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 (BG) Xhilyan'ntru

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Ven 12 Jan - 1:12

Compte sur moi pour faire ma part et te lire a mon tour Xhil :p.

Mais avant de m'attaquer a d'aussi longues lectures comme ton BG et celui de Haze par exemple, je tiens à venir a bout du mien lol. Car bon, lorsque je prend des pauses d'écritures, en general je ne vois plus tres clair et j'ai besoin de décrocher un peu hehe, plutot que de me relancer dans la lecture d'un autre texte ^^.

Bref, je crois que vous pouvez me comprendre, mais des que je termine ce que je considere etre la partit de mon BG (car je compte poursuivre l'histoire par apres, par plaisir), je m'attaque a la lecture de vos BGs :p.

Mais bon, faut pas oublier que..

Azax FlorEver
Propreté à jamais!

Sans oublier Bob.
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Sam 13 Jan - 22:00

Recroquevillé dans les ténèbre, Xhilyan tentait en vain d’ignorer les assauts de ses craintes viscérales.

-EnLevEz VoS YeuX ! LAiSsez-MoI !

Des petits yeux brillants, aux reflets vivaces, ne le quittaient plus. Il y en avait partout, inlassables et fidèle à leur harcèlement. Xhilyan’ntru les avait reconnu, ces petits yeux percés de sombres prunelles, profonds comme le vide. Il pouvait presque discerner les petites silouhettes des enfants qui l’entouraient. Des rires cristallins le narguaient, ajoutant un air candide à la confusion de leurs murmures.

Une minuscule forme blanche, brillante et légère, s’échappa des ombres. C’était une petite fille en robe, la malice aux lèvres et aux yeux. Dans sa petite tenue soignée, elle s’approcha de Xhilyan, désormais au sommet de milles supplices.


-ArriÈrE ! ARriÈrE !!!

Des sons tordus et mêlés se formèrent au bout des petites lèvres rosées. Les mouvements eux-mêmes de la bouche semblaient s’animer d’une étrange rapidité. Ce qui devait être des paroles n’étaient plus que les échos de murmures incompréhensibles. Elle ne cessait de s’approcher, dévoilant progressivement dans l’obscurité ses traits enfantins. Les maigres jambes de Xhilyan battaient désespérément le sol poussiéreux dans un effort vain de s’éloigner de sa terreur. Une sensation vint envahir la chair morte et infertile qui enrobait les os du Mortanyss, un froid crispant et mordant avec une férocité capable d’atteindre son âme.

La sensation escalada son épine dorsale, avant de se répandre dans son dos et le reste de son corps. Il avait frissonné de tout son être, pour la première fois. La sensation lui parut cependant familière, ce qui vint augmenter considérablement son étrangeté.

Lorsque ses chairs retrouvèrent leur inertie habituelle, Xhilyan se retrouva dans un endroit complètement différent, envahis de blanc. Le ciel, lourd et gris, libérait d’innombrables particules qui se laissaient aller dans une danse chaotique. Le zombi resta ainsi cloué contre le sol, les yeux rivés dans le vide du ciel enneigé comme si le froid avait pétrifié son esprit.

Mais c’était loin d’être le cas. Avec une spontanéité et une maladresse que seuls les mort-vivants savent reproduire, il se releva partiellement, ses chairs à moitiés congelées grinçantes et craquantes de froid. Il porta ensuite un regard inutile autour de lui.


-De lA nEiGE.

Les mots étaient sortis machinalement. En persistant à inspecter les lieux uniformes de cet hiver irréel, il aperçu un blanc, sale et souillé, au milieu du blanc gelé et immaculé. Immédiatement intrigué, le Mortanyss y rampa sans plus hésiter.

Encore enveloppée dans sa petite robe dévorée par le temps, la dépouille d’un enfant gisait dans la neige, dont les traits cadavériques et le teint morbide avait été l’œuvre d’une mort déjà avancée. La chose gisait inerte, exposant grossièrement ses dents nues et ses orbites vidées.

Le trouble était tel que les mains de Xhilyan ne savaient plus ou se mettre, voyageant entre son propre visage et celui qui reposait toujours dans la neige. Il ne savait plus ou poser son regard, ni quoi dire ou penser. Cette vision mettait l’ensemble de son cerveau putride en échec. Tout ce qui restait à faire était de crier, en serrant la petite catin cadavérique contre son corps froid. C’était la seule réaction possible face à l’impuissance.

C’est son propre cri, affreux et perçant, qui vint tirer Xhilyan vers la raison. Le corps tendu et la respiration haletante de poussière, il ne réalisait pas qu’il venait de faire ce qui pourrait s’appeler un mauvais rêve. L’habitude était devenu si fréquente qu’il ne s’efforçait plus de tenter de faire la vaine distinction entre ce qui était réel, ce qui ne l’était pas et ce qui ne l’était plus.

Il cessa pratiquement sa respiration énervée pour se mettre à tâter la terre battue par ses délires inconscients. Au bout de quelques minutes, le mauvais rêve était déjà oublié, pour laisser place à une idée fixe que Xhilyan était résolut d’aplatir sur papier. Dénichant finalement son livre enterré et maltraité, il s’empressa dans sa rédaction.

La plume avait à peine débuté sa danse frénétique, qu’une main sombre, aux doigts comme des crochets, vint coucher la plume et immobiliser la main de Xhilyan. Ce dernier, levant les yeux avec la lenteur de la crainte, avait déjà reconnu ce dont il s’agissait, avant même de l’apercevoir.

Installé en face de lui, les yeux brillants et le corps enveloppé d’ombres mouvantes, se dressait son cauchemardesque alter-ego. La main de Xhilyan abandonna la plume et trembla dans un effort désespéré de se libérer.

-NoN !

L’indescriptible fantasme s’approcha si près que le Mortanyss craignait que son visage ne plonge directement dans le sien. Ses paroles distordues murmuraient milles échos.

-Tu aurais du savoir.

La chose lui empoigna l’autre main, réduisant Xhilyan en soumission. La seule chose qui envahissait son champ de vision et son esprit, était ce visage noir aux traits fluides et changeant.

-Ta vie passe avant celle des autres.

-Ma vIE EsT PAssÉe, AvAnT D’AuTrES, AprèS cErtAIns !

-Tu devras calculer tous tes gestes.

-ToUT dOiT ÊTrE cAlCulÉ, l’ErReUr cOutE ChEr À lA famIlle. OuI, je cAlcuLerAi, pRomIS !

-Tu agiras pour connaître tout ce qui t'entoure.

-KAlOS m’En DoNne lA ChANcE !

-Tu es au-dessus de la réalité qui t'est montrée.

-Au-DesSus, En-DesSous, Et AU trAVers ! OuI !


-Tu ne fais confiance en rien.

-En RiEn ! KAlos SoiT LouÉ !

-Tu honoreras ta famille.

-TrÈS cERtAInEmENT ! GRAnDe Est ma fAmillE !

-Tu montreras toujours une image digne.

-Mon ImAgE EsT trèS dIgNE, VoiT COmmE jE pEiNts lA moRt SuR mA pEAU.

-Tu suivras le chemin que prend le peuple.


-Je SUivrAi mA fAMilLe, pArtOuT, mÊme ou pErsOnne ne pEut Se renDRe !

-Rien ne sera assez mauvais pour atteindre ton but.

-riEn Ne Sera ASseZ BoN !

-Tu remettras en question tout ce que tu connais, ce que tu lis, ce que tu vois, ce que tu entends, ce que tu sens et ce que tu touches.

-VrAimEnt ? AInSI soiT-IL ! Je tE rEmets En QuEsTIon, TOI !


Le zombi se projeta aussitôt sur son mystérieux interlocuteur, l’entraînant rouler dans la terre avec lui. Avec une sauvagerie inconnue de toutes créatures vivantes, les deux êtres luttèrent à coups d’ongles et de dents, se lacérant infatigablement au milieu des grognements et des lamentations. Combattant à coups de pieds et de tête, tous les moyens étaient bons pour tenter de prendre le dessus sur son adversaire. Dans la mêlée, le cours des événements s’embrouilla, tout comme l’air chargé d’une épaisse poussière.

Lorsque le rideau grisâtre et étouffant retomba, Xhilyan était seul, n’ayant pour seule compagnie ses plaies et son état encore plus défiguré qu’auparavant. Ses doigts, tachés de son propre sang pâteux depuis longtemps coagulé, cherchèrent à nouveau le livre de quelques tâtons précipités. Ignorant le sang qui venait polluer les pages jaunies, les lettres apparaissaient avec une violente mais exacte impulsivité.


Il m’arrive de voir ou d’entendre des choses que je ne comprends pas. Mais surtout, il m’arrive de faire et de dire des choses que je comprends encore moins. Il y a de la brume dans mes yeux et du désordre dans ma tête. Mon destin a-t-il été minutieusement placé sous la vigilante tutelle du chaos ? Tout doit être calculé. Tous doivent être reconnus et nommés. Trouvons-nous des visages, des noms. Trouvons-nous des souvenirs, des repaires. Faisons comme tous ces autres, qui pensent exister.



