple message :

« L’obscurité est généreuse, elle est patiente. Et elle gagne toujours, mais au coeur de sa force, il y a une faiblesse : il suffit d’une chandelle pour la tenir à distance. L’amour est plus fort qu’une chandelle. L’amour peut embraser les étoiles. »
Lorsque nous nous trouvons formé de deux éléments qui se repoussent mutuellement, notre corps ainsi que notre âme subissent tous deux de nombreux assauts et doivent repousser sans cesse leur propre limite pour nous faire survivre. Nous vivons tous des hésitations, nous rencontrons tous des difficultés à choisir un côté comme l’autre. Entre Ombre et Lumière se trouve une zone grise, plutôt difficile à cerner puisqu’il devient trop facile de sombrer d’un côté comme de l’autre. Et le Mortanyss finit toujours par subir les foudres d’une des deux Entités. Et il sait pertinemment que plus il existera de Lumière en lui, plus les Ténèbres s’assombriront sur lui. Ainsi, le Déchu se doit de trouver un moyen de contenir tout ce qui fût inséré en lui durant son long voyage pour que le moins possible l’un des deux côtés de son âme prenne plus d’ampleur que l’autre. Pourtant deux essences existent à présent au fond de son Âme alors qu’il continue d’errer dans le Royaume de celui qui fût son Père.

Dans cette errance, il commence à comprendre à quel point il vivra éternellement ce débat entre l’Ombre et la Lumière. Débat qui a toujours exister mais qui désormais revêt d’une importance considérable. Son âme même se trouve déchirée par ce conflit. Mais rien ne semble vouloir l’aider à trouver une solution efficace pour contrer tous ces effets. Il se sent et devient réellement le champ de bataille entre deux Entités qui se veulent l’opposé total de l’autre.

Mais il ne sait point si le tout se veut normal ou simplement le fait qu’il possède une enveloppe corporelle différente des Mortels, mais le corps revêt des capacités très intéressantes dans son cas. Comme s’il réussissait à s’adapter à tout ce qui le perturbe. Créant peut-être une sorte de réaction. Ou peut-être est-ce une réaction tout à fait psychologique qui amène à changer différentes facettes de ce qu’il est pour venir contrer les différents causés par les récents changements.

Car il faut comprendre que tout d’abord la réaction se fit plutôt au niveau de son physique tout dépendant les conditions extérieures autour de lui. Rien de bien grave, il contrôlait parfaitement le tout. Mais au fur et à mesure que les effets avançaient, peut-être au rythme de la transformation qu’il subissait, il ne sait guère mais il développa deux personnalités distingues.

Il finit même par se permettre de les nommés, et ce même si il trouvait seul en ce Monde des Morts. Il décida tout simplement de s’ajuster et de différencier réellement ces deux personnalités et états physiques pour en faire une distinction concrète. Peut-être simplement pour ne pas devenir fou et les séparer mentalement avant que le Mal le ronge davantage.

L’une représentant l’Ombre et les Ténèbres, Nysankthor, et l’autre, évidemment faisant l’éloge de la Lumière et de la Pureté, Adaelle. L’une représentant l’Âme d’Ombre tandis que l’autre se faisait la digne représentant de l’Âme de Lumière. L’une se forgeant dans l’Ombre et l’autre dans la Lumière. Conservant néanmoins trois syllabes distinctes mais les réduisant à deux sons.

Voilà comment naquirent E’Az et E’Ox : l’Âme d’Ombre et l’Âme de Lumière.
Le premier, E’Az, l’Ombre, les Ténèbres, fier représentant de Nysankthor. Ironiquement plusieurs Mortanyss qui le côtoyèrent dans le Passé le surnommèrent Eaz, faisant preuve d’une certaine affection pour leur Frère. Mais entre Eaz et E’Az, il existe une importante distinction.

Eazox devient E’Az lorsque le Jour prend toute son ampleur, il devient tout simplement E’Az. Dû à la forte luminosité exposée par les rayons du Soleil, le germe des Ténèbres en lui finit par croître. Puis la matière éthérée dont il se trouve désormais composé absorbe les rayons du Soleil. De cette manière, son corps se renforcie davantage et il génère davantage de puissance. En fait, E’Az se nourrit de la Lumière, sous toutes ses formes possibles. On dit également que l’éther qui l’enveloppe prend une couleur plus terne, plus sombre. Voilà en ce qui concerne son aspect physiologique.

Si son corps lui donne un aspect particulier et renforcie le lien qui l’unie désormais à Nysankthor, rien ne se compare à sa psychologie. En effet, E’Az se veut un avatar même de l’Entité de la Nuit. Il demeure rempli de rancœur envers ceux qui l’ont déçu ou qui osent se mettre au travers de sa route mais surtout vont à l’encontre de ses idéologies tant dans le Passé que le Présent. Il englobe toutes les sortes d’haine éprouvées par le Mortanyss au cours de son existence et même lors de sa vie de Nargolith. Il demeure très prêt de Nysankthor et se nourrit des mêmes éléments que Lui, dû au germe que le Seigneur des Ténèbres enfonça en lui.