Ne restons pas égarés, mes frères, mes sœurs, ou nous serons perdus.
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Xenshi, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 14 Jan - 0:29

Je suis... bouchebé...

Incroyablement beau et incroyablement plaisant à lire celui là...

C'est mon coup de coeur ^^
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 14 Jan - 0:47

Merci Xenshi, je m'attendais pas à toucher autant, étant donné que Xhilyan reste beaucoup moins rationel dans cette partie. J'ai aussi semé quelques indices quand à sa vie. ^^
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Xenshi, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 14 Jan - 0:59

Ce qui m'apporte a posé ce jugement c'est lorsqu'il rencontre son interlocuteur... ça m'a plus que captivé ^^.

Et puis la fin de ce Question-Réponse m'a quelque peu surpris Razz C'est une logique indiscutable Razz
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Eazox, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 14 Jan - 2:03

Ayoye. Je capote! Vraiment très bien présenté et ça donne une lecture très agréable. Bravo.
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Vincent C., Hastane.

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 14 Jan - 10:50

Xhil kick-ass! Razz

Sérieusement, j'ai vraiment adoré, comme tout les textes précédents. Bien hâte de voir ce que ça donnera en jeu. Ça risque d'être vraiment intéressant de jouer avec ce cher Xhil. ^^

Good job. Smile
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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Sam 20 Jan - 16:07

Tout comme pour Haze, j'avais promis de lire tes textes apres avoir ecris mon BG, eh bien, voila chose faite ^^.

Et franchement, J'adore. J'adore comment tu ecris et comment tu amenes le resentiment psychologique de ton personnage. Il est facile de sentir le chaos qui reigne en son intérieur.

Tes descriptions sont tres plaisantes a lire et le tout en general aussi se lis avec une grande facilité.

J'ai beaucoup aimé ton avant dernier Texte, celui qui parle davantage du culte vis a vis la vision meme de la mort. Je trouve que la vision que tu as de tout ca est ideal et je compte bien interpreter le tout dans une optique similaire.

Bref, chapeau, tu as un grand talent d'écriture ^^.
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Ven 2 Fév - 19:13

Dans son petit miroir de poche, occupant le creux de sa grande main osseuse, se reflétait le masque moribond que Xhilyan pouvait associer à son visage. Il parvenait difficilement à voir correctement cette vision d’horreur, au travers de cette brume constante qui envahissait sa vision et des tremblements incessant de sa main. Dès qu’il parvenait à saisir un aperçu de son reflet, le miroir tremblait à nouveau sous l’emprise de ses doigts silencieusement paniqués.

Xhilyan’ntru discernait tout de même ses yeux à la fois larges et globuleux mais désespérément blancs et insipides. Son nez n’était plus qu’un moignon cartilagineux d’où descendait deux fentes. Des os saillaient de son visage défiguré, lui donnant les traits évidents d’un crâne : sa peau fripée s’étendait directement sur les os. Quand à ses joues, elles étaient totalement absentes, ainsi que ses lèvres. Sa bouche n’était en fait qu’une monstrueuse série de dents, qui s’alignaient interminablement dans une sorte de sourire involontaire. Malgré toute cette déchéance, pas une seule de ces longues dents ne manquait à l’appel.

Un mélange de curiosité et d’émerveillement prenait Xhilyan chaque fois qu’il contemplait son image, si étrangère à lui-même. Il touchait répétitivement ces traits chimériques, qui ne semblaient pas lui appartenir. Quelque chose dans ce reflet était profondément dérangeant. L’image qu’il voyait n’était pas celle de son âme. Ce n’est pas ce qu’il aurait dû voir, bien qu’il n’eusse aucune idée de ce qui aurait dû s’y trouver. C’était pourtant la vérité. Les miroirs forgent la réalité.

Alors que l’idée fétide de cette imperfection venait parasiter son esprit, Xhilyan fût pris d’une insoutenable nausée. Un obscur mélange de terre, de vase, de liquides putrides et de chairs décomposées escalada son intérieur pour jaillir violemment et subitement de sa bouche. Déstabilisé et à moitié aveuglé par la désagréable expérience il chancela avant de parvenir à saisir son matériel de rédaction qu’il traînait avec lui, logé contre son corps meurtris en permanence.


Aberrations. Erreurs de la création. Horreurs vivantes. Tant de termes nous sont attribués.. Méritons-nous de tels titres ? Sommes-nous des monstres ?

Il va de soi, nous sommes affublés de l’apparence de la mort, notre Père étant ce qu’il est, et nos âmes décharnées étant ce qu’elles sont. Pourtant, nos chairs, obsolètes, nous libère de la distraction de la création, et nous rapproche du plan divin. Nous sommes plus près que quiconque des Cilias. Nous avons séjourné près de ceux-ci, en essayant si la mort nous allait bien. Nous sommes revenus, nos corps ne servant désormais que de vulgaires attaches, de simples ancres. La vie n’est plus nécessaire à nos os, non. La chair quitte non seulement nos corps, mais aussi nos âmes. Nous ne voyons pas l’horreur que les mortels peuvent voir, dans leur aveuglement.

Mais nous sommes néanmoins des créatures, animés par les volontés divines, aux mêmes titres que les autres. Être plus près de notre essence spirituelle et être oubliés, négligé, chassé de nos chairs nous vaut le fameux sacrilège de ne pas faire partie de la nature et de l’ordre du monde ambiant. Il semble que nous ne suivons pas le cours des événements, tels qu’il voudrait être et là ou il voudrait aller.

Qui sont ces mortels, aux peaux roses ou vertes, pour oser nier une création divine, à même et juste titre que la nature, qui est bel et bien une création provenant elle aussi d’un Cilias ? Parce que ces créations proviennent de Cilias différents, il convient qu’elles doivent s’entre-détruire ? Balivernes. Les Cilias ont travaillés ensemble à la création de ce monde. Ils ne s’opposent pas entre eux, mais se complètent.

Ceci, les êtres qui se disent civilisés le comprennent rarement. Construire un empire et ériger des tours ne suffira jamais à effleurer les véritables secrets de leurs âmes. C’est entre les pierres et les vents gémissants de la nécropole, entre ses chairs qui chutent et son âme qui s’élève, qu’il est possible de réaliser les vraies essences de la création. La mort murmure bien des choses. La mort les murmure bien.

Le temps apporte la sagesse. Nous apprenons avec le temps. Kalos nous offre tous le temps.
Afin de connaître, il faut aussi et surtout oublier le reste. Ceci aussi, Kalos nous en fais part, dans son immense et inconditionnel amour. Il nous offre, finalement et en toute somme, un nouveau visage, à partir duquel le monde peut nous voir d’un nouvel angle. Nous avons la chance de vivre l’expérience d’être damnés. La damnation contient d’interminables chaînes aux maillons tourmentés, mais oh combien de bénéfices.

Là où les charnels voient une condamnation, je vois une opportunité.
Là où ils perçoivent la mort, soit la perte de leur sens et de leur précieuse conscience, je vois une révélation.

Au moment où j’écris ceci, je ne suis qu’un zombi, piètre et maladroit, à l’esprit diffus et marécageux. Peut-être ces messages ne sont que des divagations. Peut-être ces pages sont-elles illisibles. Peut-être que je m’imagine savoir écrire ; peu importe.

Alors que n’importe quel mortel doit se contenter de subvenir à ses envies et à mener ce qu’il juge comme une existence satisfaisante, nous, Mortanyss, n’avons pas ce luxe. Étant dépourvu de la solution facile à l’existence, j’ai nommé la mort, nous devons entreprendre une tâche beaucoup plus considérable ; la résoudre.

Dès nos premiers instants, des questions fusent de toutes parts dans nos esprits nus et nettoyés par la grâce divine de notre triple Père. Ces questions ne cesseront dès lors jamais, car l’univers est terriblement complexe et il semble que les Cilias ne lui ont prévu aucune solution. Certains aînés, fatigués et las du poids de leur conscience, sombrent dans un profond sommeil, plongeant leurs corps et leurs consciences dans une inaction totale. Pourquoi ?

Résoudre l’existence n’est pas une mince affaire, et constitue une tâche que peu de mortels parviennent à interpréter, se complaisant souvent dans leur adoration simple et limitée d’un cilias, et de leur vie à sens unique et finie (Contrairement à nous, qui devons à la fois revivre nos vies passées et notre non-vie, se définissant progressivement et simultanément dans les deux sens opposés).

Les aînés, dans leur redoutable sagesse, nous disent que le plus grand mystère dans l’existence d’un mortanyss reste et restera à jamais lui-même.

Je crois que Kalos nous a dépourvu d’organes sensibles pour nous permettre d’exercer des dissections sur nos propres êtres. Il serait fatal pour quiconque n’est pas déjà passé par la mort de s’ouvrir, de s’observer, et de se comprendre. La peau ne désire pas être percée.

Et nos frères, nos sœurs, sont-ils là pour nous partager un regard différent sur nos entrailles personnelles ? Nous voyons toujours mieux avec de multiples points de vue.

Quelle est la réponse ? Quelle est la question ?