On pourrait croire à de l’ironie lorsque l’on constate qu’E’Az se révèle davantage le Jour que la Nuit. Certains pourraient même croire qu’il s’agit là d’un sacrilège de la part du Mortanyss envers l’Entité des Ténèbres. Pourtant, ce trait se veut très bien pensé. D’une part, il rend honneur à Nysankthor en allant défier carrément l’astre créé par Odéon lui-même, le Soleil. Mais qui plus est, il s’en sert comme principale source de pouvoir. Également, pour permettre à l’Entité de recueillir davantage de Puissance, il s’assure ainsi d’avoir accès à la plus grande source de Lumière.

Mais E’Az ne se manifeste point uniquement le Jour. En fait, lors des moments de colère, de haine ou tous autres états qui s’approchent de Nysankthor, cette facette de son Âme se révèle à ceux qui l’entourent à cet instant.

Par contre, il deviendrait odieux de penser que le Mortanyss montre à tout coup sa nature. Il se veut bien plus calculateur que cela, E’Az demeure un très grand artiste du masque. Non point qu’il change réellement d’apparence mais il reste un excellent acteur et parvient souvent à cacher ce qu’il ressent, ses sentiments en quelque sorte. Il ne cherche point à tromper l’ennemi ici, car face à celui-ci, il ne compte en aucun cas l’épargner. Mais c’est plutôt vers la Famille Mortanyss qu’il se devra à l’avenir d’être prudent. Et cela, il le sait. Depuis son retour dans le Royaume des Morts, il se pratique sans cesse à contrôler ses émotions, malgré tout, le moyen ultime ne semble point à être à porter pour l’instant.

Quoi qu’il en soit, pour l’instant, une voix raisonne de temps à autre dans son for intérieur, comme si quelque part, on savait…

« L’obscurité est généreuse, elle est patiente. Et elle gagne toujours, mais au coeur de sa force, il y a une faiblesse : il suffit d’une chandelle pour la tenir à distance. L’amour est plus fort qu’une chandelle. L’amour peut embraser les étoiles. »

Cette voix, il la reconnaît à tout coup. Il le sait, il la ressent également. Il sent sa main se poser sur son épaule, ou encore ses cheveux effleurés son visage. Adaelle reste en lui de par la Lumière qu’elle lui injecta. Alors que tout paraît être perdu, et qu’il perd le contrôle de lui-même, une facette prend le relais : E’Ox.

E’Ox se veut l’opposer direct d’E’Az. Un être sensible, épris de compassion pour les siens et ceux qui l’entourent. On pourrait même se permettre de prétendre à une certaine clémence dans son cas. Il demeure le visage qu’Eazox montre le plus souvent. Et E’Ox prend naissance en plein cœur de l’apogée d’E’Az, la Nuit. Un peu comme si à travers les Ténèbres, il existait une fine lueur, qui se transformait en puissante Lumière.

Physiologiquement, il conserve son enveloppe d’éther, par contre, entourée d’une aura blanchâtre mais qui peut illuminer tout son corps. Contrairement à E’Az, E’Ox ne se nourrit d’absolument rien. Tout vient de lui, et rien d’autre, il trouve toute sa force dans Eazox. Contrairement à ce que l’on peut croire, il ne vient point réellement en opposition avec E’Az, du moins pas directement.

Psychologiquement, E’Ox représente tout l’amour qu’Eazox peut porter envers certains individus. Voilà en réalité comment Adaelle s’est prise pour faire croître la Lumière en Eazox. Et cette phrase qu’elle décida d’inscrire dans l’Âme du Mortanyss demeure l’essence même d’E’Ox. Puis contrairement à Nysankthor, E’Ox ne fût point créé par Adaelle par principe d’opposition. E’Ox reste l’épanouissement d’Eazox à travers la Lumière et non point un moyen d’écraser les Ténèbres qui survivent à travers le Fantôme.

La sélection de la Nuit peut paraître par contre une offense directe envers les Ténèbres et leur Seigneur, Nysankthor. Par contre, il faut y voir une certaine subtilité. Le Jour, la luminosité reste présente, mais elle se voit quelque peu étouffé par l’Ombre. Par contre, elle y demeure, mais lorsque la Nuit tombe, E’Az ne peut plus se nourrir. Ainsi, E’Ox prend toute la place qui lui revient. Il faut comprendre que physiologiquement, la lumière demeure toujours présente, jour ou nuit.

Au final, le Mortanyss se doit de composer avec deux facettes de son Âme. Le meilleur moyen qu’il trouva se veut de créer un certain équilibre entre les deux, leur permettant de se révéler à tour de rôle. Ce qu’il recherche ultimement par contre demeure l’équilibre. Quelque chose qu’il ne réussit point à atteindre pour le moment. Mais, il sait que lorsque Kalos lui accordera de nouveau sa confiance, il l’utilisera pour chercher à unir de nouveau l’Ombre et la Lumière qui gît en lui. Mais d’ici là, le tout s’avère utopique.

Car E’Az et E’Ox ne sont point Mortanyss. Eazox l’est, et seul lui se veut ultimement la clé de l’énigme. Ironiquement, la disparation de l’un entraîna sa chute, et Eazox disparaîtra. Ainsi, il ne pourra jamais se permettre de faire de réel vainqueur au conflit qui se trouve en lui, et à cela il se voit confiner à une guerre éternelle…

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