Nous sommes des questions. C’est ce qui fait de nous des aberrations, des horreurs.
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 8 Avr - 0:05

Je remonte le post. J'hésitais entre faire un post dans la section RP, mais puisque ça ne concerne que Xhilyan et le passé du personnage, je viens rajouter un chapitre à son BG.


Surplombant Luk'Maar, se dressait un mont continuellement enneigé, qu'on aurait fort bien fait d'associer au bout du monde, s'il y en eu un. Son allure de titan de glace était d'autant plus imposante, considérant les premières mais abondantes neiges de l'hiver qui s'annonçait.

Dans la nuit, dissimulée entre les vents vociférants et les rideaux de neige battue, se dressait une grande anomalie dans le paysage, qui n'était ni un arbre tordu, ni une formation rocheuse douteuse. Il s'agissait d'une macabre statue, aux os scintillants de givre et aux lambeaux mêlés à la silencieuse glace. La silhouette se dressait, grande, immobile dans sa torpeur givrée, telle à une statue oubliée.

Alors que l'assemblage d'os et de glace sommeillait dans sa prison d'étincelles et poudre hivernales, il bouillonnait de l'intérieur. Un séisme se déclenchait en lui, au creux de sa conscience enfouie dans sa frigide carcasse. Le froid était la seule chose qu’il était capable de sentir, et il avait eu raison de lui. À défaut de tuer le Mortanyss, le froid l’avait fait vivre.

Non pas que son corps privé d’une once de chair ait pu souffrir de l’indécente température. Seule la vision des blancs flocons tournoyant, volant, filtrant dans le désordre des vents vociférants était suffisante pour lui rappeler le froid qui avait plongé son être dans la mort.

Au travers d’yeux qu’il avait depuis longtemps perdu, il voyait ces images, qui sillonnaient dans son crâne poussiéreux, et ces sons oubliés, qui cillaient dans les échos de ses rêves. La sensation de la chair lui revint, sa chair fiévreuse et meurtrie par le froid.



Ses pas craquaient dans la neige, avant de s’arrêter. Tout reposait dans un silence mortuaire. Le vent qui sifflait, toujours présent, n’était plus qu’un tranquille élément du paysage de désolation ; de nombreux corps étaient étendu dans la neige maculée de sang et de mort. Sans songer un seul instant à la raison du geste, il porta son regard sur ses mains ; des mains blanchies, qui avaient peine à s’ouvrir. Insensibles et saccadées, ses mains découvrirent peu à peu des paumes entachées de sang, qui commençait déjà à geler sur sa peau.

-Vehan ! Qu’est-ce que tu fais ?

Une silhouette parue hors du rideau de neige. Il s’avançait d’un pas lourd, déterminé, dans un tintement métallique. L’armure de l’homme brillait d’une inquiétante teinte, celle de la blessure. Son gant de métal serré sur son épaule, la lame sillonnant dans la neige, on pouvait voir les forces du guerrier fuir au même rythme que son sang dans l’étendue blanche.

-Je t’ai demandé de retraiter, de fuir avec les enfants ! Va, maintenant !

-Fuir ? Il n’y a nisi d’endroit ou se cacher ici ! Vous avez vu le terrain ? Et avez-vous pensé aux Gorlaks qui doivent déjà nous barrer la retraite ? C’est de la folie !

-Vehan, si vous restez ici, vous allez mourir ! Ne cours pas pour ta vie, mais pour la leur !

Le guerrier leva un bras dans un crissement métallique, désignant un petit groupe de six enfants, blottis les uns contre les autres, qui n’avaient curieusement aucun lien avec cet endroit de guerre sanglante et de froid insoutenable. Leur présence ici n’avait aucune raison d’être. Mais vite, il fallait trouver quelque chose. Alors qu’il se retourna pour répondre, l’homme en armure n’était plus là ; il était déjà loin, fonçant avec une témérité suicidaire sur deux trolls massifs.

-Courrez, les enfants !

Malgré ses propres jambes, qui n’étaient plus que des poids rigides et congelés, la neige craqua à nouveau sous ses pas maladroits. Titubant, chutant à plusieurs reprises, il se rendit rapidement à l’évidence ; ils n’arriveraient pas à les semer. Leur salut, bien que désespéré, se présenta sous la forme d’une petite ouverture dans la roche, à peine assez grande pour le contenir lui et les enfants. À peine avait-il pu rassembler tous ses protégés dans ce pauvre refuge que le chœur strident des cris des enfants perça l’air frigorifié ; se retournant, il ne pu qu’apercevoir la massue d’un gigantesque troll abattue sur eux.

-In Sanct Ylem !

Ses doigts étaient peut-être paralysés, ses jambes étaient probablement inutiles, mais sa voix tremblante et sa gorge serrée avaient pu crier haut et fort le sortilège, avec l’intensité du désespoir. Un mur, temporaire, recouvrait le refuge improvisé. Mais la profondeur de la cavité rocheuse ne rivalisait pas avec la portée du bras du troll.

Alors que le petit groupe sursautait de terreur à chaque coup porté contre le mur magique, il savait que leur temps était sérieusement compté. Révisant les petits visage dans la pénombre, qui leur vouait des yeux remplis d’un urgent espoir, il ne pu se résoudre à se laisser glisser dans la mort, aussi rassurante pouvait-elle paraître en ce dérangeant moment.

Des noms venaient avec les visages qui défilaient, déformés par la terreur et perlés de sueur : Athen, Isildore, Maerc, Nathaniel, Hérile et Lycia. Trois garçons, trois filles. Son attention s’attarda spécialement sur la dernière, l’aîné. Malgré les frissons fiévreux qui dévoraient ses dernières énergies, il trouva le moyen de frissonner un peu plus fort. Une désagréable masse logée dans la gorge et dans les viscères, il se rappela qu’il s’agissait de sa propre fille.
Il cessa tout bonnement de respirer, pour se résoudre à l’inévitable qui devait venir. Le mur éclata, se dissipant en une futile évanescence qu’il avait toujours été. Dressant son corps tremblant, le mage tendit les mains et ouvrit la bouche, défiant le monstre et les vents qui rugissaient ensembles.

Mais l’amère boule obstruait toujours sa gorge, et ce qui aurait du être un sortilège se termina en sanglot. Le froid, le néant et l’absence happèrent son être, essuyant l’échec qu’il avait été.

Si seulement sa fin était venue à ce moment, il aurait pu conserver une once de dignité par l’alibi du courage et du sacrifice.

À son immense désarroi, le vent soufflait toujours dans ses tympans éprouvés. Bien que la majorité de sa chair se soit abandonnée à l’insensibilité, il pouvait sentir le froid continuer à gruger ses viscères, étouffant même l’idée, la pensée d’un peu de chaleur. Ouvrant ses yeux affaiblis et embrouillés il pu constater la présence d’un homme tout près de lui, tout en noir et dissimulé derrière les rebords d’un grand chapeau incliné. Sa main, blanche comme neige, manipulait deux petites billes noires, qui s’entrechoquaient à un rythme régulier.

Ni lui ni l’homme en noir n’osa dire un mot. Seul le vagissement des vents chargés de neige et le petit entrechoquement des billes convenait à l’étrange mélange de calme panique dans l’atmosphère.

Alors que ses yeux roulaient, fous, dans ses orbites, il dénota la présence d’autres corps étendus et semi recouverts dans leur tombeau de neige. Le grand troll gisait, vaincu.

À ses cotés, éparpillés dans un dérangeant désordre, les minuscules corps des enfants, disgracieusement couchés, comme si on les avait violemment projeté contre le sol pour les tuer.

Il aurait voulu ramper afin de vérifier si c’était bien eux, mais s’aurait été inutile. Il aurait voulu crier, mais s’aurait été futile. Il aurait voulu au moins murmurer quelque chose, ne serait-ce qu’un nom ou une prière, mais sa gorge était devenue absolument obsolète.

Et il y avait cet être là, dont les doigts ne trahissaient pas le moindre frémissement. Il avait la juste intuition que le troll n’y était pour rien dans ce carnage. Tout était la faute de cet être, là, qui le toisait de son silence. Dressant sa main, aussi froide et dure que celle d’une statue de pierre, il alla la plonger dans la toge qu’arborait l’homme en noir. Ses doigts inoffensifs glissèrent dans la sombre soie, aussi froide que le vent qui la fouettait.

Comme surpris par ce geste inutile, l’homme en noir cessa son jeu avec les billes et interrompit le son, qui était déjà devenu rassurant par sa constance. Maintenant, il n’y avait plus que le silence, le vent, et la mort.

L’étranger se libéra de sa coiffe, dévoilant son crâne nu et blanc, parsemé de veines bleutées. Un foulard recouvrait toujours la moitié de son visage, mais ses yeux en disaient suffisamment ; des yeux complètement noirs, profonds et pénétrants, légèrement plissés par l’amusement.

Lorsque l’étrange être se résolut à parler, ce fût en un grouillant mélange de voix entremêlées, partageant néanmoins la même vilenie commune ;


-Désolé, Vehan. Sincèrement. Vôtre fin sera notre début, et il faut bien débuter quelque part pour finir. Nous ne nous sommes jamais considérés comme des tueurs d’enfants. Mais il fallait le faire. C’était nécessaire. La mort est nécessaire. Joignez-nous, Vehan. Vous faites déjà partie de nous, sans le savoir. Venez à nous. Nous sommes vous.

D’une poigne qu’il n’arriva même pas à sentir, l’être aux yeux noirs et vides le dressa contre un pilier de pierre et lui ligota les mains, le livrant à une mort déjà plus que certaine. D’un pas sûr, il s’éloigna ensuite, les pieds nus dans neige. Les traces elles-mêmes disparurent à leur tour, suivie de la vie du Hastane, condamné.
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Sam 19 Mai - 19:02

MaJ des relations.

À noter, c'est l'avis personnel de Xhilyan, puisque l'ensemble des Mortanyss peuvent avoir des avis très différents sur les mortels qui gigottent partout sur les landes.

Daëlwenas : 1/10 (Hostile)

Les rivaux...ils nous ont enfermés, ils ont voulu nous renier et nous couper du monde! Tout ce qu'ils cherchent, c'est à nous détruire au nom d'un équilibre qui n'est même pas capable d'englober ce qu'il a sous les yeux! Pfah! Arrogants, fanatiques, et irrécupérables. Nous avons le droit d'exister, par Kalos!

Drakans : 8/10 (+1) (Amical)

Ces chairs-froides sont sages et raisonnées...la folle chaleur de la vie ne tambourrine pas de la même manière que les autres mortels en eux. Ils nous ont bien aidé par le passé, et continue à le faire. Calmes et posés, ils inspirent un respect réciproque.

Gorlaks : 7/10 (+1) (Amical)

Ces guerriers nous ont énormément aidé contre les Luthyss, ce n'est pas à nier. Bien qu'ils nous manquent parfois de respect et agressent nos fidèles ou nos visiteurs, ils sont vaillants, utiles, et possèdent des visions de grandeurs. Certains s'inquiètent de leur...aptitude à se faire des ennemis sur les landes, mais moi, tant qu'ils envoie des âmes à Kalos, je n'ai pas à me plaindre! HAhah!

Hastanes : 3/10 (-2)(Inamical)

Les Hastanes...S'ils ne nous rejettent pas pour notre apparence, ils le font pour nos croyances. La plupart sont atrocement arrogants, ou désespérément fanatiques. Derrière leurs beaux habits, ce sont de vraies brutes, n'hésitant pas à proférer des menaces au moindre argument.
Je n'oublierai jamais la profanation de l'abyssium et la pauvre efficacité de leur diplomatie. Ils se moquent de nous, littéralement.


Kardars : 6/10 (Neutre)

Bien que souvent méfiants à notre égard, ils tâchent de nous respecter. Nous avons eu peu de contact avec ces êtres, et bien que leur artisanat soit reconnu...nous avons tout ce dont nous avons besoin. Ils sont beaucoup trop liés aux choses tangibles, aux matériaux bruts de la terre pour parvenir à nous comprendre un jour. Il faut seulement veiller à ce qu'ils ne touchent pas l'abyssum!

Kheijans : 3/10 (-3)(Inamical)

Ces êtres du désert n'ont aucune raison de nous respecter. En fait, ils nous abhorrent. Je me suis renseigné sur leur culture; ils nous voient comme des abérrations, des âmes déchues de leur très cher Voriasham. Vénérant un être qui se prétend plus haut que le panthéon même des Cilias, et étant persuadés qu'ils sont ses élus, on ne peut que questionenr une telle arrogance. Ils n'hésitent pas à menacer et à enlever des nôtres et ils ne comprendront que ce qu'ils veulent entendre. Ne perdez pas de temps avec eux. Leur foi et leur raison a la couleur de l'or.

Mortanyss : 10/10 (Fidèle)

Malgré les altercations qui agitent parfois la famille en son coeur, nos frères sont les seuls qui peuvent vraiment comprendre ce que l'on subit. La famille est la seule chose que nous ayons en ce monde. Si les abîmes doivent t'emporter, mon frère, j'y plongerai avec toi.
Et nous en sortirons tous deux.


Nalkiris : 7/10 (Amical)

Ces créatures sont primitives mais ne présentent pas une menace. Leur vénération de l'honnie créatrice semble passive à notre égard, et nous nous en portons bien. Ils sont capables de nous respecter, et même de prendre notre défense lorsque le bourbier racial qui leur sert de village acceuille des ennuis.

Nargoliths : 8/10 (-1)(Amical)

Les Nargoliths savent nous respecter et reconnaître les vraies richesses comme l'art, la culture et la pensée. Nous sommes toujours bien acceuillis chez eux, mais ce sont des êtres froids qui songent avant tout à leur image. Ils cherchent à bien paraître pour relativement toutes les nations, et advenant quelques troubles, ils n'hésiteront pas à reculer pour préserver leur image. Sombrum est également renfermée sur elle-même, ce qui est un peu dommage, car c'est le peuple le plus raffiné des landes.
La glace, c'est beau, c'est blanc, c'est froid, mais c'est figé.



Nébulix : 5/10 (+1) (Neutre)

Ah, les nébulix! Ce sont des éternels comme nous, vous savez. On dit d'eux qu'ils possèdent un lien avec la magie, mais c'est souvent discuté...Adeptes des rêves et de l'imaginaire, ils possèdent ainsi un contact avec l'éther...Enfin, je me perds! Ces créatures se sont montrées plutot craintives à mon égard, mais une fois leur peur surmontée, ils sont plutot plaisants. Malheureusement, leur culte des saisons ignore l'abysse, et aucun Nébulix n'est relié à cette saison que nous vénérons...Pourtant une étoile a au moins cinq branches, non?
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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Sam 14 Juil - 21:13

Le temps passait, alors que la liche demeurait inaltérable. Son corps, désormais envahi de chairs grises et désséchés, avait cessé d'évoluer.

La réincarnation, la rennaissance était presque achevée - la promesse de Kalos, celle d'une vie - entière - après la mort.

Grâce à ses mystérieux pouvoirs, le Mortanyss Xhilyan'ntru avait longuement parcouru les landes, étant appercu un jour ici, l'heure d'après, à l'autre bout des landes.

Il n'était plus, depuis bien longtemps, le cadavre errant qu'il avait été. L'âge lui avait fourni une froide et nette précision de ce qu'il devait désormais chercher, de ce qu'il devait trouver et accomplir.

La puissance, le pouvoir - cette drogue qui corrompt les coeurs les plus nobles, qui pourris les méninges - était devenue son ultime quête. Car avec le pouvoir, venait l'ampleur des services rendus a la famille, de l'utilité de son âme pour la communauté familiale. Tout était devenu question de pouvoir.

Il réfléchissait aux liens du sang. Ses thèses étaient-ils vraies? Les tests avaient démontré que le sang Hastane lui léguait une plus grande portion d'essence vitale, elle s'avérait mieux assimilée en énergie nécromantique; ou quelque fût le nom de la sinistre force qui animait les enfants de Kalos.

Malgré tous le sang absorbé, son corps restait désespérment flétri, mortifié. Il lui fallait un sang entièrement compatible avec ses chairs poussiéreuses, un sang spécial, le plus près possible de celui qui coulait jadis en lui.

Alors, méthodiquement, il se mit a traquer sa descendance.
Sa première découverte fût celle d'Esteban - petit-fils de Francois Quenelles, son frère...lorsque Xhilyan portait un autre nom, et un autre visage.

Le descendant portait bien le sang familial en lui - intelligent, mais rebel, imaginatif, mais canaille et coquin. Ce dernier s'était d'ailleur joint a un mouvement révolutionniste, les Libertins. Bien que leur cause, qui gagna plusieurs mortels, toucha Xhilyan'ntru (Une facette de la liche aspirait toujours a un monde meilleur et plus juste pour toutes les âmes) il n'avait que faire de ce mouvement.

Son esprit, refroidi par la non-vie, lui dictait de se détacher des ardeurs qu'entrainait les mortels. Ce mouvement, comme tous les autres, n'était qu'un passage - un écho voué a disparaître dans le grand flot.

Néanmoins, afin de se rapprocher de sa descendance et d'entretenir de bon termes avec cette dernière, la liche choisi d'accorder son support aux Libertins. Le Mortanyss s'imaginait récompensé pour ses amitiés...

Mais ce qui devait arriver, arriva. Les Libertins furent capturés, défaits. Les membres furent dispersés, et Esteban disparu.

Pire encore, ce dernier avait du avoir un enfant avec une femme, afin de laisser se poursuivre la descendance, suite aux pressions d'Haze et de Xhilyan. Mais l'enfant ne vis jamais le jour. Noyé, il fût. Assassiné.
Des rumeurs vinrent enrober ce macabre événements. L'une d'elles enseignait que l'enfant n'était pas d'Esteban.

Que croire. De toute facon, Kalos avait choisi de prendre l'enfant.

Xhilyan fût démonté, mais ne se découragea pas. L'abandon, la fuite, contre l'éternité, n'était pas une option. Il investigua le document généalogique fournit par Esteban, afin de retrouver d'autres branches de son sang. Sans succès.

L'impossibilité d'accéder à Citria n'aidait pas.

Sans hésiter, la belliqueuse créature de Kalos décida d'user de Lynaline, une jeune rouquine qui avait su gagner la confiance de bien des Mortanyss, pour l'envoyer enquêter parmis le fouillis des archives de Citria, sur la famille Quenelles.

La jeune Lynaline revint, et avec succès. Elle lui rendit un journal, ou le mort-vivant pu observer des reflets plutot ternes de son histoire;

Il s'agissait d'un journal commencé par Sélina Célène, la femme a qui il avait été uni dans la vie. Les premiers passages avaient été rédigés avec l'écriture de la furie; et en effet, ce n'était pas dans le bonheur qu'il avait appercu Sélina, pour la dernière fois.

Xhilyan devait rechercher loin, très loin dans ses nébuleuses mémoires pour en récupérer les détails de l'histoire. C'était un rêve qui s'était terminé depuis longtemps. Il se rappelait d'un désir charnel et enivrant, d'une dévotion qui devait courir a sa perte. Il se rappelait de la honte qu'avait engendré la présence de la nargolithe auprès de lui.

Et Sélina s'évapora. Heureusement, il restait Lycia. Non, Lycia était morte.

Xhilyan sauta ces premières, et déplaisantes pages. Le vieux livre se poursuivait; le journal avait été tenu par la famille sur plusieurs générations, et, entre les pages noircies d'encre par les terribles secrets de son sang maudit, et les pages blanches promettant encore l'illusoire espoir d'un avenir blanc et maculé de pureté rédemptrice, se trouvait les derniers passages écrits, ceux qui devaient refléter le présent.

Le nom de Lynaline s'y trouvait. Ce n'était qu'un prénom, bien sûr, bien que peu commun. Mais c'était peut-être bien elle.

La liche leva ses orbites sur la charmante Hastane d'en face, qui, de par l'éclat interrogateur de ses yeux d'émeraude, semblait tout ignorer de la situation.

Xhilyan commenca à exposer ces nouveaux faits, prononcant lentement, comme si chaque parole avait pu être glissantes. Non seulement Lynaline pouvait être une hypothétique descendante, mais l'autre femme, Tiana, assise juste a côté, pouvait très bien l'être aussi.

Le vibrant éther du spectre vint lui murmurer, lui prier, de goûter Tiana plutot que Lynaline.

Et c'est alors que les événements furent interrompu par la pâle apparition de Soths, l'Ancien. Ce dernier, émettant le désir de partager quelques paroles avec les ainés, fit demander qu'on escorte les deux femmes Hastanes - et un homme et ami qui les avait accompagnées - hors de la cité Morte, qui avait déjà laissé beaucoup trop d'êtres vivants troubler la nécropole, déjà.

Encore une fois, son sang lui filait entre les doigts, fluide désespérant.

Se hâtant pour rattraper les vivants escortés jusqu'aux frontières des terres désolées, la liche parvint finalement a les rattraper - et a leur dévoiler l'hypothétique lien qui les unissait.

Lynaline, âme également en recherche d'elle-même, tenu a savoir la vérité...Autant, sinon plus que Xhilyan. Il n'existait qu'un moyen de le savoir - si le sang de la rouquine était véritablement celui qui avait vécu dans les veines de Vehan Quenelles, il saurait noyer et gonfler les chairs de la liche, lui redonner un semblant de vie.

Consentante, Lynaline offrit son poignet, ouvert, à Xhilyan. Malgré tout, la grande liche opta pour la tendre gorge de la demoiselle, plantant ses crocs voraces là ou le sang battait son plein. Alors que la délicate créature d'Odéon perdait son éclat, luttant a peine contre la froide poigne du mort-vivant, celui-ci voyait ses chairs grise se gorger, sa peau se silloner de veines depuis trop longtemps désséchées: le lien du sang était incontestable.

Goulû, l'enfant de Kalos ravissa autant de force et de volonté que la frêle petite Hastane pouvait lui en donner - et malgré les apparences de cette dernière, elle détenait une étonnante volonté de vivre, capable de combler le gouffre malin qui s'était formé dans la chose qu'était devenue Xhilyan'ntru.

L'étreinte sanglante ne se termina que lorsque Lynaline alla choir dans l'herbe; avec la légéreté tout a fait digne du pâle vide qui l'habitait désormais et qui transparaissait maintenant de la peau refroidie et des yeux livides.

Dans un mouvement contraire, emplis de vitalité et solidement conscient, s'éleva Xhilyan, changé. Se débarassant de la vieille toge poussiéreuse qui avait servit a dissimuler son horrible corps émascié de liche, il exposa son nouveau corps, charnu et dénudé, au derme d'ivoire parcouru de nombreuses veines bleutés. Le vampire ouvrit les yeux, à la surface complètement noire.

La réincarnation était complète et de fatales vérités s'éclaircissait enfin dans son esprit, nouvellement éveillé. Il était mort, pour la seconde fois.


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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Mar 17 Juil - 12:16

Le nouveau vampire préparait quelque chose. S'étant enrobé d'une toge sombre, d'un large chapeau et d'un épais foulard, il disparu, avec Haze.

Pour ailleurs, et plus précisément, nul part.

Bien que son reflet avait disparu de la surface de tous les miroirs, il percevait très bien ce qu'il était devenu.

Les deux âmes se rendirent dans la jungle abandonnée, à l'orée des étranges ruines murmurant et vombrissant d'indéniables énergies. Xhilyan n'avait toujours pas appris l'origine de ces ruines. Elles avaient peut-être toujours été mystère, vomies par le temps lui-même, dans son insensé parcours.

Mais ce dispositif, bien que fantastique et fascinant, restait un moyen, non une fin.

Ils pénétrèrent ainsi dans l'enceinte des pilliers et des arches qui se dressaient, incroyablement anciens, semblant chercher à défier la gravité elle-même.

Malgré la troublante fébrilité de Xhilyan, il activa les quatres globes, d'une lumineuse incandescence. Ses gestes étaient lents, posés. En ces lieux, qui se retrouvaient hors du concept de l'espace, le temps n'avait aucune incidence. Ce se fesait, avait déjà été fait, par milles fois, et se reproduira.

Les quatres globes s'activèrent en une machinale harmonie, et s'élevèrent autour du pied d'éstal. Les deux Mortanyss s'y prostrèrent, attendant la suite des événements.

L'inéluctable suite.

À l'image d'Haze, la liche toujours changeante, l'environnement se mit à se défaire, se reformer, l'herbe a leur pied florissant, puis mourrant, la pierre des monuments environnant devenant poussière, puis se reconstituant. L'univers entier semblait se réorganiser, se chercher.

La terre s'égrainait, lévitait, alors que les nuages descendant vers eux pour les envelopper dans une brume, pâle et laineuse.

Lorsque l'énergie, encore tangible et électrique dans l'air, commenca à se dissiper et à laisser les Mortanyss récupérer leurs sens, ces derniers s'appercurent peu à peu de leur nouvelle situation, lentement dévoilée au travers des rideaux vaporeux.

La scène était étrangement calme, silencieuse. Elle avait la saveur et les couleurs d'un rêve. Tout était blanc, froid. Endormi.

D'un pas lent, presque contraint, ils mutilèrent la neige encore vierge.

Ils traquèrent, dans le désert glacé, les cris de guerres et les chocs des armes. Ce fût presque trop facile de trouver les corps horriblement décortiqués par la bataille. De dénicher les pas, et les cris paniqués.

Là. Le lourd troll se tenait juste là. D'une simple prière adressée aux forces destructrices de ce monde, la liche envoya le troll se noyer dans une colonne de flamme, directement crachée d'un monde que personne n'aimerait voir. Il en résultat une grande carcasse cendreuse qui vint s'écraser dans la glace.

Auprès de cette immense tache noire et encore chaude, gisait un homme, Hastane, qui semblait avoir été assomé par le troll.

Et, directement à coté, un groupe d'enfants terrés dans une cavité rocheuse, qui l'avait probablement échappé belle.

Le vampire levant ses yeux noirs, seuls traits disponibles de son visage voilé, sur l'attroupement juvénile.

Il s'emparant de deux billes de jais, les faisant tourner et claquer entre des doigts d'un geste répété et régulier.

Xhilyan s'approcha des six enfants, qui n'eurent tardé à larmoyer et a hurler avec le sifflement des bourrasques de neige, froide, cruelle, et bientot maculée de sang. Des cris lointains, surgit des ténèbres d'un esprit perturbé par quelques dérangeant cauchemards. Un mauvais rêve, voilà ce que c'était.

Silencieux, frigorifié par un froid encore plus glacial que celui du blizzard, le vampire patienta l'éveil de l'homme, dernier survivant, dernière et ultime attache à ce théâtre imaginaire et onirique.

Dans un geste désespéré, l'hastane, gravement blessé par l'attaque du troll, dressant une main sur la toge du vampire. Cette main, rendue rigide par le froid et paralysée par la douleur, glissa innocament le long de la soie noire.

Comme surpris par ce geste inutile, le mortanyss cessa son jeu avec les billes et interrompit le son, qui était déjà devenu rassurant par sa constance. Maintenant, il n’y avait plus que le silence, le vent, et la mort.

Xhilyan se libéra de sa coiffe, dévoilant son crâne nu et blanc, parsemé de veines bleutées. Un foulard recouvrait toujours la moitié de son visage, mais ses yeux en disaient suffisamment ; des yeux complètement noirs, profonds et pénétrants, légèrement plissés par l’amusement.

Lorsque Xhilyan'ntru se résolut à parler, ce fût en un grouillant mélange de voix entremêlées, partageant néanmoins la même vilenie commune ;


-Désolé, Vehan. Sincèrement. Vôtre fin sera notre début, et il faut bien débuter quelque part pour finir. Nous ne nous sommes jamais considérés comme des tueurs d’enfants. Mais il fallait le faire. C’était nécessaire. La mort est nécessaire. Joignez-nous, Vehan. Vous faites déjà partie de nous, sans le savoir. Venez à nous. Nous sommes vous.

D’une poigne que le mourrant n’arriva même pas à sentir, l’être aux yeux noirs et vides le dressa contre un pilier de pierre et lui ligota les mains, le livrant à une mort déjà plus que certaine. D’un pas sûr, il s’éloigna ensuite, les pieds nus dans neige. Les traces elles-mêmes disparurent à leur tour, suivie de la vie du Hastane, condamné.

Xhilyan était maintenant un être complet, auteur de la propre monstruausité qu'il était devenu. Haze adressa quelques prières à l'âme libérée en ce sanglant jour, afin que Kalos guide cette âme et complète ce dément manège.

Un rêve se terminait, alors que les Mortanyss s'évaporèrent dans la neige. Un autre débutait, au sein des petits corps qui pâlissait dans leur lit de neige et du corps gelé de Vehan Quenelles, qui reposa tranquille avant d'ouvrir des yeux, aussi blancs et vides que la scène frigide qui lui avait servit de deuil.

Quand à Xhilyan, le sauveur, l'assassin, l'artiste, le destructeur, il était désormais un être à part entière avec lui-même.

Consultant de multiples orbes de cristal entre ses doigts osseux, toutes et chacune contenant une scène de l'univers morcelé et discontinu des rêves, il songeait à sa prochaine destination, aux prochains tourments...




Lentement, dans l'infini envahi de gracieux et cruels flocons, les innombrables et éternels rêves germeraient doucement à ses pieds...
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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Dim 2 Sep - 13:13

Le rêve


Les vapeurs humides du marais aurait voilé sa silouhette, s'il en avait eu une. Il errait dans les marécages puant, l'eau se troublant a peine au passage de son être dématérialisé. Puis, des bruits a ses oreilles. Des clapotis dans l'eau endormie.

Des cavaliers. Hommes du désert, parmis la dépaysante humidité. Ils passèrent, et repassèrent en silence - excluant le vacarme humide des sabots dans l'eau et la vase. L'un d'eux s'approchait, s'approchait...Il ne le voyait pas, mais il voulait le toucher. Son cavalier, ou le cheval?

Il aurait voulu partir. Partir loin de l'haleine chaude de l'animal dressé, loin des sabots qui lui piétinaient le dos. Ils sentaient la présence du mort, et voulaient à tout prix le désceller.

-Lance-moi des sorts!

Comment? Quelle était cette absurdité? Il croyait que ces hommes détestaient la magie, que cela leur donnait une bonne raison de s'abattre sur lui. Mais, ironiquement, c'est en y ayant recours qu'ils acquirent leurs fins. On invoqua des sortilèges sur le cavalier, ce dernier se laissant joyeusement foudroyer par un torrent électrique.

Le cavalier, foudroyé par son compagnon, dégagea de lumineux arcs électriques, qui changèrent l'eau du marais, à proximité, en un piège fatal.

Son corps se crispa immédiatement, et il sentit ses brûlures rencontrer la fraîcheur de l'eau marécageuse.

-Ca y est, je suis fou. Mes cauchemars absurdes ont eu raison de moi. On se croit intouchable, dans nos rêves, malgré les doutes, la terreurs, l'ivresse. On sait qu'on va éventuellement se réveiller. On ferme les yeux et...c'est terminé.

Il reposa dans l'eau, enlisé dans la vase et le miasme. Aussi stagnant et catatonique que l'eau qui l'enrobait, qui remplissait désormais ses narines, sa bouche, ses organes. Les yeux ouverts sur l'eau brouillée.

Des mains se penchèrent sur lui. Elles plongèrent, nombreuses, blanches, fermes. Des petits grapins de marbre. Doucement, elles le dégagèrent de l'eau boueuse, qui fuyait de toutes parts le corps qui continuait de s'élever, à l'air libre.

Une voix, exigeante, à l'apparence d'un grognement prolongé et lentement articulé;

-Cette proie est à moi!

Il s'agissait du propriétaire d'une des mains qui l'avait tiré des eaux. Un homme blanchâtre, vêtu de fourrures noires. Sa poigne était ferme, voire même déchirante - ce n'était pas des doigts, c'était des griffes.

-Il est tentant d'emporter ce que nous pouvons, de partir avec, mais nous restons ce que nous sommes...c'est vain, Cadlyoztro. Nous sommes damnés.

Cette voix-ci était douce, constante et distante. Mais ses derniers mots tremblaient, mûs par le chagrin.

-Le pauvre, le pauvre...il est tout recouvert de boue. Il n'est ni un bout de viande, ni un damné! Il est une fleur de l'âme, et je vais vous le montrer!

Une voix pleine d'espoir. Et de compassion. Elle provenait d'un des hommes qui soutenaient le corps, un drôle de type trop élégament vêtu pour se trouver dans un marécage.

-Allons, allons...mes aspellors, laissez ce pauvre diable tranquille. Il mérite qu'on le laisse en paix. N'agissez nisi en pillards, comme d'autres l'ont fait. Ne vous comportez donc nisi en charognards!

Un Hastane? Oui, un hastane prenait part au regroupement. Mais il était pâle, lui aussi, trop pâle. Et horriblement familier. Dans son ton, dans sa tenue.

Aussitôt, les voix s'entremèlent. Le tintamarre de paroles s'élève, dispute éclate. Chacun des êtres tire sur son bout, son morceau du mortanyss sale et carbonisé. Dans un atroce et répugnant son de déchirement, il cède, il est démembré, déchiré, découpé.

Ne reste plus qu'une femme de rouge vêtue, tournoyant sur un îlot du marais, dans une danse bien simpliste. Elle semble s'y plaire, et chante, paisiblement;

Silva In Lumine,
Lunae Arcana Est,
Domus Mea,
Silva In Lumine...


Le hurlement d'un loup, voilé quelque part dans la brume, accompagne la comptine.


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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Jeu 20 Sep - 23:10

Je garde encore la saveur des laves savoureuses qui tapissent l'intérieur de mon être. Qui aurait cru que la mort deviendrait un jardin d'hédonisme? Qui aurait cru a une sublimation des sens, pour ce corps froid et rigide, cette terrible aventure de poussière et d'os qui ont constitués les premières portes de mon existence post-mortem?

Allégresse, éternité. Pour mes nouveaux yeux ravivés, le monde semble certes toujours aussi fade. La puanteur du monde n'a jamais été aussi forte. Mais j'ai mes remèdes. Et ils sont nombreux. Je cherche toujours à plonger dans de nouveaux portails, préconiseurs de rêves, promesses de divertissements et d'ébahissements pour mes sens avides.

Forcément, Kalos avait prévu, calculé, et dosé le tout. Me voici avec un corps adapté à mes folies, à mes désirs. J'ai jeté mon dévolu sur ce qui fut l'objet de ma première damnation. Oh, comme les cilias doivent froncer sur moi. Eux qui s'efforcent tant de dresser leurs pions les uns contre les autres, de confronter l'efficacité de leurs créations personelles.

Me voilà enrôler à nouveau dans leur jeu. Forcément, après l'acte honteux dont j'ai été l'auteur, on a jugé bon de me damner. Ah, mais comme je doutes que ce fut pour me corriger. Non, les hommes n'ont pas à être corrigés. Ils ont le seul devoir de choisir. C'est l'outil qui amuse tant les Cilias, je le sens. Le pouvoir, à leurs jouets, de se mouvoir d'eux-même, de les surprendre.

Eh bien soit, je poursuivrai dans ce qui m'a définit, et damné. Avant, lorsque le sang coulait sous ma peau, j'aurais pu tenter de le forcer à circuler en sens inverse. Serrer les dents, et laisser l'effort transpirer sur ma chair chaude et tendue. Et espérer voir la lumière, pour mes bons efforts.

Mais désormais, et je peux clairement palper la différence, il n'y a que le néant glacial, le silence de mes chairs appaisées dans lequel reposent mes veines désormais silencieuses. Et cette envie, qui repose, non pas comme un courant contre lequel on peut lutter, mais un marasme sans fond, inexorable, un gouffre, ou il est impossible de lutter. Impossible de tousser, ou de vomir le poison qui s'immisce en mon esprit, qui viennent détraquer mes instincts.

Un désir de transgresser le monde lui-même. J'ai déjà tordu les chaines de la réalité au point de les faire crier. La magie a toujours été mon amante.

Mais vint, grâce a Kalos et a la prédisposition de mon âme, un nouvel élixir, une fontaine d'explosions, qui apparait disgracieusement comme un rouge liquide, trop souvent associé à la douleur, et à la mort violente.

Au scandale.

En un autre monde, je n'ai jamais connu son nom. Je ne suis plus certains de son visage, d'ailleurs. Ces gens-là sont maquillés par le mystères, en permanance. Oh, j'ai bien eu quelques ébats avec elle, mais je n'ai jamais eu la sensation de l'atteindre.

Désormais, c'est différent. Kalos m'a donné les moyens d'explorer les landes intérieures, de gouter aux saveurs profondes du corps et de l'esprit qui m'ont fait misérablement languir. Je peux l'atteindre, et, toujours damné que je suis, comme un spectre qui répète incessament les plaintes de sa dernière agonie, je ne cesse de m'abandonner à ces victoires sensuelles, à ces envols grisants et pénétrants que me permettent mon nouveau statut de vampire.

J'aurais désormais un gout, un visage, une odeur et un nom a fixer à cet ancien spectre qui aurait hanté mon vivant et qui aurait définitivement ouvert la voie sur ma maladie; le gout pour la contre-nature.

Elle n'est pas de mon sang. Je ne suis pas sot, j'avais compris la première fois.

Et pourtant, ce sang, qui rampe comme un nocif poison sous ma langue, inonde ma gorge et engloutit mon coeur, comme j'en chéris les nausées.
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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Jeu 20 Sep - 23:52

Je suis de nature solitaire. Peu arrivent à me comprendre, sinon ceux qui partagent mon espèce. Et encore, ceux-là, sont aussi des solitaires. Je ne prétends pas être plus que je ne suis. J'agis par instinct. Et je ne fais pas allusion à la préservation de soi. Je sers fidèlement mes pulsions, qui s'accordent à la volonté de mon créateur; j'offre la mort et tous les murmures qu'elle souffle à ses élus. Je borde mes proies des exaltations et des sueurs qui annoncent sa venue.

Et j'adore ce que je fais, ce pourquoi je suis fait.

Accroupis, je ne peux me sentir mieux que lorsque je traque ces chairs vivantes qui remuent et babillent innocament, engourdis par leur existence endormie de leur quotidien. Comme je les déteste. Dès que ma dague trouve leur sang, leur souffle, leurs yeux s'ouvrent grand et dans leur regard, la révolte. Ils sont révoltés, car ils croyaient leur vie comme quelque chose d'aquis, d'inébranlable. Leur vie à eux, comme leurs habits inutiles, leurs bêtes de traits, leurs demeure, leurs terrains...

Au moins, ils auront connu la valeur de leur vie durant ces quelques ultimes mes révélateurs instants. À ceux-là qui ne la méritent plus, qui n'ont pas chéri leur vie suffisament pour dresser les oreilles et m'entendre venir.

Ceux qui parviennent à s'enfuir, à se débattre, ceux qui savent être vigilants, ils méritent de vivre. Ceux que les fatalités de ce monde ne happeront pas les premiers, ils méritent de poursuivre leur course, jusqu'au prochain rendez-vous avec la mort...

Je ne suis pas un tueur. Ou une brute. Je suis un chasseur. Et chacune de mes proies à la chance de survivre. De se mesurer à la mort, yeux ouverts et coeurs palpitants, de se sentir vivant.

Je me souviens de cette femme, qui n'avait nullement réagit face à l'éventualité que je lui présentais. Elle se tenait là, simplement tétanisée. Son esprit avait été tellement écarté de tout danger sa vie durant, que ses instincts l'avait désertée. Celle-là, sans ménagement, je l'ai tué. Mes doigts, mûs d'eux même par la dictature de ma rage, lui pénétrèrent la gorge, qu'elle n'avait que trop douce et molle. Mes crocs ne demandèrent qu'à lui déchirer sauvagement le visage, et j'ai cédé sans broncher à cette indélicate pulsion. Ce n'est que trop tard qu'elle se débattit, inutilement, alors que je l'achevais au gré de mes envies violentes. Tout ce qu'elle représentait fût déchiré et éparpillé, laissé au gré des vents et des caprices de la nature. En une ultime poussée, pour sceller mon extase carnassière, j'aurai hurlé à la lune.

Parfois, on parvient à me fuir. Je suis alors très frustré, mais ensuite, je suis fier et ravi. Cela me plaît. Cette proie mérite quelques instants de plus, et gagne une valeur accentuée. Je la désire encore plus, et la traque devient d'autant plus intéréssante alors qu'elle s'allonge.

Oui, je me délecte déjà de la chair réchauffée et trop vivante de celle qui se dérobe. Quel respect je gagne pour les grandes et belles proies!
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Ven 21 Sep - 0:05

Cet endroit me fait peur. Haec, je n'ai aucune honte à m'avouer effrayé. Ce monde qui se déploit autour de moi n'est qu'un cauchemar. Je vis, je progresse, dans cette mascarade de moi-même, au teint trop blafard et aux compagnons macabres qui sont mes frères. Je ne suis nisi a ma place. Ceci n'est que le paysage, géant, amplifié de ma tombe. Haec, je suis mort, mais je n'ai nisi l'impression de l'avoir vécue.

Je ressens encore les échos des allées de Citria - rien a voir avec l'inquiétant silence de cette nécropole. Les enfants me manquent. Ou sont-ils? Que font-ils en ce moment? Surement nisi dans cette réalité.

Oh, Quenelles, mais qu'à encore-tu fais? Qu'as-tu donc fais de toi? Un écho, un spasme...
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Vincent C., Hastane.

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Ven 14 Mar - 10:11

Textes dignes de Xhilyan'ntru, cela va de soi. J'adore vraiment les attachements de diverses images qui se montrent souvent propres au texte. Le tout est merveilleusement bien constitué tant qu'a l'acheminement de vie dans la mort qu'a sû suivre le futur et maintenant Vampire.

La seule chose qui pourrait se montrer comme reproche, mais qui se veut banal est la longueur étiré des textes. Parlant ici de l'obligation à tirer la barre à droite continuellement à chaque fois que le texte se voit abouté à l'encadrement. Sans ça, la lecture est délectable. Smile
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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Sam 4 Oct - 0:15

Le vampire s'était effacé. On eu voulu le quérir en Mortancia, trouver ou sa carcasse froide devait reposer, mais les lits étaient vides, et les cercueils ne contenaient que des os. Quelques uns l'avaient cherchés plus que d'autres, mais finalement, peu devait se soucier, et il serait éventuellement oublié. À l'instar des archimages, on eu supposé qu'il s'était retiré dans un lieu lointain et inaccessible pour mener quelques recherches. Les plus pessimistes avaient des visions plus sombres. Mais tous étaient à des lieux de la vérité. La situation de Xhilyan nous emporte au delà du réel, du visible et du compréhensible.

Dans une mer de gemmes liquides, se dressait une tour vivante, palpitante, constituée d'une chair chaude et filandreuse, qui tendait ses multiples bras pétrifiés vers un firmament d'un mauve profond, parsemés d'étoiles bleutées.

L'un des appendices de la tour, une immonde tentacule qui balayait d'un geste infiniment lent l'air obscur , présentait sur sa surface deux insectes, qui semblaient engagé dans une poursuite impossible.


-Shzz'Fralth! Cesse immédiatement cette folie, primaire! As-tu la moindre idée des conséquences? Ksha-algrrz!

Effectivement, alors que la voix rugissait, les deux insectes défiaient la loi de la gravité, ayant tantôt la tête en haut, parfois en bas, leur course décrivant une spirale autour de cet étrange quai de chair.

-Je ne retournerai pas dans cette bulle infernale, n'y comptes pas! Tu n'obtiendras plus rien de moi!

L'homme à la peau laiteuse serrait ses doigts maigrichons sur une cage dorée, à la forme étrange, dont leur cœur liquide et verdâtre semblait en constant mouvement sur lui-même. Ses vêtements en haillons, ses yeux gris et ternes, il ne semblait plus qu'une ombre de ce qu'il fut. Ses lèvres desséchées se déchiraient entre un sourire nerveux et un malaise inexpugnable lorsque la créature qui le poursuivait reprenait la parole. Sa voix avait quelque chose de particulièrement inhumain, articulée par plusieurs intonations qui se superposaient en une harmonie de cauchemars.

-Fais preuve d'un peu de sens, primaire! Nous procédons à ceci pour ton bien. Remets immédiatement ton collier et tu comprendra que tes actions sont insensées.Ton espèce est étrange à ce monde, et ton esprit ne réagis pas correctement.

La créature lui adressa un regard sévère, issu d'un somptueux visage de femme. La créature aurait pu être jugée attirante par les traits étrangement humains et féminins qu'elle possédait au niveau du visage et du torse, mais la couronne chitineuse qui encerclait son visage et les massives cornes qui pointaient chaotiquement hors de sa tête, ses membres terminés par des monstruosités distordues et griffues et sa peau grise et luisante témoignaient tous de son origine étrange. Une paire de fins membres en trop, jaillit du dos, laissaient trainer dans l'air trouble une fine membrane scintillante derrière elle, d'un rose translucide et agréable. Ce n'était pas assez pour couvrir son rugissement et ses crocs d'un bleu brillant et métallique.

-Plutôt mourir en homme fou et libre que de laisser une seule autre seconde d'éternité brûlante parcourir le corps de mon âme sans tressaillir! Tu sais très bien ce qui arriverait si je le brisais!

Le vampire, méconnaissable dans son apparence déchirée, brandissait l'étrange structure dorée au cœur liquide, qui semblait couler plutôt que battre.

-Ce n'est pas le coeur de la tour, primaire fou. Tu risque seulement de te faire mal à toi-même. Laisse-nous t'aider. Cela te semble probablement réel, mais tes sens te trompent ici. Leur interprétation de ce qui t'entoure et limitée. Rends-moi ça avant de te faire mal.

-Le coeur? Non, pas le coeur. Mais tu peux me dire ce que c'est n'est-ce pas? Les être comme toi ne peuvent pas mentir, alors parle. Comment se nomme l'objet?

-Nzzal Paskg! Il s'agit d'une artère de la tour, primaire. Et tu vas me la rendre.

Ses derniers mots s'étaient enflammés en une sorte de rugissement psychique qui arracha quelques spasmes aux doigts maigres du vampire serrant toujours l'objet de convoitise. Les yeux de la créature féminine, oscillant en luminosités et en couleurs, guettaient les faits et gestes du voleur.

-Je ne suis pas un primaire comme les autres, je ne suis pas étranger aux artères. Je suis un v...

La créature avait anticipé d'avance le coup d'éclat du vampire, grâce à un sens qui lui échappait personnellement. Elle avait enfoncé ses deux avants-bras monstrueux dans la surface molle et palpitante que le duo arpentait, et leur prolongations, deux longues griffes noires chitineuses, avaient jaillies sous le vampire en un éclair sanglant. Les deux griffes étaient pratiquement apparues là ou l'homme déjà abîmé se tenait, déchirant son torse et faisant éclater quelques unes de ses côtes au passage, dans, non pas une soupe sanglante d'amalgame organique, mais dans une froide poussière grisâtre. Dans un spasme désespéré, son bras propulsa de toute force l'objet de la lutte, que la créature se refusa d'abandonner. Aussitôt, ses jambes longues et articulées, plutôt alors des pattes, se détendirent pour bondir en direction du cœur vert et doré, qui menaçait de s'éteindre dans le vide. Elle n'avait pas remarqué que son adversaire mutilé s'était complètement dissipé en une fine poussière, mais ce qu'elle pu remarquer, avec rage, c'est une main d'une blancheur fantomatique se saisir, en plein vol, de la fine cage dorée et de son contenu rappelant l'absinthe, et d'un battement d'aile nerveux, fou.

C'est un papillon géant qui le portait, lui, cette réplique de lui-même, alors qu'il s'éloignait de la tour de chair surplombant l'océan de gemmes en fusion.

Alors que l'altitude lui donnait un plan d'ensemble de la tour, il pouvait voir plusieurs silouhettes encore en train de combattre, combat qui tournait plutot aux massacre - tant de lui-même, répliques pas tout à fait fausses, ni vraiment réelles, qui devrait laisser derrière, pour qu'une infime partie de lui aie la chance de retrouver sa terre d'origine. Ces autres visages, ces autres vampires, pareils à lui-même, suspendirent leurs efforts de résistances contre les sinistres gardiens de l'endroit pour observer le chevaucher de papillon nocturne rapetisser et disparaître, laissant derrière lui une déformation dans le ciel mauve, pareil à un tourbillon liquide au centre étincelant.

Quelques instants ensuite, la tour rugisse, puis se fendit, puis s'écroula, déversant son sang et ses habitants dans l'océan qui s'assombrissait sous un ciel qui s'écroulait et se déchirait.

Après ce qui serait remémorée comme une éternité, le papillon vieilli, et devenu blanc, et vide, et mort. Il se décomposa, de même que les haillons du vampire, de même que ses tatouages et les marques de sa détention. Il ne restait que le corps de l'homme, recourbé sur lui-même, fonçant à une vitesse vertigineuse entre les plans et les mondes, dans un manteau délicat de flammes silencieuse et de lumière froide.

Avant que ses yeux aie pu apercevoir sa destination, dans le vide inter-planaire, ce sont ses narines qui s'éveillèrent à l'odeur qui lui rappelait Teilia, Teilia qui approchait enfin. L'odeur stimulante, envoutante, et familière du sang.




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Xhilyan'ntru, Mortanyss

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MessageSujet: Re: (BG) Xhilyan'ntru   Mer 17 Fév - 18:47

La dernière traversée


Une pointe de pierre enneigée au milieu d'une mer parsemée de glaces traitresse.

-Tu nous a fait naviguer jusqu'ici pour une vieille momie? Le diable t'emporte!

-Regarde ses habits. Il devait être quelqu'un d'important.

-Il n'a aucune richesse avec lui.

-On pourrait le vendre à un collectionneur ou à un musée.

-Non, regardez ses dents. C'est un vampire. On pourrait faire chanter les mortanyss.

-Il serait encore en vie? Ben en vie...

-Ou mieux, le vendre au plus offrant.

-Refermez-le et embarquez le à bord.

Un navire fend les flots par une nuit calme. Deux hommes auprès du bastingage.

-Je n'aime pas ça.

-Quoi?

-La mer. D'habitude elle est agitée par ici. C'est trop calme. Et la lune...trop grosse, trop brillante. Ce n'est pas naturel.

-Tu délires.

Une autre silouhette apparait sur le pont. L'ombre avance doucement, ses pas et les plaintes des planches trahissent sa présence.

-Qui va là?

Aucune réponse.

-Tu as du mal à dormir toi aussi?

Toujours aucune réponse. La silouhette continue de s'approcher et se révèle. Un membre de l'équipage, un ami. Ses yeux, vides, sont esprit, ailleurs. Il s'approche du bastingage.

-Hé!

-Somnambule?

-On dirait. Réveilles-toi!

Le somnambule est interpelé. Mais la transe est toujours présente en lui, et sa voix est sans vie;

-Il est levé, et rêve en nous. Je ne dormirai plus. Il s'est levé, et maintenant le vaisseau porte le parfum de la mort. J'arrive, ma douce...

Un geste est fait pour le rattraper, mais le malheureux s'est jeté à l'eau, sur ses derniers mots. Deux pairs d'yeux sont consternés par l'étrange spectacle de cette homme qui s'est laissé coulé. Puis, l'un d'eux;

-Un homme à la mer!

Un hurlement retentit dans la calle. Les deux hommes y accourent. On est en train d'y maitriser l'un des hommes, qui se débat furieusement. Un autre, à quelques pas, gît dans son hamac, d'où s'écoulent de nombreuses gouttes de sang. L'un des hommes accourt à la cabine du capitaine pour l'informer du désordre.

-Capitaine! Capitaine?

L'officier est prostré dans un coin de sa loge baignée de ténèbres, le visage entre ses mains souillées de sang. Entre ses doigts filtre le rire de l'hystérique. Alors que son compagnon l'approche, il lève vers lui son visage lacéré par la dague qu'il a abandonné à quelques pas de sa personne.

-Quelle est cette folie...mais quelle est cette folie que nous avons emporté. Nous avons eu le malheur de partager son chemin et maintenant nos voies vont ensembles - elles sont guidées par le sang. Je ne veux pas mourir!

Le capitaine s'élance et disparait au travers des carreaux brisés, pour rencontrer sa fin parmi les vagues. Il laisse derrière lui son matelot confus et terrifié. Celui-ci se demande si lui même n'a pas déjà cédé à la folie.
Et puis, il y a les ténèbres. Grandissantes.

Lorsqu'elles se lèvent, et que la lumière lunaire est rétablie sur la mer, apparait, installé sur le fauteuil, la momie désséchée, cadavre immobile embaumé dans ses habits de soirée. Le corps est immobile,courbé, inoffensif, comme si quelqu'un l'avait disposé là. Toutefois, le marin ne se gêne pas pour le décapiter d'un coup de sabre. Il s'empresse ensuite de jeter les dégoutants restes à la mer.

Il regagne ensuite la cale pour faire récit de la terrible situation. Mais il n'y a plus personne. Seul un cadavre, desséché, en habits de soirée, qu'on a disposé là au milieu de la pièce, dardant le seul homme encore vivant à bord par sa seule présence.

Un rire suivi d'un cri déchirent la nuit.

Le navire dérivera pendant quelques jours, sans équipage, avant de s'échouer sur la côte.


-On devrait laisser cette épave. On perd notre temps.

-Tu n'es pas plus curieux que ça? Nous pourrions découvrir quelque chose digne d'intérêt. Il doit y avoir un journal de bord.

Un corps desséché est découvert entre quelques planches fracassées. Il porte de vieux et élégants habits.
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